Grève TV5Monde: le personnel dénonce « un plan social déguisé »

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Selon les grevistes, ce mouvement touche les antennes, les réseaux sociaux et le site internet de TV5Monde.

Par Stanislas Ntambwe

Dans un communiqué publié, lundi 22 octobre à Paris (France), le Syndicat national des journalistes (SNJ) et Force ouvrière (FO) annoncent un mouvement de grève de la rédaction de TV5MONDE, grève qui s’observe depuis dimanche 21 octobre 2018 à 00h01 heure de Paris, jusqu’à ce lundi 22 octobre 23h59 heure de Paris.

C’est un fait rare dans cette entreprise de presse. 12 journaux d’information sur 13 (JTs de 2h, 4h, 6h, 8h25, 11h, 14h, JT Afrique de 22h30 du dimanche 21 octobre et JTs de 2h, 4h, 6h, 8h25, 11h du lundi 22
octobre) et une émission magazine (« Maghreb Orient Express ») sur deux n’ont pas eu lieu, selon un décompte réalisé ce lundi 22 octobre à midi heure de Paris.

« Les syndicats SNJ et FO remercient les personnels grévistes qui se sont mobilisés et appellent les autres à rejoindre le mouvement pour la seconde journée de grève, ce lundi 22 octobre, jusqu’à 23h59 », lit-on dans le communiqué.

On note qu’en dépit des perturbations dues à la mobilisation, « la direction continue de refuser toute négociation avec le SNJ et FO, signataires du préavis », précise les grévistes.

Pour rappel, les salariés grévistes, permanents et précaires, dénoncent un « plan social déguisé » derrière la réorganisation annoncée de leur rédaction : l’objectif affiché est de « faire plus » avec moins, tout en répondant à l’impératif pour la chaîne de réussir sa révolution numérique, au cœur du plan stratégique de l’entreprise. Une révolution numérique nécessaire pour TV5MONDE mais, « mise en œuvre sans vision ni ambition », estiment les grévistes. « Cette réorganisation de la rédaction se fait sur le dos des journalistes permanents de TV5MONDE, qui touchent déjà les salaires parmi les plus bas du PAF. Elle met surtout en danger les précaires de la rédaction : plusieurs dizaines de journalistes, rémunérés à la pige risquent d’être éjectés, certains travaillent pourtant à temps plein et depuis des années dans l’entreprise ! », dénonce le Syndicat national des journalistes.

Par ailleurs, le SNJ fait remarquer que, les correspondants dans le monde et en particulier en Afrique, sont absolument indispensables à TV5MONDE, chaîne internationale. Ces correspondants, qui envoient images et sujets depuis des terrains difficiles ou dangereux, pour des montants en deçà de la plupart des grilles tarifaires en vigueur dans l’audiovisuel public, sont poliment appelés à créer des « sociétés de production » sous peine d’être remerciés. En perdant leur statut de salarié, ces journalistes perdront leur protection sociale, la carte de presse, mais également leur protection vis-à-vis des gouvernements des pays dans lesquels ils exercent.

Les journalistes et les personnels de la rédaction, statutaires et précaires, refusent d’être des variables d’ajustement budgétaire et exigent l’ouverture immédiate de négociations avec la direction.