Machine à compter

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Le commandant- ville de Kinshasa, le général Kasongo, était très visible, le samedi 27 octobre, au meeting de présentation du candidat président de la République du FCC (Front commun pour le Congo), Ramazani Shadary, aux Kinois et par ricochet à tous les Congolais. On a vu le général Kasongo sécuriser presque à corps à corps les personnalités du FCC.

Cette proximité du Commandant de la ville de Kinshasa aux politiques de la famille du président de la République cache mal une complexité. Celle de ménager les partis politiques qui ont fait allégeance au régime et de réprimer, quand il le faut, les manifestations de l’opposition.

Au début de l’année, les manifestations des laïcs catholiques ont fait des dizaines de mort, dont Rossy Mukendi. C’était avec cette même police qui a jeté des gaz lacrymogènes mêmes dans les maternités. C’était cette police, sous l’encadrement du général Kasongo.

Depuis toujours donc, cette police passe maître dans l’art de minimiser l’impact des manifestations de l’opposition. En même temps, elle fait tout pour amplifier les manifestations de la majorité. Quelle honte pour une police qui se veut apolitique ! Aucune police professionnelle au monde ne le ferait.

Le cas le plus patent est le compte rendu de la police sur les manifestations du week-end. L’opposition a battu pavé le vendredi pour protester contre la machine à voter. Et, des milliers de militants ont répondu à l’appel des forces politiques et sociales acquises au changement. Au bas mot, il y avait 20 000 personnes. La police congolaise, elle, a compté seulement plus précisément 4 000 ni plus ni moins.

Le samedi 27 octobre, le FCC a présenté son candidat au stade Tata Raphaël. Le communiqué du général Kasongo parle de 180 000 personnes qui auraient pris part à cette manifestation. Alors que ce stade n’a que 45 000 places assises. Certes, avec les gens sur l’aire de jeu et à l’extérieur, le nombre total des manifestants pouvait atteindre au maximum les 80 000 personnes. De là à parler de 180 000, c’est quand même se moquer des Congolais.

Au moment où le pays s’achemine vers les élections de décembre, il lui faut une police véritablement professionnelle, qui applique à la lettre les lois du pays, sans favoriser un camp au détriment de l’autre.