Machine à voter : la supercherie mise à nu

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Professionnel dans le domaine de l’informatique et de la communication, le candidat président de la République Alain-Daniel Shekomba a mis dos au mur la Céni. Il n’a pas eu de réponse satisfaisante à sa préoccupation de connaitre la programmation de l’application de vote afin de savoir s’il y a des scripts malicieux devant être utilisés pour la tricherie. Le refus de la Céni à cette exigence renforce davantage les soupçons qui feraient véritablement de cet outil, une machine à gagner pour un camp précis.

LP

Loin d’éclairer, la réunion technique d’hier jeudi 1er novembre entre la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et le candidat président de la République, Alain Daniel Shekomba sur la machine à voter, renforce davantage les soupçons de fraude sur l’utilisation de cet outil présenté par la Céni comme incontournable pour organiser les élections le 23 décembre prochain.

Au début favorable à l’utilisation de la machine à voter, Alain-Daniel Shekomba, détenteur d’une maitrise en physique des matériaux et expert-manager en informatique et télécommunications, s’est vite ressaisi. Il a mis en doute l’intégrité du vote avec la machine à voter. Son questionnement a porté non seulement sur l’intégrité de l’élection mais aussi la transparence du système.

A son rendez-vous avec les experts de la Céni Shekomba a pris la mesure de la supercherie mise en place pour flouer le peuple congolais le 23 décembre 2018. Quid ? Le capot logiciel de la machine à voter n’a pas été ouvert. Raison invoquée : la sécurité. De quelle sécurité s’agit-il ? Pas de réponse, si ce n’est le renforcement du flou autour de cet outil informatique auquel la Céni et la majorité au pouvoir tiennent comme à leurs prunelles.

La grande interrogation reste celle de savoir comment la Céni pourrait prétendre garantir la transparence des scrutins si dans sa machine à voter il existe un compartiment apparenté au « lieu très saint » réservé aux seuls souverains sacrificateurs ? Donc, personne ne saura la programmation de l’application de vote pour se rendre compte s’il y a oui ou non des scripts malicieux qui peuvent être utilisés pour la tricherie. La position de la Céni dit tout…

Néanmoins, le mérite du candidat Shekomba aura été celui de mettre à nu par des arguments techniques, la supercherie planifiée au niveau de la Centrale électorale dans l’organisation des élections. Des raisons objectives pour exiger le refus de la machine à voter et le nettoyage du fichier électoral comportant près de 16,6% d’électeurs sans empreintes digitales. Une marge volante qui peut à tout moment grossir le nombre d’électeurs nécessaires pour un camp connu ! « Je garde ma position. Nous avons compris le processus du vote à la compilation. Et donc, on n’a pas besoin de la machine à voter pour imprimer notre choix. On peut le faire manuellement. Dans la machine, il y a deux sortes de capots. Le capot physique qu’on appelle le hardware qui a été ouvert. Et les gens ont vu. C’est un moniteur. Mais il y a aussi le capot logiciel qui n’a pas été ouvert. Nous n’avons pas eu le code source de l’application, nous n’avons pas eu la topologie ou l’architecture du réseau. Et nous n’avons pas eu la base des données des électeurs sans empreintes, ni les fonctionnalités qui sont dans le cahier des charges avec les fonctionnalités de la machine à voter… », a déploré ce présidentiable, au sortir de cette rencontre qui a pourtant duré près de sept heures.

Et face l’argument simpliste de Corneille Nangaa, à savoir les raisons de sécurité, pour ouvrir le capot logiciel, Alain Daniel Shekomba a tranché en tant qu’expert : « n’ayant pas obtenu toutes les données demandées, je ne pouvais pas conclure sur l’utilisation de la machine à voter ». Courageusement, le candidat invite la centrale électorale à revenir sans tergiverser au vote manuel. Il s’est exprimé en ces termes : « la Céni a miniaturisé les bulletins de vote pour les trois scrutins : présidentielle, députation nationale et députation provinciale. Or, la Céni les a déjà classifiés selon les circonscriptions. Et comme chaque électeur connait le numéro de son candidat, pourquoi ne pas utiliser ce numéro et l’écrire manuellement ? Comme ça nous avons et le vote et le dépouillement manuels. On n’a pas besoin d’utiliser la machine à voter », a-t-il indiqué.

Le candidat Shekomba a constaté que les photos des candidats dans la machine à voter sont pratiquement illisibles. Il s’agit là d’un autre facteur pour compliquer les électeurs ruraux peu familiers avec les nouvelles technologies et les écrans tactiles. « C’est un problème grave. Pour éviter cela, nous pensons qu’il faut écrire juste le numéro à la main et placer le bulletin dans l’urne », a-t-il suggéré.

Bien plus, ce candidat président de la République estime qu’avec un système qui n’a jamais été utilisé en temps réel, il y aura des problèmes. « Quand on développe une application, il faut d’abord l’utiliser en temps réel pour savoir s’il y a des dysfonctionnements », a-t-il prévenu. Or, dans le cas d’espèce, la Céni entretient une opacité qui met à nu la supercherie programmée pour faire gagner le FCC à tous les niveaux. Comme en 2011, la Céni réédite l’exploit réalisé par la centrale électorale en gardant secret ce logiciel et en l’accès au serveur central avec toutes les conséquences des élections bâclées qui s’en étaient suivies. Il n’est pas tard de revenir à la raison. L’intérêt supérieur de la nation est au dessus de tout.