RDC : « L’après-Genève » en 10 questions

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Quatre jours après avoir dénoncé l’Accord de coalition politique des forces de l’opposition ’’Lamuka’’, pourtant signé 24 heures plus tôt, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe sont diabolisés, à défaut d’une décapitation, par des cadres et militants de M. Katumbi, J.P. Bemba, M. Fayulu, F. Matungulu et A. Muzito.

 Par Ben-Clet K. D.

Comme dans un concert, les médias et les réseaux sociaux tirent à boulets rouges sur le leader de l’UDPS et son collègue de l’UNC, pour avoir suivi leurs bases respectives dans le rejet de Martin Fayulu, désigné «candidat commun de l’opposition» à Genève. Certainement, l’onde de choc créée par l’évènement – ou l’incident – retentira encore longtemps avec des répercussions imprévisibles. Aussi bien en RD Congo qu’en Afrique et dans le monde.

Passé le temps de l’émotion, de la spéculation et des imprécations, Congolais, arrêtons-nous un instant. Posons-nous des questions qu’il faut. Tentons, lucidement, de comprendre les faits et les gestes de chacun des protagonistes de ce feuilleton : l’opposition, le pouvoir, les militants, le peuple, les observateurs étrangers. Cet exercice participe à la salubrité de la mentalité politique dans ce pays.

  1. Les combattants de l’UDPS et de l’UNC ont-ils raison de contester la désignation de Martin Fayulu en qualité de candidat commun de l’opposition à la présidentielle du 23 décembre 2018 ?

Oui, ils ont pleinement raison parce que, d’une part, dans une compétition politique, ils combattent pour la victoire exclusive des candidats de leur parti. D’autre part, dans le cas présent, ils ne sont pas suffisamment informés de l’enjeu des tractations menées au sommet entre leurs dirigeants et les partis alliés. Un homme mal informé ou sous-informé, dit la sagesse, a le droit de mal raisonner. 

  1. Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe devaient-ils évoquer les vociférations et la pression de leurs bases de l’UDPS et de l’UNC pour renier leurs signatures ?

L’esprit démocratique a prévalu. Le respect des subalternes aussi, qu’il s’agisse d’une entreprise familiale ou d’un parti politique. Le parti-État est bien mort en RD Congo, avec son « président-fondateur ». Dans la société moderne, « le chef » n’a pas pour mission d’imposer ses propres vues. Il a surtout l’obligation de sonder son peuple avant de décider. Combien d’accords internationaux ont-ils été signés puis reniés par leurs auteurs ? On peut humainement comprendre le désarroi que sème un reniement de la parole donnée, mais pour une matière aussi sensible que l’Accord mort-né de Genève, seuls les intérêts – partisans ou stratégiques – ont dicté le comportement des uns et des autres.

  1. Ne pouvaient-ils pas, comme dans des partis des dictateurs, maintenir leurs signatures et menacer tout contestataire de radiation ou d’autres sanctions exemplaires ?

Les derniers dictateurs étant en voie d’extinction sur le continent, F. Tshisekedi et V. Kamerhe ne pouvaient pas franchir le rubicond. Ils risquaient de se voir éjectés de leur parti.

  1. Y a-t-il eu « communication expresse » entre les leaders siégeant à Genève et leurs bases restées au pays sur les tenants et les aboutissants du fameux Accord de coalition politique ?

Officiellement non. C’était une rencontre de haut niveau.

  1. Est-il : (a) possible, (b) souhaitable, (c) inopportun d’établir ce dialogue entre les leaders et leurs partisans ?

C’est autant possible que souhaitable. Les vertus du dialogue horizontal sont tellement connues qu’il serait superfétatoire de les commenter ici. Bien plus, la RD Congo emprunte cette voie de sagesse depuis l’indépendance pour résoudre les problèmes posés intempestivement par certains de ses fils. Les partis politiques devraient s’en inspirer.

  1. L’absence d’un candidat commun de l’opposition porté par les 7 partis à l’origine de « Genève » sert-elle la cause de la vraie alternance attendue après l’ère Joseph Kabila ?

Non. Persister dans cette cacophonie, c’est tourner irrémédiablement le dos à la perspective de l’alternance.

  1. Un Martin Fayulu, farouchement opposé à la machine à voter, garantirait-il la participation des 5 plateformes qui le soutiennent aux scrutins annoncés le 23 décembre ?

À analyser les foucades verbales du « candidat commun », c’est peu probable que les 5 participent aux scrutins de décembre. Nous préférons être démentis par les faits.

  1. Quel dividende le FCC tirerait-il de la division de l’opposition après Genève ?

On a envie de répondre par la question : « À qui profite le crime ? »

  1. Fallait-il réunir les 7 à Genève, plutôt qu’à Kinshasa, pour accoucher d’un mort-né ?

Secret de polichinelle : Kinshasa n’est pas accueillante pour de telles rencontres, surtout quand il s’agit de Congolais qui ont un œuf à peler avec le pouvoir. Suivez mon regard.

  1. Faut-il blâmer : (a) l’opposition, (b) le pouvoir, (c) les médiateurs, (d) le peuple congolais dans son ensemble ?

Le peuple congolais – et non les politiciens – vient de prouver sa maturité politique en étouffant l’éventualité d’un troisième mandat dans le schéma de certains compatriotes. C’est une victoire. Il est désormais capable, avec sa société civile, de progresser sur la voie de la démocratie. Ceux qu’il faut blâmer sont plutôt tapis dans l’ombre : les fameux opposants, le vorace pouvoir et les médiateurs intéressés.

3 thoughts on “RDC : « L’après-Genève » en 10 questions

  1. Ainsi, le moyen le plus efficace de lutter contre l’hépatite C réside en la maîtrise du risque de transmission nosocomiale du VHC (transfusions sanguines, injections à risque, etc) et la politique de réduction des risques chez les usagers de drogues injectables. Le dépistage des personnes à risque, notamment des personnes ayant reçu des produits sanguins avant 1992, constitue également un élément important de la lutte contre cette infection. https://frmedbook.com/chirurgie-arthroscopique-inefficace-pour-la-prise-du-genou-le-verrouillage/ En pratique, la politique de dépistage actuelle est responsable d’une découverte croissante de cancer de la prostate chez des hommes de 50 à 75 ans ayant une espérance de vie supérieure à 10 ans, c’est-à-dire des hommes qui ont souvent une vie sexuelle active et peu ou pas de troubles urinaires sévères. La pratique quotidienne montre que : la proportion d’hommes atteints d’un cancer de la prostate et ayant un trouble sexuel avant tout traitement est importante et croît avec l’âge, ce qui minimise le problème sexuel, pour la quasi totalité, la priorité immédiate est le cancer, qu’ils aient ou non une activité sexuelle, par contre, le problème sexuel revient souvent au premier plan après le traitement initial.

  2. Bonjour,
    A la première question posée, vous avez tort de répondre par l’affirmative, rappelez-vous de l’intervention de Fatshi lors du meeting de l’Opposition en octobre dernier: « les militants, ne venez pas nous dire, pourquoi vous alignez-vous derrière tel ou tel candidat de l’Opposition choisi comme candidat commun… » ; et même si les militants de ces deux partis, comme l’ensemble des militants de l’Opposition congolaise, n’ont pas été assez formés, conscientisés sur l’impérieuse nécessité de l’UNION de tous les partis politiques d’Opposition pour escompter gagner les élections surtout présidentielle, à UN tour, qui plus est, avec la fameuse machine à vo.er. Comment peuvent-ils combattre pour la victoire EXCLUSIVE de leurs candidats dans la configuration politique existante ? Après, qu’ils soient peu ou mal informés, c’est une chose, les cadres du parti n’auraient peut-être pas fait leur boulot en est une autre, mais l’on ne peut vouloir une chose, l’alternance politique au Congo, et son contraire, adouber le refus d’un candidat commun de l’Opposition dès lors que certaines bases, plutôt coteries estiment qu’il n’est pas le leur au prétexte qu’ils seraient en manque d’information (pour contester, il faut d’abord être averti…) et qui s’enhardissent de gagner seules les élections dans ce pays continent, alors que même le régime en place ne s’en est pas targué et a même fédéré tous ses affidés, faisant taire les velléités de candidatures multiples. Et leurs invertébrés de leaders y arriveraient tout seuls ? Même pas en rêve, balamuka!

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