La leçon camerounaise

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Les Camerounais ont voté et attendent le verdict que devra rendre la Cour constitutionnelle dans les tout prochains jours. Mais les esprits avisés ne peuvent se leurrer outre mesure : Paul Biya se frotte les mains et reste très rassuré de briguer son septième mandat. Malgré les contestations de l’opposition qui crie déjà à la tricherie.

Par Le Potentiel

Ceci expliquant cela, le cas camerounais devrait servir de leçon à la République démocratique du Congo qui s’apprête, elle aussi, à aller aux urnes les 23 décembre 2018. Concrètement, les opposants congolais doivent se saisir de ce mauvais exemple pour placer déjà les garde-fous surtout sur le plan de fraude qui se concocterait à la Céni pour faire passer le candidat de la Majorité au pouvoir. Que l’opposition ne se perde pas en conjectures ni dans l’illusion. Sa seule voie de salut, c’est l’unité de tous ses prétendants autour d’une candidature commune.

Il ne faut pas être dupe. L’architecture électorale actuelle, avec la notion du seuil de 1% de l’électorat national, personne ne peut prétendre gagner les élections seul, fut-il populaire. Cet avertissement concerne en premier lieu Félix Tshisekedi, candidat de l’UDPS, qui ne doit surtout pas céder au charme populiste des militants. Il devra surtout éviter de commettre les mêmes erreurs que celles commises en 2011 par son défunt père, en refusant de coaliser avec les autres opposants, notamment Kengo et Kamerhe. La suite, on la connait.

C’est donc clair. Vouloir faire cavalier seul, c’est prêter le flanc à l’adversaire qu’est le tout-puissant candidat de la majorité au pouvoir. Comme au Cameroun, si l’opposition ne se concentre pas sur les stratégies de la victoire et les moyens d’y parvenir, elle a beau crier à la fraude, le pouvoir répondra comme toujours : « le chien aboie, la caravane passe ».

L’exemple camerounais est plus qu’éloquent et offre beaucoup de similitudes avec ce qui se passera sous peu au Congo-Kinshasa. À la seule différence qu’ici, Joseph Kabila ne s’est pas représenté. Tandis qu’au Cameroun, le chemin qui mène au 7ème mandat de Biya est tout déblayé. En attendant la bénédiction de la Cour constitutionnelle.