Pojet de société de Shadary: Rupture avec la Kabilie ou continuité ?

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Après avoir suivi religieusement un discours programme déclinant un projet de société qui se chiffre à 86 milliards de dollars américains, pour un quinquennat, en raison de 17,2 milliards l’an, place à présent à une réflexion à haute voix, libre et non carcanisée par des considérations idéologiques et partisanes. Mieux, la réflexion rigoureuse d’un scientifique. Tout simplement.

Sans verser dans le débat autour du caractère réaliste ou pas du projet de société du FCC, Emmanuel Ramazani, il y a quand même lieu de noter dans l’agir communicationnel de ce présidentiable, une certaine mégalomanie, une rupture avec la Kabilie, des écarts de langage politique. En fermant les yeux, ce lundi 19 novembre à Pullman, on se croirait entendre le projet de société d’un opposant.

Le discours prononcé par celui que l’on appelle affectueusement « coup sur coup » était rempli d’implicites langagiers que plus d’un congolais ont facilement déchiffré. D’emblée, en proposant de mobiliser 86 milliards usd en 5 ans et en s’assignant comme principaux objectifs, entre autres, de lutter contre la corruption, l’impunité et le clientélisme, vaut message fort en politique. C’est affirmer que son prédécesseur a mal gouverné. Mais aussi, qu’il a fait preuve de faible capacité de mobilisation des recettes. C’est aussi dire, sans le dire, que le pays est gangrené par la corruption.

Autant de griefs tacites. On est donc là plutôt face à des signes avant coureurs d’une rupture, d’un divorce plutôt que d’une continuité. Ce qui me parait être moins prudent pour Emmanuel Ramazani Shadary. Il a semblait, aux yeux de plus d’un analyste, ne pas avoir le sens des rapports de force. Une donne non négligeable en politique. Lui dont le destin dépend à ce stade de Joseph Kabila doit faire preuve d’intelligence stratégique afin de bien gérer les risques au cours de cette période sensiblement délicate pour lui. Il ne doit pas perdre de vue le fait que rien n’est encore gagné. Il doit en permanence se poser des vraies questions et y apporter des vraies réponses plutôt que marmonner victoire bien avant la bataille. Le caractère imprévisible et insondable du Raïs doit lui être d’un avertissement sévère.

Orly-Darel, chercheur en sociologie politique, coach en stratégie et développement personnel