Candidat commun de l’opposition : le dernier round à Genève

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Après les étapes préliminaires de Bruxelles, Johannesburg et Kinshasa, c’est à Genève, en Suisse, que se joue le dernier round des discussions relatives au choix d’un candidat commun de l’Opposition à aligner à la présidentielle du 23 décembre 2018. Du 7 au 10 novembre, la ville suisse accueille les principaux leaders de l’opposition congolaise pour une rencontre qui se veut cruciale. Tous s’accordent pour dire qu’une fumée blanche sortira le 10 novembre prochain à Genève.

Par Le Potentiel

« Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas », rappelle un vieux proverbe chinois. L’opposition congolaise a certainement intériorisé cette pensée en décidant d’emprunter la voie de l’unité en vue de barrer le route au candidat du FCC (Front commun pour le Congo) à la présidentielle du 23 décembre 2018.

Dans les rangs de l’opposition tous les discours convergent vers la nécessité de se liguer autour d’un candidat commun pour maximiser ses chances de succès à la présidentielle de décembre prochain.

Si le principe a été d’ores et déjà levé, le chemin pour y parvenir reste encore parsemé d’embuches et de difficultés de tous genres à surmonter. Depuis la rencontre de Bruxelles entre les principaux leaders de l’opposition congolaise, des réunions se succèdent ça et là pour arrondir les angles.

Tout récemment, les leaders de l’opposition ont promis au terme d’une rencontre à Johannesburg (Afrique du Sud) de présenter enfin le candidat commun de l’opposition au plus tard le 15 novembre prochain. Apparemment, les choses vont beaucoup plus vite qu’on le croyait. Finalement, c’est à Genève, en Suisse, que se joue le dernier round des pourparlers autour d’un candidat commun de l’opposition. Du 7 au 10 novembre 2018, l’opposition congolaise s’est donné rendez-vous dans la ville suisse pour lever tous les équivoques.

Sans doute, à la clôture de cette réunion de Genève, le candidat commun de l’opposition devrait être connu. Pour l’instant, c’est encore le suspense.

Dans les discussions en informel, deux noms sortent du lot. Le duel final devrait certainement de jouer entre Félix Tshisekedi de l’Udps et Vital Kamerhe de l’UNC. Mais, un autre présidentiable de l’opposition se tient en embuscade. Il pourrait tout aussi surprendre dans les derniers instants. Il s’agit de Martin Fayulu de l’Ecidé. A Genève, il n’est pas exclu qu’on ait droit à une triangulaire pour tirer enfin l’oiseau rare, c’est-à-dire celui qui aura la lourde charge de porter les couleurs de l’opposition pour défier en décembre prochain la machine électorale du FCC.

Dans la ville suisse, l’on annonce aussi la présence d’un autre présidentiable, en l’occurrence le professeur Freddy Matungulu de Congo na Biso. Quoi qu’invalidés ou disqualifiés de la présidentielle – c’est selon – Moïse Katumbi d’Ensemble pour le changement, Jean-Pierre Bemba du MLC et Adolphe Muzito devraient également faire le déplacement de la Suisse. A deux semaines du lancement officiel le 21 novembre prochain de la campagne électorale, l’opposition joue véritablement son destin. On s’attend donc à ce qu’une fumée blanche sorte de la réunion de Genève.

Ensemble pour le changement en ordre de bataille

A Kinshasa, l’optimisme se lit dans les visages de tous les grands leaders de l’opposition. Porte-parole d’Ensemble pour le changement, Jean-Bertrand Ewanga positive à fond.

« Du 7 au 10 novembre, nous saurons qui est le candidat commun parce que tout est déjà fait. Le programme commun est établi, l’ossature est là, c’est la synthèse de tous les programmes des candidats présidents. Il faut juste l’étoffer un peu », a-t-il dit au micro Top Congo, radio émettant depuis Kinshasa.

« Le nom du candidat commun sera connu avant le 10 novembre », a indiqué sans détours le porte-parole d’Ensemble pour le changement de Moïse Katumbi. Il a noté par ailleurs qu’à Genève, « les 7 leaders de l’Opposition seront là, y compris aussi les grands du monde », parce que, rappelle-t-il, « la désignation du candidat commun ne préoccupe pas seulement les Congolais mais aussi le monde ».

Même son de cloche du côté de Delly Sessanga, secrétaire général d’Ensemble pour le changement. « Soyez-en sûrs, cette semaine cette question sera réglée, à l’endroit où l’hospitalité nous sera grande pour pouvoir accueillir tous les leaders de l’opposition à qui on n’a pas accordé la possibilité dans notre pays en violation de la Constitution », a-t-il déclaré sur Top Congo, sans toutefois faire allusion à Genève qui serait finalement l’endroit choisi pour cette ultime rencontre.

Qu’est-ce qui aurait justifié le choix de la ville de la Genève. Delly Sessanga n’a pas éludé la question. « Nous sommes dans une démocratie où nous ne pouvons pas nous réunir ici, nous aurions bien voulu le faire dans notre pays et nous maintenons un secret par rapport à cela », a tranché le secrétaire général d’Ensemble.

Ensemble pour le changement n’attendrait plus que l’identité du candidat commun pour se lancer dans l’arène.

Fumée blanche à Genève : c’est fort probable

Les principaux ténors de l’opposition, sans exception, ont confirmé leur présence à Genève. Ils ont tous marqué un accord ferme d’être présents à cette rencontre de la dernière chance. Il est demandé à chaque candidat président de mettre de côté son égo pour sortir cet oiseau rare capable de tenir tête à Emmanuel Shadary, le dauphin de Joseph Kabila.

Des pressions énormes, indiquent des sources diplomatiques, ont été exercées sur les sept ténors de l’opposition pour que la candidature commune de l’opposition devienne enfin une réalité avant le 21 novembre, date de lancement officiel de la campagne électorale. La population n’attend plus que ce candidat commun pour s’aligner derrière lui. Jean Pierre Bemba l’avait déclaré, promettant de rentrer en RDC pour battre campagne en faveur du candidat commun et gagner avec lui. Moïse Katumbi, qui dit ne se battre que pour l’intérêt du peuple, a promis de rejoindre la même dynamique dès que le candidat commun sera connu.

Sortira-t-il finalement une fumée blanche à Genève ? Dans l’opposition, tous affichent un net optimisme. On n’écarte l’hypothèse d’un enlisement. « Tous les grands leaders ont mesuré l’urgence et la nécessité de s’unir autour d’un candidat commun pour contrecarrer le candidat du FCC. C’est notre seule chance de gagner et de s’engager enfin sur le vrai chemin de l’alternance. C’est aussi le vœu de tout un peuple », a indiqué au Potentiel un leader de l’opposition, quoi que non convié à la réunion de Genève.

A 50 jours de la présidentielle, les conclusions de Genève auront l’effet d’un coup de tonnerre sur la scène politique congolaise. Le choix d’un candidat commun de l’opposition va surement remodeler la cartographie politique en cette période préélectorale. Pour l’instant, tous les regards sont désormais tournés vers la Suisse.

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