Israël annonce l’expulsion de force des immigrants congolais d’ici au 5 janvier 2019

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L’odyssée d’immigrés congolais se poursuit. Après leur expulsion barbare dans des conditions infrahumaines de l’Angola, début octobre 2018, les voici promis au refoulement d’Israël par les autorités de ce pays. Sans que le gouvernement congolais, au nom de la souveraineté, ne toussote. Le principe de réciprocité n’’étant activé  qu’en rêve.

Par DIOSO

Les responsables israéliens de l’Immigration comptent lâcher les ressortissants congolais (RDC) pour les sacrifier sur l’autel de l’expulsion. Cela en retirant, d’ici au 5 janvier 2019, la protection de groupe qu’Israël  leur offrait depuis le début des années 2000. C’est ce que rapporte RFI, qui cite l’Autorité israélienne de l’Immigration.

Ces refoulés congolais seront obligés de rentrer au bercail. Le nombre de nombre de personnes concernées par cette décision n’a pas été avancé, indique la source. Toutefois, les autorités israéliennes leur accordent, désormais, trois mois pour partir volontairement, renseigne la même  source.

C’est à partir du 5 janvier prochain que ces Congolais pourront être expulsés de force. Pour le gouvernement israélien, « il n’y a plus d’obstacle à l’expatriation des citoyens de République démocratique du Congo vers leur pays d’origine », signale RFI. Du côté congolais, aucune réaction n’est enregistrée officiellement.

Expulsions avec violences

À noter que cette annonce inquiétante du refoulement des Congolais intervient dans un contexte marqué également par l’expulsion massive des Congolais vivant en Angola, en situation irrégulière, s’adonnant à l’exploitation artisanale illégale de diamants.

Depuis début octobre 2018, précisément du 1er au 6, 52  600 Congolais en provenance de l’Angola, ont franchi le seul poste frontalier de Kalambambuji dans le territoire de Luiza au Kasaï Central, a fait savoir  la Direction générale de migration (DGM)/Luiza. Laquelle précise que des hommes, femmes, garçons et filles sont arrivés les uns à bord des camions Kamaz de l’armée angolaise et les autres à pied. Ils y vivent dans des conditions difficiles.

Les postes frontaliers de Kasongo-Lunda et Kahemba dans la province du Kwango ont aussi accueilli plusieurs refoulés d’Angola.

Et plusieurs témoignages font état de violences subies sur le sol angolais par les expulsés et d’un cas d’accident parmi les véhicules qui transportaient ces derniers. Une quarantaine de morts aurait été enregistrée, selon le chef de bureau de la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) à Kamako, Matthieu Mboma. Chiffre difficile à vérifier parce que celui-ci ne peut traverser la frontière, s’est-il confié à un média de la place. Où, par ailleurs, l’on dit craindre que des maladies d’origine hydrique se déclarent dans les prochains jours, parce qu’il y a un problème d’approvisionnement en eau potable. Les gens passant la nuit à la belle étoile.

Motus et bouche cousus

Le mutisme des autorités congolaises est incompréhensible dans la mesure où les expulsés se retrouvent ainsi virés sous prétexte qu’ils n’étaient pas en règle. Mais pourquoi ne pas demander à leurs homologues angolaises de les inviter à régulariser leurs situations.

Au lieu de crier sur tous les toits à la souveraineté nationale, comme pour amuser la galerie, le gouvernement congolais devait réagir soit diplomatiquement en exigeant des explications devant ces expulsions barbares entraînant mort d’hommes, soit en usant du principe de réciprocité.

En effet, il faut arrêter avec les jérémiades chaque fois que des immigrants congolais sont expulsés. Pour ne citer que les cas de Congo/Brazzaville. En 2014,   ce pays, lors d’une opération dénommée ‘‘Mbata ya bakolo’’ (La gifle des aînés, [sic !]) a décidée de renvoyer les Congolais d’en face chez eux, accusés d’être à la base de la recrudescence de la délinquance.

En 1989, le Congo/Brazzaville prend la décision d’expulser les Zaïrois, dirigés à l’époque par le président Mobutu. Les différents gouvernements, au moment des faits, ne pipent mot.

Pour rappel également, seul le gouvernement Tchombé est à féliciter pour sa fermeté pour avoir, en juillet 1964,  signé un décret pour expulser « tous les Congolais de Brazzaville », les Maliens, les Burundais et tous les réfugiés politiques rwandais présents en république démocratique du Congo territoire depuis 1959 à cause des événements liés aux indépendances de leurs pays respectifs.