Martin Fayulu, un plébiscite national: Pierre Lumbi nommé directeur de campagne de Fayulu

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Kinshasa n’est pas certes le Congo, mais il en est une copie miniaturisée. Dimanche dernier au stade des Martyrs, lors de l’inauguration du ministère épiscopal de Mgr Fridolin Ambongo, un duel a mis aux prises le candidat du FCC à la présidentielle, Emmanuel Ramazani Shadary, et son concurrent direct, Martin Fayulu, candidat commun de l’opposition. Au bout de cet affrontement improvisé, c’est Fayulu qui a eu droit au plébiscite du public. Kinshasa l’a déjà validé, sans doute, toute la RDC confirmera son envergure nationale le 23 décembre prochain devant les urnes.

Par Le Potentiel

Martin Fayulu, candidat commun de l’opposition, adoubé par l’accord de Genève, signé le 11 novembre 2018, réconforte sa position. Après son retour triomphal à Kinshasa, le candidat commun de l’opposition est allé dimanche dernier au stade des Martyrs tester son niveau de popularité.

L’inauguration du ministère épiscopal de Mgr Fridolin Ambongo, nouvel archevêque métropolitain de Kinshasa, a servi de décor à un choc frontal entre d’un côté, Martin Fayulu, candidat commun de l’opposition, et de l’autre, Emmanuel Ramazani Shadary, candidat du FCC. Présents dans le stade, chacun a eu droit à un test de popularité devant la grande communauté catholique de la ville de Kinshasa. Un applaudimètre qui a finalement révélé de quel côté se penche le cœur des Kinois, en particulier, et de la RDC, en général, pour la présidentielle du 23 décembre prochain.

Pour des observateurs présents dans le stade, le score a été nettement en faveur de Martin Fayulu. Quant au candidat du FCC, il a, une fois de plus, mesuré le grand fossé qui le sépare de la population. En effet, Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin du président sortant, Joseph Kabila, aura du mal à s’affranchir du bilan négatif de son mentor. Malgré le programme ambitieux qu’il a présenté la semaine dernière au Pullman Grand Hôtel Kinshasa, Shadary est toujours hanté par l’ombre de Kabila. S’en débarrasser de si tôt ne sera pas chose facile. Son programme, qui se veut en même temps une rupture avec le passé et une continuité de 17 ans de règne du président Kabila, est un sérieux handicap qui collera à la peau du candidat FCC tout au long de cette campagne.

Déjà, le dimanche dernier au stade des Martyrs, Shadary en a fait l’amère expérience. Et que dire de la journée du 23 décembre prochain devant les urnes ? Wait and see.

Un bilan difficile à porter

Dans les rangs du FCC, on est bien conscient de ce handicap. Les stratèges de l’équipe y réfléchissent. Il s’agit de trouver la bonne formulation pour affranchir Shadary de la pénombre hantée de Kabila. A première vue, la tâche n’est pas facile.

Dauphin du chef de l’Etat, dont il hérite tout le passif et l’actif de 17 ans d’une gestion au pifomètre, Ramazani Shadary doit faire avec. Il n’a pas de choix. Il est, d’une certaine manière, trahi par le sort, obligé de porter bon gré mal gré le lourd fardeau d’un bilan catastrophique de la majorité au pouvoir. Dimanche dernier, les Kinois le lui ont rappelé. En fin de compte, c’est Fayulu qui a engrangé des points à son escarcelle.

Outsider au départ des discussions de Genève en vue de la désignation d’un commun de l’opposition, Martin Fayulu renforce chaque jour qui passe sa stature de sérieux prétendant au trône présidentiel. Dans les grandes villes de la RDC, particulièrement à l’Est, sa popularité va crescendo. Face au candidat du FCC, Fayulu est en train de bousculer la donne. Son plébiscite du stade des Martyrs est venu rajouter à la popularité toujours croissante.

Et que dire du ticket Tshisekedi – Kamerhe constitué au terme d’un accord signé à Nairobi, au Kenya ? Dans l’opinion publique, la population semble avoir choisi le candidat commun issu de l’accord de Genève. En s’alliant à Vital Kamerhe, président de l’UNC, dans un accord qui le dépouille de toutes ses prérogatives de chef de l’Etat, s’il est élu à la magistrature suprême, le leader de l’Udps s’est presque tiré une balle dans les pieds. Elu président par le pur de hasard, il aura été un chef de l’Etat faible, l’essentiel du pouvoir d’Etat étant concentré entre les mains de son éventuel Premier ministre, en l’occurrence Vital Kamerhe. Pire, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe ont poussé leur deal trop loin en prétendant se passer le relais après cinq ans de mandature. Un marché de dupes qui ne dit pas son nom.

Tous les subterfuges contenus dans l’accord de Nairobi ne sont pas passés inaperçus dans l’opinion publique. Si bien qu’entre Martin Fayulu et Félix Tshisekedi, le peuple a fini par se choisir un camp. En tout cas, il est loin de l’alliance contre nature signée entre l’Udps et l’Unc.

A Kinshasa comme ailleurs, le cœur de la population bat désormais pour Martin Fayulu. Au stade des Martyrs, le peuple l’a démontré devant le tout nouvel archevêque de Kinshasa. Il attend le confirmer le 23 décembre prochain devant les urnes.

One thought on “Martin Fayulu, un plébiscite national: Pierre Lumbi nommé directeur de campagne de Fayulu

  1. Rien qu’à voir leurs têtes des anciens kabilistes convaincus et convaincants ; comment pouvaient-ils soutenir Fathi ? Ils l’ont combattu durant leurs multiples vies ,partant de l’enfer au ciel sans se soucier du peuple congolais !
    Pas suffisamment blanchi en tout cas . Dommage . Ils ont des enfants , des femmes comme tous les humains !

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