Machine à voter et fichier électoral : les questions qui divisent

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Entre la Céni et les candidats présidents de la République, la rupture est consommée. Mercredi, au cours d’un second round du cadre de concertation, les deux parties ne se sont pas mises d’accord sur un certain nombre de points, notamment l’usage de la machine à voter et le fichier électoral. Ces deux questions les ont divisées au point que la réunion s’est terminée en queue de poisson.

Par Rich Ngapi

Du coup, trois camps se sont dessinés : d’un côté, la Céni qui reste campé sur sa position traditionnelle, consistant à organiser les élections « avec la machine à voter ou rien » ; de l’autre, un groupe de candidats (surtout de l’opposition) qui rejette l’usage de la machine et, entre les deux, le camp des centristes, ceux qui sont prêts à aller aux élections avec ou sans la machine à voter.

Alors que la Céni voulait que les candidats puissent venir avec leurs experts pour vérifier les aspects techniques de la machine à voter, les discussions ont plutôt tourné autour de la légalité de l’utilisation de la machine à voter, selon l’exigence des candidats de l’opposition.

Selon Théodore Ngoy, qui a parlé au nom de ceux qui rejettent la machine à voter, un écart de langage a poussé notamment Martin Fayulu, Seth Kikuni à quitter la salle des discussions. D’après lui, Corneille Nangaa aurait déclaré ce qui suit : « ceux qui ne veulent pas de la discussion technique sur la machine à voter peuvent quitter la salle ». Une phrase de trop, selon le pasteur de l’Église de la Gombe, qui a fait que presque tous les candidats ont vidé la salle, à l’exception de Gabriel Mokia et Yves Mpunga.

Bien avant lui, le candidat centriste, Pierre-Honoré Kazadi Ngube-Ngube, s’est dit prêt à aller aux urnes quelle que soit la modalité. « Nous, centristes, irons aux élections avec ou sans la machine à voter ; nous ne voulons plus de report. On a déjà reporté deux fois et ça suffit », a-t-il déclaré.

« Tout le monde insiste et nous devons aller aux élections au mois de décembre, mais il faudra baliser le chemin pour y aller (…) je n’ai jamais soutenu une transition quelconque (…) nous devons aller aux élections conformément au calendrier électoral que nous avions tous adopté », a indiqué le candidat Jean Mabaya.

Il convient de signaler que le candidat de Front commun pour le Congo (FCC), Emmanuel Ramazani Shadary avait quitté la salle quelques minutes seulement avant le début des travaux.

Basengezi, sapeur-pompier

Norbert Basengezi, vice-président de la Céni, a tenté de calmer le jeu après les déclarations de l’opposition à la fin de la réunion technique avec tous les candidats à la présidentielle. « La collaboration est bonne. Nous avons demandé à tout le monde de se faire accompagner d’experts », a t-il déclaré à la presse.

Au sujet de la phrase assassine qu’aurait lancée Corneille Nangaa aux candidats, Norbert Basengezi a nié ces propos avant d’ajouter que la réunion ne s’est pas terminée en queue de poisson.

« Cela n’engage que celui qui a dit ça. Vous m’avez vu sortir avec les mêmes candidats. Vous m’avez vu sortir en concertation avec le même Théodore Ngoy, avec Martin Fayulu et Kamerhe. Je n’ai pas vu cette queue de poisson. Si c’est dans la tête de certains, cela ne nous engage pas. Et nous respectons les 21 candidats », a t-il ajouté.

Il ne s’est pas attardé sur la machine à voter, mais au sujet du fichier électoral, Norbert Basengezi a redit que la loi autorise l’enrôlement des personnes avec des empreintes illisibles et d’autres personnes en situation de handicap. « C’est aux candidats d’envoyer les témoins pour nous montrer les personnes à radier », a-t-il laissé entendre.

Sans donner la date de la prochaine rencontre avec les candidats, il s’est montré, toutefois optimiste pour la suite.

« Le cadre de concertation est légal. C’est ce que fait le président Nangaa. C’est une pression sur la Céni, sur toutes les Céni du monde (…). Plus les jours passent plus les gens diront que nous sommes prêts ou pas prêts. Personne n’a dit qu’il ne veut pas venir le 23 décembre. D’ailleurs, vous avez vu les gens confirmer leur photo dans la machine à voter », a t-il conclu.

C’était la deuxième fois que les candidats à la présidentielle et le bureau de la Céni se réunissaient pour évoquer l’évolution du processus électoral, en général et les points de blocage, en particulier.