Présidentielle 2018 en RDC: Nangaa et candidats président, le clash !

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« Ceux qui ne veulent pas de la discussion technique sur la machine à voter peuvent quitter la salle ». C’est cette phrase du président de la Céni qui a jeté de l’huile au feu, poussant certains candidats à la présidentielle, dont Vital Kamerhe, Dominique Ngoy, Martin Fayulu, Kin-Kiey Mulumba ainsi que les représentants de Félix Tshisekedi et Freddy Matungulu à quitter la salle de réunion. Arrogance, mépris ou stratégie du tandem Nangaa/FCC visant à provoquer le déraillement du processus électoral ? Sans surprise, ce clash plante le décor de la journée du 23 décembre 2018.

Par Le Potentiel

Entre la Céni et les candidats président de la République, les violons sont loin de s’accorder. Après la première réunion qui a révélé de graves divergences entre les deux camps, la deuxième, convoquée, hier mercredi, au siège de la Céni n’est pas non plus parvenue à dissiper les malentendus. Bien au contraire, la posture affichée par la Céni les a plutôt ravivés. Censée se consacrer sur les aspects techniques des élections du 23 décembre 2018, la réunion a tourné au vinaigre, les deux parties restant campées sur leurs positions respectives. La confusion a été quasiment totale. Parler d’un pugilat entre la Céni et ses invités, visiblement réfractaires à la machine à voter, ne serait pas exagéré au regard de la tension qui a régné au cours de l’échange.

Tout serait parti de la dernière sortie médiatique de Corneille Nangaa à partir de Matadi, chef-lieu du Kongo central, d’où il avait fait savoir que la machine à voter fonctionnait comme un « ordinateur ». Du coup, les suspicions sur cette technologie importée de la Corée du Sud sont montées d’un cran.

Mercredi, l’occasion était offerte aux candidats président et à leurs délégués de soulever la question de la légalité de la machine à voter, avant d’aborder les questions techniques suivant l’ordre du jour fixé par la Céni. Il s’en est suivi un dialogue des sourds, avant le président de la Céni, excédé, ne lance la phrase assassine qui a fait crouler tout l’édifice.

Selon des propos relayés par Dominique Ngoy, candidat à la présidentielle, le président de la Céni s’est farouchement opposé à inscrire la question de la légalité de la machine à voter au débat avant de demander à tous ceux qui étaient favorables à cette option de quitter la salle. C’en était trop ! Des candidats présidents tels que Vital Kamerhe, Martin Fayulu, Kin-Kiey Mulumba ainsi que les délégués de Félix Tshisekedi et de Freddy Matungulu n’ont pas pu supporter cette arrogance du président de la Céni. Ils ont donc quitté la salle, fous de rage.

La Céni va droit au mur

A tout prendre, la Céni a fait son choix. Pour les élections du 23 décembre 2018, ce sera avec la machine à voter. Ce qui obstrue évidement toute voie de compromis comme l’ont souhaité les Nations-Unies et d’autres partenaires extérieurs de la RDC. Peut-on dès lors s’attendre à des élections apaisées en décembre prochain ? A première vue, cette hypothèse s’éloigne à perte de vue, la Céni ayant choisi de fermer hermétiquement la porte à toute discussion autour de ce gadget électronique sud-coréen.

Nangaa, un homme lié

Que dire de l’attitude du président de la Céni qui n’a visiblement pas ménagé les candidats président qui, pourtant souhaitaient engager un débat de fond sur la légalité du système électoral que la Céni veut imposer aux élections du 23 décembre 2018 ? En réalité, Corneille Nangaa est dans la position d’un homme lié. Trop inféodé à la majorité au pouvoir, le président de la Céni est presque dos au mur. Il ne peut pas se détourner de la voie que lui ont tracée ses maîtres. Il exécute leurs ordres – peu importe le dégât que ça peut créer dans la sérénité du processus électoral. Drame.

On est donc parti pour des élections chaotiques en décembre prochain. Le 23 décembre 2018, les élections se dérouleront donc avec la machine. C’est le choix régalien de la Céni. Qu’importe si par après la maison RDC doit prendre feu.

Mais, comme l’ont rappelé les candidats de l’opposition au terme de la première réunion avec la Céni, si jamais la RDC devrait sombrer dans le chaos, le responsable est d’ores et déjà connu : Corneille Nangaa, face visible de l’iceberg qu’est le FCC. Une responsabilité historique que le président de la Céni devra assumer jusqu’au bout.

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