Processus électoral : les évêques mettent en garde le gouvernement d’organiser une « parodie » d’élection

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Les évêques de la RDC ont, à l’issue de leur assemblée extraordinaire, dressé un bilan sévère du processus électoral. En substance, ils estiment que les conditions d’une élection crédible ne sont pour l’instant pas réunies. Pour cela, ils mettent en garde le pouvoir actuel d’organiser une « parodie » d’élection.

Éviter une « parodie d’élection » le 23 décembre prochain 2018. Tel est le sens du message diffusé ce vendredi 23 novembre par les évêques de RDC. Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco) formule une série de recommandations, mais en dressant surtout un constat sévère.

Des manifestations toujours réprimées, pas d’équité dans l’accès aux médias publics, des opposants en prison ou en exil, et une classe dirigeante « corrompue » qui pratique l’« abus de pouvoir ». Les évêques dressent un tableau sombre de la situation, au deuxième jour de la campagne électorale.

Le porte-parole de la (Cenco), l’abbé Nsholé, a déclaré que « nous observons aussi que, contrairement aux dispositions légales, des agents de la territoriale et des administratifs, des ministres et des chefs de village sont contraints de battre campagne pour une seule tendance politique ». Et il a fustigé le comportement adopté par certains membres du Front commun pour le Congo (FCC) de recourir aux moyens de l’État pendant la campagne électorale.

Ce tableau permet-il d’aller aux élections sans que les résultats ne soient contestés, s’interrogent les évêques ? Ils demandent à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de trouver un consensus sur l’utilisation ou non de la machine à voter. « Nous pensons qu’il est encore possible de trouver un consensus sur l’utilisation ou non de la machine à voter », estime l’abbé Nsholé.

« Si l’usage de cette machine s’avérait inéluctable, les évêques demandons à la Céni de rassurer le peuple congolais que la machine ne sera exclusivement utilisée que pour l’identification des candidats et l’impression des bulletins de vote, de procéder uniquement au comptage manuel des voix et d’afficher les procès-verbaux dans tous les bureaux de vote et de dépouillement le même jour, autrement elle jetterait le discrédit sur le résultat du scrutin », a-t-il renchéri.

RFI/Hervé Ntumba