Égalité et équité

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Pluralisme et égal accès des candidats aux médias publics. C’est l’un des défis qui attend le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) durant la campagne électorale qui démarre ce jeudi 22 novembre à minuit. En tant qu’organe de régulation, cette institution d’appui à la démocratie a le devoir de veiller strictement au principe d’égalité et d’équité afin d’accorder à tous les candidats en lice les mêmes chances de s’exprimer et d’étaler leurs programmes aux électeurs. Cette recommandation est d’ailleurs bien reprise à l’article 33 de la loi électorale. Agir autrement conforterait les soupçons qui pèsent déjà sur lui d’être inféodé au pouvoir en place.

Pour ce faire, une directive est mise en place par la tripartite CENI – CSAC – Gouvernement à travers son ministère des Médias et Communication. Dans cette directive, il est mentionné que lors de la campagne, il est alloué à chaque candidat président de la République (ils sont 21) un total de 90 minutes de temps d’antenne radio et télé…et 5 minutes pour président son programme. L’heure de présentation effective pour chaque candidat ou parti est déterminée par tirage au sort.

Hélas ! Toutes ces dispositions de la loi seraient très belles si les médias publics congolais ne recevaient pas des injonctions de l’État-propriétaire. Or, souvent, ce sont des candidats du régime en place qui ont libre accès. Une situation tant décriée et qui crée des frustrations chez les candidats de l’opposition qui ont pourtant, eux aussi, besoin de faire véhiculer leur message à travers le territoire national.

On ose croire que cette fois-ci sera différente de 2006 et 2011 où les médias publics – surtout la télévision nationale – ont été pris en otage par une certaine catégorie de candidats au détriment des autres. Or, priver aux autres le même temps d’antenne, c’est déjà dresser le lit à la tricherie. Mais surtout aux contestations post-électorales qui s’en suivront.

À tout prendre, le CSAC devra veiller, durant tout le mois de la campagne électorale, à l’accès équitable des candidats aux médias publics. L’observance stricte du principe d’égalité et d’équité garantira le pluralisme médiatique et balisera le chemin vers les élections du 23 décembre 2018.