Minaku et Kengo ce mercredi chez Kabila

Partager
  • 3
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    3
    Partages

À l’ordre du jour :

– Revue du processus électoral, à 24 h de la

campagne électorale

– Bilan de la 2ème législature de la 3ème République

Le président Joseph Kabila fait déjà ses valises. Dès janvier 2019, il doit quitter le Palais de la nation pour se consacrer à d’autres tâches. Demain jeudi 22 novembre, la Céni lance la campagne électorale qui précède les scrutins du 23 décembre 2018.

Pour les deux chambres du Parlement, c’est l’occasion de dire au revoir au président de la République pour tout le temps passé ensemble. Sauf changement de dernière minute, une rencontre est prévue ce mercredi 21 novembre, entre le chef de l’Etat et les bureaux de deux chambres du Parlement. À l’ordre du jour : la revue à mi-parcours du processus électoral et le bilan de la 2ème législature de cette 3ème République.

LE POTENTIEL

Le président Joseph Kabila est sur le départ. En se pliant à la Constitution, il est sur le point de clore ses 17 ans de règne à la tête de la République démocratique du Congo. Joseph Kabila est arrivé au pouvoir en janvier 2001 dans des conditions tragiques,

juste après la mort de son père. Le 23 décembre 2018, le peuple congolais ira aux urnes pour choisir son successeur. Ils sont 21 à s’afficher sur la grille de départ.

Tous aspirent à la fonction suprême de président de la République.

Dans sa nouvelle famille politique, Joseph Kabila a tout planifié. En créant le Front commun pour le Congo (FCC), où il est par ailleurs l’autorité morale, il s’est donné toutes les garanties pour être et demeurer le seul maître du prochain jeu politique. Certes, après janvier 2019, il ne sera plus aux commandes de la RDC, mais il aura, quoi qu’il en soit, un regard sur tout ce qui se fera au sommet de l’Etat.

À moins que son dauphin désigné, Emmanuel Ramazani Shadary, s’il est élu, décide de s’émanciper de celui qui l’a fait candidat à la présidentielle. Pour l’instant, on n’est pas encore à ce cas de figure.

Dans tous les cas, ceux qui ont été pendant 17 ans au service de Joseph Kabila se préparent déjà à lui présenter leurs adieux ou au-revoir – c’est selon.

En effet, des sources internes du Palais de la nation, on apprend qu’une rencontre est prévue ce mercredi entre le président de la République et les bureaux de deux chambres du Parlement (Sénat et Assemblée nationale).

Les mêmes sources indiquent que la rencontre est à l’initiative des bureaux de chambres qui ont convenu d’aller à la rencontre du chef de l’Etat, à 24 heures du lancement officiel de la campagne électorale.

Sur le plan protocolaire, la rencontre ne devait susciter aucun commentaire. Mais, transposé sur le champ politique, il y a bien des choses à dire.

À première vue, l’ordre du jour de cette réunion prévoit le passage en revue du processus électoral, alors que la Céni annonce déjà dès demain jeudi le lancement de la campagne électorale sur toute l’étendue de la RDC. Au cours de cette réunion, les deux parties devraient invraisemblablement faire le point de la deuxième législature de cette troisième République qui prend fin avec les élections du 23 décembre 2018. Autant d’éléments qui donnent à cette réunion toute sa portée politique.

LES NON-DITS D’UNE RENCONTRE CRUCIALE

Dans l’exercice normal du pouvoir, il est du devoir du président de la République de se concerter avec les deux chambres du Parlement. Malheureusement, le contexte dans lequel se déroule la rencontre de ce mercredi 21 novembre est tout à fait particulier.

Si côté cour, la Céni affiche tout son optimisme à respecter l’échéance du 23 décembre 2048, coté jardin, la centrale électorale ploie sous un fardeau financier qui, à terme, devrait l’obliger à postposer les scrutins du 23 décembre 20183.

Pour le moment le sujet est classé secret défense à la Céni. Mais, dans les couloirs du pouvoir et de l’opposition, on est bien conscient de graves défis qui s’imposent à la Céni pour réussir le pari du 23 décembre 2018.

Mardi dernier, le président de la Céni est allé déjà tâter les pouls du bureau de l’Assemblée nationale. Une séance de travail a réuni mardi les bureaux de la Céni et de l’Assemblée nationale.

A moins d’un mois du processus électoral, la Céni est allée rendre compte de son travail au bureau de l’Assemblée nationale, dont, de l’avis de Corneille Nangaa, elle tire sa légitimité.

Au sortir de cette rencontre, le rapporteur Jean-Pierre Kalamba, s’est livré à la presse, cherchant avec tact et dextérité à s’éloigner du sujet qui a amené la Céni à aller consulter le bureau de l’Assemblée nationale.

« Nous sommes au dernier virage. La Céni est l’émanation de l’Assemblée nationale et elle s’apprête à lancer la Campagne électorale à partir de demain ici même à Kinshasa. En plus de cela, le Bureau de l’Assemblée nationale avait reçu mandat de la Plénière de recevoir le Bureau de la Céni pour échanger sur les questions de l’heure et autour de son Rapport qui n’a pas pu être défendu au niveau de la Plénière. C’est donc cela que nous venons de faire dans l’ensemble. Donc échanger et donner des informations importantes », a indiqué le rapporteur de la Céni.

Contre des sceptiques qui redoutent de la tenue d’élections en décembre prochain, le rapporteur de la Céni s’est voulu optimiste : « Je dis à ceux qui sont encore sceptiques sur la tenue des élections que la date du 23 décembre 2018 reste incontournable. Ils doivent se préparer à défendre leurs projets de société. Nous avons 605 partis politiques. Nous supposons qu’il y a 605 projets de société. Que ceux qui pensaient ou rêvaient de la possibilité d’ajournement ou de report des élections se disent que quand on a commencé la campagne c’est incontournable. Nous irons donc au 23 décembre aux urnes et la Céni s’apprête à gérer de la manière que la vérité des urnes soit respectée à travers le Centre local de coordination telle que nous l’avons modifié actuellement. Donc, il n’y a plus lieu de rêver à un quelconque report d’élection ».

Il nous revient que, immédiatement après la délégation de la Céni, le président de l’Assemblée nationale s’est entretenu avec le Premier ministre, Bruno Tshibala Nzenze, qui avait à ses côtés le ministre des Finances, Henry Yav Mulang, et le ministre de Budget, Pierre Kangudia. Pas un mot au terme de cette réunion qui a certainement porté sur le financement du processus électoral que le gouvernement tarde à boucler.

LA CÉNI AU CŒUR DES ENJEUX

Selon les informations les plus probables, la Céni exigerait du gouvernement une enveloppe de 49 milliards de francs congolais, soit plus de 30 millions de dollars américains, pour couvrir le budget électoral. Pour le moment, le gouvernement peine à satisfaire aux exigences financières de la RDC. C’est vers le chef de l’Etat que la Céni attend une bouée de sauvetage. Ce qui, à ce jour, reste encore une gageure.

Sans doute, à la rencontre de ce mercredi entre le chef de l’Etat et les présidents de deux chambres, les parties autour de la table ne manqueront d’aborder le sujet. On est en droit de supposer que Corneille Nangaa, président de la Céni, pourrait être l’invité spécial de cette rencontre autour du chef de l’Etat. A quelques jours de l’échéance du 23 décembre 2018, toute la République n’a de regard que fixé sur le président de la Céni.

A tout prendre, c’est sur Corneille Nangaa que repose désormais l’avenir de la RDC – le président Kabila s’étant presque soustrait en se désignant un dauphin – quoi que pilotant à l’ombre toute le processus électoral.