L’impérieuse vérité

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Depuis le début de cette semaine, les projecteurs de l’actualité congolaise étaient braqués sur le conclave de ce qui est désormais convenu d’appeler « les 7 majeurs opposants » réunis à Genève (Suisse), pour trouver un candidat commun qui devrait affronter le candidat du Front commun pour le Congo (FCC) aux scrutins du 23 décembre 2018.

Par la Rédaction

Eclats de rire et mépris dans le camp de la majorité au pouvoir en République démocratique du Congo (RDC) où l’on ne jure, la main sur le cœur, que l’opposition est incapable de s’organiser et de se trouver un candidat unique. Se faisant forts de la pratique de l’une des tares (l’un des membres influents du FCC n’a-t-il pas déclaré, alors que se tenait le conclave de Genève, que « sur le 7 leaders de l’opposition, nous avons déjà deux en poche ») qui font qu’aujourd’hui la RDC est classée presqu’au bas de l’échelle, 184ème sur 190 pays sur le plan de développement.

Mais avec plus de 600 partis politiques, dont certains sont les dédoublements des autres par la volonté du régime sortant, qui mise sur Ramazani Shadary comme son cheval de bataille gagnant pour le 23 décembre, a oublié que l’opposition congolaise est plurielle et ceux qui se trouvaient à Genève, aujourd’hui à Bruxelles, n’étaient qu’une partie de cette opposition plurielle.

Rien donc d’étonnant que ceux qui étaient restés au pays, que la Majorité présidentielle (MP) considérait comme quantité négligeable, viennent de faire pivoter le mât des projecteurs pour les braquer sur la Céni, et par ricochet sur le gouvernement, en sollicitant la radiation et l’invalidation du candidat du FCC pour violation de la loi électorale. Particulièrement en son article 36.

En effet, ils se réfèrent en cela à l’article 36 de la loi électorale qui interdit à tout candidat de se servir des finances, des biens et du personnel de l’Etat pour sa campagne électorale et invite toute autorité, tout parti politique, tout groupement politique ou toute autre personne à saisir la Céni d’une telle violation pour l’invalidation d’un tel candidat. Ou encore, s’adresser à un officier du Ministère public qui tranchera. C’est ce que viennent de faire ce groupe d’opposants restés au pays et qui demandent l’invalidation du candidat président Ramazani Shadary pour des faits avérés.

Hélas ! Le rapporteur de la Céni, Jean-Pierre Kalamba, a tenté d’ignorer la responsabilité de son institution que lui confère la loi, en déclarant mercredi sur les antennes de radio Top Congo que, la Centrale électorale n’était pas compétente pour traiter la plainte des opposants contre la candidature de Ramazani Shadary. Il les a envoyé aux tribunaux alors que l’alinéa de l’article susvisé indique que l’on doit saisir la Céni en premier, l’officier du Ministère publique n’étant qu’une alternative. Une fuite en avant qui ne tient pas la route, réplique-ton.

On sait, plusieurs chaînes de radio et de télévision avaient relayé l’évènement, que lors de la présentation au publique du candidat Ramazani Shadary, le 27 octobre 2018 au Stade Tata Raphaël, son équipe de campagne avait présenté une liste de 670 personnes (plus de 800 selon Lambert Mende sur Top Congo) parmi lesquelles des ministres, administrateurs et mandataires des entreprises publiques, des bourgmestres et administrateurs de territoire. Bref, le personnel de l’Etat à tous les niveaux en faisaient partie, même si quelques particuliers avaient désisté, arguant qu’ils n’avaient pas été contactés.

Face à une telle évidence, « qui ne demande pas d’avoir de grandes sciences », comme a dit un des signataires de la plainte adressée à la Céni, la violation de la loi électorale par la MP est patente et ne nécessite pas pas une réflexion scientifique.

« Dura lex, sed lex. La loi est dure, mais c’est la loi », dit-on. Il faut l’appliquer. La Céni doit appliquer sa propre loi et non tergiverser. Aimez la vérité et la vérité vous affranchira, dit un enseignement chrétien. Cette vérité-là est impérieuse ! La taire serait conforter l’opinion selon laquelle, la Céni n’est pas indépendante et ne roule que pour un camp.