Nord-Kivu : 10 ans après le massacre de plus de 100 personnes à Kiwanja, les criminels courent toujours

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Entre le 4 et le 5 novembre 2008, il y a dix ans jour pour jour, s’opérait un odieux massacre dans la cité de Kiwanja, à enviiron deux kilomètres de la base de la MONUC, aujourd’hui Monusco, dans la province du Nord-Kivu, au cours duquel près de 140 civils ont été tués par la rébellion du CNDP de Laurent Nkunda Batware qui les accusait d’être complices d’un groupe de Mai-Mai.

Matshi

 Des enquêtes ont été ouvertes, mais jamais terminées, aussi bien par l’armée congolaise que la Monusco. Aucune action judiciaire n’a jamais été ouverte et les responsables de ces massacres circulent librement, sans être inquiétés.

Pour rappel, les 4 et 5 novembre 2008, dans la ville de Kiwanja, une centaine de civils avaient été massacrés par des rebelles qui les accusaient de complicité avec un groupe Maï Maï ennemi.

En ce matin du 5 novembre, combattants Maï Maï et rebelles du CNDP se battent pour le contrôle de Kiwanja. La population est terrée chez elle, effrayée par des tirs d’armes lourdes. Cependant le gros des exactions a eu lieu plus tard,

En effet, aux environs de 13h ce jour-là, les habitants profitent d’une accalmie pour sortir. Certains sont parvenus à trouver refuge près d’une base de l’ONU (Monuc).

Pourtant, cent-vingt casques bleus dont la mission était de protéger les civils, sont basés à Kiwanja mais, n’interviennent pas. Ils sont accusés d’être restés spectateurs quand les rebelles du CNDP ont commencé à exécuter, à deux ou trois kilomètres de là, des civils soupçonnés d’être liés aux Maï Maï.

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a documenté 67 exécutions sommaires, le tout dans un contexte d’affrontements et d’exactions commises non seulement par le CNDP, mais aussi parmi les Maï Maï et l’armée congolaise. Au total, ce sont plus 140 personnes qui ont perdu la vie en deux jours.

Parmi les personnalités accusées, il y a bien sûr le général Laurent Nkunda. C’est lui qui, en 2007, a créé le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple). Il vit aujourd’hui « officiellement en résidence surveillée au Rwanda » mais n’a jamais été inquiété.

Plus invraisemblable, ses troupes ont pu réintégrer l’armée congolaise à la faveur d’un accord de paix signé quelques semaines plus tard, le 23 mars 2009, y compris Bosco Ntaganda déjà recherché à l’époque par la CPI pour des crimes commis en Ituri et pour lesquels il croupit aujourd’hui à la CPI.

C’est pourtant lui, « Terminator » comme on le surnomme, qui commandait les troupes ce jour-là. Il deviendra général des FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo), avant d’être contraint de se rendre, lui aussi, au Rwanda, alors comme responsable d’une autre rébellion, le M23, née des cendres de CNDP.

Ntaganda à la CPI, on attend que la justice congolaise se charge de ses complices restés au pays. Mais jusqu’à quand ?

 

 

 

 

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