RDC: les forces vives et politiques se liguent contre la machine à voter 

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La machine à voter et ses défenseurs sont de plus en plus pris en sandwich par une large opinion nationale et internationale. Et pour cause, sa conception, son fonctionnement de même que son imposition dans le processus électoral en cours par une partie prenante, dans la violation totale de la loi, sont une forfaiture qui ne passe pas dans l’opinion des forces vives et politiques. Du coup son utilisation le 23 décembre devient hypothétique.

A l’initiative du mouvement citoyen Les Congolais Debout, sept candidats président de la République, des leaders politiques et ceux d’une dizaine des associations pro-démocratie ont signé, le Vendredi 2 novembre une déclaration commune sur des actions concertées contre la machine à voter et pour des élections crédibles et transparentes le 23 décembre.

« Nous nous sommes convenus de poursuivre de façon concertée, sans faillir et jusqu’à la victoire, le combat pour lequel nos martyrs sont tombés…Nous exigeons de la CENI de retirer la machine à voter non prévue par la loi électorale, de nettoyer le fichier électoral corrompu et de rechercher activement le consensus entre toutes les parties prenantes pour un processus électoral apaisé, crédible et responsable », note la déclaration commune, lue par le porte-parole du mouvement citoyen Les  Congolais Debout, Hervé Diakiese, en présence de Martin Fayulu, de Théodore Ngoy, de Freddy Matungulu, et des  représentants de quatre autres candidats président dont Vital Kamerhe, Jean-Pierre Bemba, José-Marie Ifoku.

Pour ces leaders de la Société Civile et des forces politiques acquises à l’alternance, « Outre son illégalité, la machine à voter ne réunit aucun consensus ». Ils estiment que « son imposition affectera la crédibilité des résultats du scrutin et la légitimité des institutions qui en seront issues. Elle ouvrira la porte à d’innombrables contestations qui, c’est à craindre, pourraient conduire à des violences et à un affaiblissement général de l’État ».

« La Commission Electorale Nationale Indépendante oppose le plus grand mépris aux appels répétés de la Société Civile et de l’Opposition politique pour des élections crédibles et transparentes. Elle veut ignorer l’existence de plus de 7 millions d’électeurs enregistrés sans empreintes digitales ainsi que la disparition inopinée de plusieurs centaines de milliers de cartes d’électeurs« , à dénoncé Hervé Diakiese, promettant que la protestation contre la machine à voter ne va pas s’arrêter.

En définitive, seules des élections libres, démocratiques, transparentes, crédibles et inclusives » peuvent donner « la  légitimité aux dirigeants politiques », soutiennent les signataires.

Ci-après la déclaration commune des forces vives et politiques.
LE POTENTIE

Déclaration commune des forces vives et politiques sur la machine à voter et sur un scrutin crédible et transparent en RDC.

1. Ce 02 novembre 2018, les leaders de la Société Civile ainsi que ceux des for-
ces politiques acquises à l’alternance par des élections crédibles se sont réunis à Kinshasa afin d’évaluer la situation qui prévaut en RD Congo à la veille du lancement de la campagne électorale et dresser ensemble la marche à suivre jusqu’à la tenue des élections libres, démocratiques, transparentes et inclusives en République Démocratique du Congo.

2. Pour la première fois, depuis notre accession à l’indépendance, des élections combinées mettront près de 40.000 candidats face à 40 millions d’électeurs.
3. Malheureusement, depuis la signature de l’accord de la Saint-Sylvestre, le régime n’a eu de cesse de violer ses en-
gagements. Le non-respect des libertés civiles et politiques des citoyens et la répression aveugle ont pris le dessus sur
la volonté de maintenir l’esprit du pacte républicain négocié lors de la Table ronde de 1960, de la Conférence Nationale Souveraine et du Dialogue
Intercongolais de Sun City qui forgent l’unité et la force de la Nation.
4. Après s’être moqué de l’Eglise catholique à qui il avait confié la facilitation du dialogue de la Saint Sylvestre, le régime se moque désormais
des appels de la Société Civile, de l’Opposition Politique et de la majorité des candidats à l’élection présidentielle qui exigent le nettoyage du fichier électoral et le retrait de la machine à voter. Le maintien des prisonniers politiques Eugène Diomi, Jean-Claude
Muyambo, Franck Diongo, Carbone Beni et tant d’autres en détention, l’arrestation des membres des mouvements citoyens Lucha, Filimbi et des Congolais Debout, l’organisation de procès expéditifs assortis de jugements iniques, la poursuite des actions judi-
ciaires motivées politiquement contre certains hommes politiques, la mise à l’écart de certains candidats Présidents
de la République par l’instrumentalisation des contentieux des candidatures d’une part et par la fermeture des frontières de l’Etat à l’en-
contre d’un autre candidat d’autre part, l’interdiction des manifestations pacifiques et l’invalidation de plusieurs candidats montrent que ce régime se moque des Congolais et de leur droit sacré de choisir librement leurs dirigeants.

5. Sous la dictée du pouvoir, la Commission Electorale Nationale Indépendante opposel e plus grand mépris aux appels répétés de la Société Civile et de l’Opposition politique pour des élections crédibles et transparentes. Elle veut ignorer l’existence de plus de 7 millions d’électeurs enregistrés sans empreintes digitales ainsi que la disparition inopinée de plusieurs centaines de milliers de cartes d’électeurs. Par une passation de marché opaque et violant tous les prescrits en la matière, la CENI a acquis des machines à voter à prix d’or pour conduire les Congolais à un vote électronique que la loi électorale ne reconnaît pas. En prenant fait et cause pour le régime dans sa stratégie de se maintenir au pouvoir à tout prix, la CENI de Monsieur Nangaa a perdu son indépendance et sa crédibilité.

6. Outre son illégalité, la machine à voter ne réunit aucun consensus. Son imposition affectera la crédibilité des résultats du scrutin et la légitimité des institutions qui en seront issues. Elle ouvrira la porte à d’innombrables contestations qui, c’est à craindre, pourraient conduire à des violences et à
un affaiblissement général de l’Etat.

De ce qui précède, et au nom des combattants de la liberté tombés pour que le peuple congolais reprenne en
main son destin, notamment Floribert Chebeya, Armand Tungulu, Luc Nkulula, Rossy Tshimanga, Thérèse Kapangala, ainsi que toutes les autres victimes tombées pendant les marches pacifiques
du CLC, et en la mémoire d’Etienne Tshisekedi, illustre figure du combat pour l’émergence d’un Etat de Droit,

Nous, Représentants des Forces Politiques et Sociales réunis ce jour :

I. Appelons les leaders de la Société Civile et des Forces Politiques acquises au Changement à poursuivre de façon concertée, sans faillir et jusqu’à la victoire, le combat pour lequel nos martyrs sont tombés;

II. Saluons et félicitons le peuple congolais qui s’est mobilisé le vendredi 26 octobre 2018 sur toute l’étendue du
territoire national pour refuser catégoriquement la machine à voter, instrument non prévu par la loi électorale que le régime de Kinshasa veut imposer pour confisquer au sou-
verain primaire le pouvoir de choisir ses dirigeants;

III. Réitérons notre adhésion au mémorandum déposé par les leaders politiques auprès de la CENI;

IV. Invitons la population congolaise à signer massivement la pétition initiée par le Comité Laïc de Coordination pour rejeter la machine à voter;

V. Exigeons de la CENI de retirer la machine à voter non prévue par la loi électorale, de nettoyer le fichier électoral
corrompu et de rechercher activement le consensus entre toutes les parties prenantes pour un processus électo-
ral apaisé, crédible et responsable;

VI. Rappelons que seules des élections libres, démocratiques, transparentes, crédibles et inclusives donnent la légitimité aux dirigeants politiques;

VII. Rappelons notre refus de tout report dilatoire des élections du 23 décembre 2018;

VIII. Invitons par conséquent la population à la mobilisation et à la vigilance et lui demandons de se tenir prête à répondre à toutes les actions que nous engagerons pour qu’elle se réapproprie son destin;

IX. Affirmons solennellement à notre peuple que nous ferons échec à tout projet du pouvoir de s’éterniser par une
parodie d’élections, en nous privant ainsi du droit de désigner librement nos dirigeants légitimes, et annonçons la re-
prise incessante des actions de masse pour exiger l’application de nos droits fondamentaux.

Fait à Kinshasa, le 02 novembre 2018