… Et après ?

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La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a réceptionné, lundi, du gouvernement, un important lot de matériels en appui à la logistique électorale. Geste de « souveraineté » pour le gouvernement congolais qui a coupé, depuis un certain temps, son bras tendu vers ces partenaires traditionnels, notamment l’Occident.

Par Le Potentiel

L’euphorie de la réception passée, les regards se tournent maintenant vers la suite du parcours. Le matériel est là, bien sûr, mais… Mais le chemin est encore long. Bien long, celui qui mène au bout du tunnel de ce tumultueux processus électoral qui souffle à la fois le chaud et le froid.

Après cette exhibition à grande pompe, le grand défi reste le déploiement de ce matériel sur l’ensemble du territoire national, de sorte à couvrir les quatre-vingt-dix mille bureaux de vote. C’est dire que la Céni et le gouvernement devraient se passer de tout triomphalisme pour voir comment affronter le plus dur qui reste à faire.

Si l’on doit saluer à bon droit l’arrivée de cet imposant matériel logistique, l’on ne devrait jamais perdre de vue qu’il manque encore, de manière criante, certain fondamentaux, notamment le consensus autour de l’usage de la machine à voter et du fichier électoral que d’aucuns qualifient de « corrompu ».

Par-delà tout, c’est la question de la confiance elle-même qui se pose avec acuité. Plus on avance, plus la Céni perd la confiance des électeurs qui redoutent une certaine fraude programmée à travers la machine à voter pour faire passer le candidat de la majorité au pouvoir.

Au bout du compte, l’on peut se demander sur le sens réel à donner à la grande cérémonie et l’exposition de ces centaines de véhicules militaires, lundi, sur le boulevard du 30 Juin à Kinshasa. Une démonstration de force, certes, mais qui, à elle seule, ne convainc pas. Il faudra faire plus, en allant dans le sens de dégager un consensus avec les acteurs politiques pour un atterrissage en douceur du processus électoral. Sinon, les camions et avions acquis avec pompe n’auraient servi qu’à envenimer la situation préélectorale déjà tendue. Et après ?

 

One thought on “… Et après ?

  1. La CENI, une vendeuse de vent.
    Nous avons assisté au déploiement avec pompe du matériel logistique supposé faciliter les communications et le transport du matériel électoral à travers le pays. Connaissant l’étendue de notre pays et l’état lamentable des routes en milieu urbain et surtout la situation déplorable du réseau routier dans les zones rurales, à la limite pas de route du tout, les élections étant organisées la seule journée du 23 décembre, c’est toute une aventure que de demander à nos concitoyens ruraux de parcourir des kilomètres à pied pour choisir leur candidat sans interférence, la machine à voter étant un sérieux point d’achoppement. Le candidat à la présidence Shekomba nous dit clairement que ce qui se cache dans le logiciel de la machine à voter est inconnu de nous tous, sauf de monsieur Nangaa et autres comparses. Même si nous avons des véhicules, des avions et des hélicoptères militaires, il faudra encore en cas de panne de ces machines dépêcher les techniciens pour démêler la situation à différents endroits, car les pannes et les blocages font partie du monde informatique. Or, nous connaissons très bien l’état de nos pistes et leurs limites et nos défaillances en matière d’organisation. Comme preuve, nous n’arrivons pas à reconnaître le terrain de guerre à l’Est du pays où des groupes armés sèment la mort et la désolation tous les jours. Nous sommes incapables d’acheminer le matériel militaire et la nourriture à nos pauvres soldats dans les zones de guerre – Est et Kasaï- , soldats qui s’en remettent à la nature et rançonnent leurs concitoyens déjà éplorés. Tout à coup, ça va être la baguette magique qui va remettre en état toutes les routes impraticables et permettre des élections crédibles dans un climat apaisé du jour au lendemain. Nous utilisons la technologie informatique en Occident et , des fois, nous avons des problèmes à trouver des solutions dans l’immédiat. Imaginez donc un instant nos concitoyens ruraux, pas du tout familiers avec ses écrans, qui vont être carrément accompagnés par une personne et se faire dire quoi faire pour identifier sans discrétion le candidat ou la candidate de leur choix.
    La CENI est malhonnête dans toute cette démarche, surtout que son président avait même déclaré lors de son voyage en Corée du Sud qu’il y avait très peu de personnes opposées à la machine à voter au Congo! Ceci dit, il est très important que les partis de l’Opposition sensibilisent les populations congolaises en les informant des derniers résultats de notre compatriote Shekomba, expert dans ce domaine, sur la nature floue du contenu de cette machine. Tous et toutes, ouvrons l’oeil et le bon!
    À bon entendeur, salut!.

    le patriote Vini Mbilo
    Canada

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