Aveu d’impuissance

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Qu’est-ce qui se passe dans la tête de Corneille Nangaa, président de la Céni ? Je vous assure qu’il n’est pas bon d’être à sa place. Surtout par ce temps.

Placé à la tête de la Céni après la mort de celui qui l’a introduit dans les couloirs de la Céni, feu Apollinaire Malumalu, Corneille Nangaa a pris énormément des galons. C’est sur lui que repose tout le processus électoral.

S’il n’a pas été en mesure de conduire le peuple congolais au troisième cycle électoral de la 3ème République, le président de la Céni s’est néanmoins rattrapé en produisant le 5 novembre 2017 un calendrier électoral qui programmait l’élection présidentielle ainsi que les législatives nationales et provinciales le 23 décembre 2018. On le voyait déjà capable de relever le défi. Jusqu’à ce qu’il annonce le recours aux scrutins de décembre prochain à une machine à voter importée de la Corée du Sud – du reste non prévue dans son calendrier électoral.

Sans compter un fichier électoral qui, à la suite d’un audit des experts de la Francophonie, a révélé l’existence de plus de 10 millions d’électeurs sans empreintes, donc fictifs. C’est le début d’un long calvaire qui n’est pas loin de s’arrêter pour le président de la Céni.

À deux mois des élections du 23 décembre 2018, le président de la Céni lance à petite dose des signes avant coureurs d’un probable report. Les raisons sont bien simples. Il n’est pas sûr que la Céni soit en possession de toutes les machines à voter en décembre prochain. Et si toutes les machines à voter parvenaient avant cette échéance en RDC, au départ de la Corée du Sud, il n’est pas aussi certain que la Céni soit en mesure de les repartir sur l’ensemble du pays.

De plus en plus, la Céni étale ses difficultés. Elles ne sont certes pas insurmontables, mais elles imposent un défi logistique colossal et un consensus entre les acteurs au processus.
Dans tous les cas, la Céni est main nue. Ses insuffisances ont éclaté au grand jour. Un aveu d’impuissance qui rend de plus en plus les élections de décembre prochain incertaines.