Selon une étude scientifique, les activités humaines sont à la base de la pollution atmosphérique à Kinshasa et à Lubumbashi

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Selon les conclusions d’une étude menée, en deux ans, par la Faculté de polytechnique de l’Université de Kinshasa, « la poussière des divers déchets ménagers et plastiques en décomposition, l’inexistence d’un réseau d’assainissement des eaux usées à certains endroits et inopérant à d’autres », sont à la base de la pollution atmosphérique à Kinshasa et Lubumbashi, les deux villes industrialisées de la République démocratique du Congo (RDC).

 

Stanislas Ntambwe

D’après les scientifiques, les villes de Kinshasa et de Lubumbashi sont en proie à la pollution atmosphérique liée aux activités de l’homme. Il s’agit d’une pollution multiforme. C’est ce qu’indiquent les conclusions d’une étude menée en deux ans par la Faculté polytechnique de l’Université de Kinshasa.

Cette pollution est due à la poussière des divers déchets ménagers et plastiques en décomposition, l’inexistence d’un réseau d’assainissement des eaux usées à certains endroits et inopérant à d’autres.  Mais aussi, à en croire les universitaires, des odeurs nauséabondes provenant des marchés et les abords de l’hôpital général de Kinshasa produisent également la pollution atmosphérique dans les deux villes congolaises.

Le Professeur Hubert Makengo qui a participé à cette étude déplore en outre, la pollution sonore consécutive à la prolifération de débits de boissons et de sectes religieuses dans tous les quartiers. Pour lui, cette forme de pollution « perturbe le sommeil de la population et spécialement celui des jeunes vulnérables et des personnes de 3ème âge ». « L’autre pollution est liée à la combustion : l’utilisation du bois de chauffe suite à la fourniture irrégulière du courant électrique par la Snel et le fait que beaucoup de nouveaux quartiers ne sont pas électrifiés », a-t-il ajouté.

L’étude relève aussi que, des nombreux égouts sont transformés en fosses septiques et urinoirs dans certains quartiers, d’autres sont bouchés du fait des constructions anarchiques. La pollution, selon cette même étude, est aussi provoquée par les vapeurs des industries chimiques et extractives, les tuyaux d’échappement de véhicules et l’inexistence de réseaux d’assainissement d’eaux usées.

Conséquences sur l’homme

Interrogé par LePotentielonline.net, le Professeur Makengo pense que la prévention biologique la plus simple et efficace consiste à faire de nos villes « des villes vertes ». C’est-à-dire, planter des arbres qui présentent des grosses feuilles qui, à la longue, pourraient constituer une couverture recevant les poussières quand elles tombent. A Lubumbashi, argue-t-il, l’implantation de plusieurs sociétés d’extraction minières est caractérisée par la technique d’extraction dénommée « pirométallurgie », un four de fusion ou de préparation thermique de minerais surmontée d’une cheminée.

« La poussière des minerais qui en ressort forme un nuage d’éléments atomiques de cuivre, de cobalt, de plomb, de cadmium et d’autres métaux lourds aux conséquences néfastes sur la santé », a affirmé le professeur Makengo. Certes, a-t-il reconnu, « ces sociétés minières se sont engagées à gérer le plan de gestion environnementale et sociétale tel qu’exigé par le Code minier, mais elles se heurtent aux principes de responsabilité qui stipulent que le pollueur doit prendre en charge les frais de la dépollution étant donné qu’à Lubumbashi les panaches issues des cheminées se confondent au-dessous de la ville ».

Le professeur Hubert Makengo redoute l’implosion des maladies respiratoires telles que la toux, l’asthme, le rhume, les troubles de vision, les complications du système d’excrétion.

La recherche fait remarquer par ailleurs que, les enfants qui évoluent dans une atmosphère polluée sont exposés au risque de saturnisme, le manque d’intelligence. Ces conclusions ouvrent la voie à une étude multidisciplinaire entre spécialistes en ingénierie environnementale et des médecins du domaine.