Campagne électorale sur fond d’hésitations

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La campagne électorale a démarré le jeudi 22 novembre 2018. 21 candidats à la présidentielle, 15.358 à la députation nationale et 19.640 à la députation provinciale vont solliciter les suffrages de 40.024.897 électeurs enregistrés par la Céni. Au premier jour de la campagne électorale, c’est encore le scepticisme de part et d’autre où les candidats brillent par des réticences. Pour sa part, la Céni continue à se dire confiante quand même elle peinerait à surmonter tous les défis logistiques. Bref, on est parti pour une campagne électorale sur fond d’hésitations.

 

Par Le Potentiel

Malgré la vague de contestations de ses méthodes, notamment le choix de la machine à voter, Corneille Nangaa, président de la Céni, reste confiant sur la tenue d’élections à la date du 23 décembre 2018, comme prévu dans le calendrier électoral du novembre 2017. Mercredi dernier, le président de la Céni l’a redit devant les délégués des partis et regroupements politiques ayant souscrit aux élections de décembre prochain.

« Cette date marque une nouvelle étape calendaire du processus électoral en République démocratique du Congo. Une fois de plus, la Centrale électorale démontre par ce respect du calendrier électoral, publié le 5 novembre 2017, sa ferme détermination à conduire le pays vers des élections libres, crédibles et transparentes », a souligné Corneille Nangaa, devant des candidats, mandataires et autres participants réunis dans la salle de spectacle du Palais du peuple.

À la Céni, le cap est donc mis vers les élections. Ce n’est pas pour autant que tout est clair comme l’eau de la roche.

En interne, la Céni doit encore surmonter des difficultés de taille, notamment celles liées à la logistique.

Pour les élections de décembre prochain, la Céni prévoit de déployer : 75.563 bureaux de vote ; 21.699 centres de vote ; 79 centres locaux de compilations des résultats ; 511.901 agents opérationnels ; 1.662.386 fiches, procès-verbaux de vote et de dépouillement ; 85.700 urnes ; 87.500 isoloirs ; 85.700 kits bureautiques de bureaux de vote et de dépouillement. Ce qui est énorme en termes de défi.

À la Céni, tout n’est pas encore bouclé

Des sources bien informées rapportent qu’un nombre de matériel électoral fait encore défaut au niveau de la Céni, notamment les machines à voter qui ne sont pas en nombre suffisant et le matériel de transmission des résultats. En dernière minute, on apprend que la Céni, limitée par son budget, a failli recourir à le Renatelsat (Réseau National de Télécommunication par Satellite). Mais, là encore, rien de rassurant. Avec un équipement obsolète, le Renatelsat ne pourrait pas être en mesure de satisfaire aux exigences de la Céni dans la transmission en temps réel des résultats pour toutes les circonscriptions de la République, relèvent des experts en la matière.

C’est dire qu’il y a encore bien des problèmes à résoudre pour garantir la fiabilité des scrutins du 23 décembre 2018.

Quoi qu’il en soit, la campagne électorale a finalement été lancée depuis le 22 novembre 2018. Dans la ville de Kinshasa, les affiches de campagne se font plutôt rares. De part et d’autre, l’engouement n’est pas encore à l’ordre du jour.

En effet, les candidats à différents niveaux de scrutins, paraissent encore sceptiques. Au regard de toutes les contestations qui entourent le système électoral choisi par la Céni, avec le recours de la machine à voter et un fichier électoral gangrené par plus de 10 millions d’électeurs sans empreintes, personne ne veut prendre le risque de se lancer précipitamment dans la bataille électorale.

Le FCC n’est pas non plus épargné. Raison pour laquelle, hier jeudi, le chef de l’Etat Joseph Kabila, ci-devant autorité morale du FCC, a réuni dans sa ferme de Kingakati les principaux ténors de sa plateforme électorale pour remonter le moral des troupes. À l’instar du président de la Céni, il a confirmé la tenue d’élections à la date arrêtée dans le calendrier électoral. Ce qui devrait logiquement dissiper des inquiétudes dans les rangs du FCC.

L’appel du Conseil de sécurité

Mercredi dernier, le Conseil de sécurité des Nations Unies a une fois de plus abordé le sujet, rappelant la nécessité pour tous les acteurs engagés dans le processus de trouver un consensus sur les questions qui divisent.

L’organe de décision des Nations unies a réaffirmé que « la mise en œuvre effective, rapide et sincère » de l’accord du 31 décembre 2016 , y compris de toutes les mesures de renforcement de la confiance prévues dans l’accord, telles que la libéralisation de l’espace politique en RDC, la libération des membres de l’opposition politique et de la société civile détenus, le respect des droits de l’homme et les libertés fondamentales telles que la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de la presse et le droit de réunion pacifique, étaient « essentielles pour des élections pacifiques et crédibles le 23 décembre, une transition démocratique du pouvoir ainsi que la paix et la stabilité de la République démocratique du Congo ».

En RDC, comme aux Nations unis, l’on ne cache pas ses inquiétudes sur la tenue dans les bonnes conditions des élections du 23 décembre 2018. N’en déplaise au président de la Céni qui croit dur comme fer à la tenue d’élections à la fin de cette année.

Pour le moment, Corneille Nangaa tient droit sur ses deux jambes. Il a promis d’organiser les élections en décembre prochain. Sans doute le fera-t-il malgré la montagne de défis tant financiers que logistiques qui se dressent devant lui.

Dans tous les cas, les candidats validés par la Céni ont jusqu’au 23 décembre 2018 pour s’attirer la sympathie des électeurs, dans un contexte particulièrement incertain.

 

One thought on “Campagne électorale sur fond d’hésitations

  1. L’accent sur le bilan négatif du PPRD
    La campagne électorale est bel et bien lancée. Les partis de l’Opposition ont tout intérêt à s’appesantir sur le bilan combien négatif de l’actuel gouvernement sur tous les plans. L’économie est moribonde, même si Shadari nous promet monts et merveilles quand il sera au pouvoir, alors qu’il y est depuis des années et ne s’en rend même plus compte. Les budgets annuels de l’État qui tournaient autour de 5 milliards de dollars US vont faire un bond jusqu’à près de 17 milliards par an, soit 86 milliards sur cinq ans, nous dit Shadari. Nous cachait-on les autres recettes de l’État durant toutes ces périodes?
    L’Opposition doit rappeler chaque jour et chaque instant le triste sort de la population congolaise sur les plans économique, social et humain. Elle ne doit pas se lasser de rafraîchir la mémoire des Congolaises et Congolais sur la misère quotidienne des familles, la détresse des jeunes et des enfants abandonnés à eux-mêmes pendant que les tenants du pouvoir s’émerveillent devant les pseudo-réalisations de ce régime et s’en mettent plein les poches, se moquant à l’occasion des pauvres et honnêtes Citoyens qu’ils spolient. Le peuple doit donner le pouvoir à des Citoyens qui sont conscients de l’importance et des implications de leur fonction pour aller de l’avant. Un article de l’ACP rappelait les inondations du 14 novembre dernier à Kinshasa et soulignait le fait que l’Office des voieries et drainage- OVD- avaient entrepris des travaux sur instruction du Chef de l’État Kabila. À lire cette phrase, il est évident que nous ne nous rendons pas compte de ce que cela signifie : différentes administrations sont normalement impliquées pour résoudre ce problème, sans que le président du pays s’en mêle: la commune, la ville, les ministères des travaux publics provincial et national, les organismes publics. Faut-il encore attendre l’instruction du chef de l’État pour sortir d’une situation que des niveaux inférieurs peuvent bien gérer, en supposant bien entendu que quand la gestion globale est saine?
    Que l’Opposition saisisse la balle au bond et martèle chaque jour l »échec et l’incompétence du gouvernement sortant et que la population congolaise n’ait plus à revivre dans une telle médiocrité.

    le patriote Vini Mbilo
    Canada

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