Processus électoral en RDC: l’ingérence russe se manifeste

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Du matériel militaire aux élections du 23 décembre 2018. C’est le choix que la RDC a fait en se détournant de l’Occident qu’elle considère trop regardant sur ses affaires intérieures, notamment la conduite du processus électoral. Dotation des Forces armées de la RDC, ce matériel servira au déploiement de la quincaillerie électorale prévue pour les élections de décembre prochain. Face aux Russes, la RDC a donc mis de côté son arme souverainiste. Très engagée en République centrafricaine, la Russie vient d’élargir son champ d’action en Afrique centrale en incluant désormais la RDC. Il faut cependant craindre le revers de la médaille. Que la RDC serve de théâtre à une guerre froide qui ne dit pas son nom.

Par Le Potentiel

Décidément, la souveraineté dont se targue le régime en place à Kinshasa est plutôt sélective. La réalité est toute autre. En effet, Kinshasa réajuste son discours souverainiste en fonction du partenaire en présence. Ainsi, face à l’Occident qu’il trouve trop encombrant, Kinshasa préfère plutôt se tourner vers des pays plus conciliants. Aussi n’a-t-il pas hésité à conclure promptement des accords de coopération militaire avec la Russie.

A ce jour, les Forces armées de la RDC (FARDC) sont équipées en grande partie des matériels militaires russes. C’est avec ce même matériel, présenté en grande pompe lundi dernier à Kinshasa, que la Céni va déployer toute la quincaillerie électorale prévue pour les élections du 23 décembre 2018. Tout un message. Les Russes sont bien présents en RDC. Et ils le prouvent. Qu’est-ce à dire ?

A première vue, la Russie, jugée plus douce qu’un Occident moins accommodant, a captivé l’intérêt du pouvoir en place à Kinshasa. L’on se rappelle qu’au nom d’une souveraineté, dont il est le seul à maitriser le contenu, Kinshasa a rejeté toute assistance logistique de l’Occident aux élections de décembre prochain. Les Nations-Unies, qui étaient prêtes à offrir leurs services à la Céni, via la Monusco, ont été déboutées de la belle manière. Sans compter tous les avis de non recevoir de Kinshasa aux sollicitations de nombreux pays occidentaux tels que la France, la Belgique, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

 

Une souveraineté sélective

On pensait évidemment que Kinshasa pouvait aller jusqu’au bout de sa logique en gardant la fermeté face à tous les partenaires extérieurs. Curieusement, c’est tout le contraire. En tout cas, tous ne sont pas logés à la même enseigne. Car, des pays tels que la Russie ont plutôt trouvé gain de cause vis-à-vis du pouvoir en place à Kinshasa.

Lundi dernier, un impressionnant déploiement de matériel militaire a été organisé sur le boulevard du 30 juin, juste devant le siège de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Il n’était pas question d’un exercice militaire de routine. Loin de là. Il s’agissait plutôt d’une cérémonie officielle de remise à la Céni du matériel militaire de soutien logistique aux élections de décembre prochain.

A l’occasion, la RDC n’a pas fait recours aux équipements occidentaux. C’est du matériel estampillé russe. Le fait n’est pas passé inaperçu.

Qu’est-ce qui se trame donc entre Kinshasa et Moscou ? Des observateurs avertis de la scène politique congolaise n’ont pas éludé cette question. Dans différents cercles  politiques et stratégiques, chacun y est allé à sa manière pour décrypter le nouveau pacte que Kinshasa aurait conclu avec Moscou.

A première vue, le choix de la Russie n’est pas anodin. Il tient d’un calcul qui prend en compte la donne géostratégique dans la nouvelle politique extérieure de la Russie. Il ne faut oublier que la Russie est très engagée en République centrafricaine, par le biais d’un accord de coopération militaire.  A Bangui, ancienne colonie française, on ne s’en cache pas. Présent au dernier sommet de la Francophonie qui s’est tenu à Erevan, en Arménie, le président centrafricain a plutôt jeté des fleurs à l’assistance russe qui, selon lui, aura permis à son pays de sauver et défendre sa souveraineté. C’est tout dire.

Est-ce que la tentation était trop forte pour Kinshasa ? L’hypothèse n’est pas exclue. Le plus évident est que, derrière le déploiement du matériel militaire russe au profit de la Céni, c’est la Russie qui vient d’envoyer un message clair à l’Occident. On est bien en face d’une guerre froide qui ne dit pas son nom. Est-ce que Kinshasa se prépare en conséquence pour contenir le retour des flammes ? Difficile à dire.

Quoi qu’on dise, l’ingérence russe aux élections de décembre prochain n’est pas passée en inaperçue. La Russie s’installe en RDC, aux côtés du régime en place à Kinshasa. En se décidant d’appuyer avec son matériel militaire les élections du 23 décembre 2018, Moscou a en même temps envoyé un message clair à l’Occident. La Russie veut étendre son influence en Afrique centrale en élargissant son champ jusqu’à la RDC. Face à un Occident trop critique, Kinshasa a donc décidé de s’allier à Moscou. Evidemment, la suite n’est qu’un problème de temps.

One thought on “Processus électoral en RDC: l’ingérence russe se manifeste

  1. En vertu de ces observations, je pense que tous ceux qui aiment le peuple congolais et qui croient en l’Afrique en voie de développement devraient tous liguer leurs efforts ensemble pour chasser Kabila du type Gambie avant que le pire ne soit pas difficile à contenir. Kabila jure finalement à maintenir le Pays dans une incertitude totale avant et après les élections. Pour moi, il fallait arrêter la machine si-tôt. L’avenir est incertain pour notre Pays et il y aura aucun changement avec Kabila tant qu’il sera à la tête de ce grand pays ou s’il parvient à s’imposer sur le choix d’un futur président. Il restera aux commandes dans l’ombre.

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