Soutien aux petits paysans et producteurs du Kongo central : le Fida se fixe de nouveaux objectifs

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Le Fida (Fonds international de développement agricole) tient à donner plus de visibilité aux actions du Programme d’appui aux pôles d’approvisionnement de Kinshasa en produits vivriers et maraichers (Papakin). Dans la mise en œuvre de cette stratégie, le Kongo central a été choisi comme province pilote. Le directeur pays de Fida, qu’accompagnait le staff du Papakin, vient de boucler une mission de deux jours dans le Kongo central. Objectif : réaliser à travers Papakin des activités à impact immédiat et visible.

LP

Comment garantir l’approvisionnement de la ville de Kinshasa en produits vivriers et maraîchers ? C’est à cette fin qu’a été lancé le Papakin (Programme d’appui aux pôles d’approvisionnement de Kinshasa en produits vivriers et maraichers). Avec le soutien du Fida, Papakin se déploie spécialement dans les provinces proches de Kinshasa en vue de prospecter les circuits d’approvisionnements en produits agricoles de la capitale.

Soucieux d’améliorer les conditions de travail et de vie, tout en accroissant les revenus de petits paysans et autres producteurs agricoles, le Fonds international de développement agricole, par le Programme d’appui aux pôles d’approvisionnement de Kinshasa en produits vivriers et maraichers, envisage de construire et de réhabiliter les infrastructures hydro-agricoles pour donner plus de dynamisme dans la production des légumes dans le Kongo Central, plus précisément dans la zone opérationnelle du Papakin, qui comprend les territoires de Madimba, Mbanza Ngungu et Songololo.

Pour s’imprégner des réalités du terrain, le directeur pays du Fida, M. Abdelhaq Hanafi, avec dans sa suite le consultant International Hillali, le coordonnateur national du Papakin, Popaul Kinzungu et d’autres experts de ce programme, ont effectué les 21 et 22 novembre 2018, une descente dans la province du Kongo central. Pendant son séjour dans le Kongo central, la délégation a exploré la chaine de production des produits vivriers et maraichers de première nécessité, s’intéressant particulièrement aux moyens et stratégies à mettre en œuvre pour améliorer la productivité agricole et améliorer les revenus des petits paysans et producteurs agricoles.

Se rapprocher des acteurs pour mieux les assister

Wangu dans le territoire de Madimba, a été le premier inscrit dans le programme de visite de cette mission. D’une superficie de 50 hectares avec 200 membres, regroupés en 8 coopératives de 25 membres chacune, ce site produit des tomates, des amarantes, des aubergines et des pointes noires.

Travaillant avec les moyens de bord, le FIDA, à travers Papakin, a donc décidé de venir en aide à ces paysans. A cet effet, le Fida tient à l’amélioration du travail des paysans et du circuit de commercialisation par l’installation et la construction des unités de transformation et de conservation des produits agricoles, notamment des chambres froides positives de 360 mètres cubes d’une capacité de 90 tonnes des légumes, des entrepôts appropriés pour le stockage des produits agricoles du reste périssables et des pompes solaires en vue de pallier au problème de manque d’électricité.

Au terme de la visite du site de Wangu, le directeur pays du Fida a formulé quelques recommandations sur lesquelles il attend voir la coordination nationale de PAPAKIN se concentrer dans ses actions de terrain. Il s’agit du renforcement en capacités des agriculteurs et de la mise en place d’une politique de transport pouvant faciliter l’évacuation des récoltes vers les différents points de vente.

Après Wangu, la délégation a mis le cap sur la ville de Mbanza-Ngungu, plus précisément dans la vallée de Loma.

D’une superficie de 60 hectares, plus 900 maraichers, dont 40 % des femmes travaillent sur cette vallée, encadrés par trois coopératives agricoles. Les cultures de Ciboule, de choux pommés, de tomates en toute saison font la particularité de la vallée de Loma. À cet endroit, le PAPAKIN et son bailleur de fonds envisagent d’améliorer l’outil de travail par l’aménagement des puits améliorés avec un système de pompage solaire, l’installation de trois pépinières modèles et l’irrigation goutte à goutte pour atténuer la pénibilité et intensifier la production.

Le troisième site visité a été le Centre national des fertilisants et intrants des cultures (CENAFIC) ; une structure étatique travaillant avec 25 unions, regroupant 25 à 50 producteurs chacune.

Sa spécialité : Distribuer des fertilisants, des intrants et autres pesticides ainsi que le renforcement en capacités des producteurs par des séminaires de formation.

Là aussi, le directeur pays du FIDA n’a pas manqué à dire. Très impressionné par l’excellent travail qu’abat ce centre avec les maigres ressources mises à sa disposition, il a formulé quelques recommandations, dont la plus urgente consiste à s’engager dans un partenariat avec le PAPAKIN pour, entre autres, développer une filière semencière des pommes de terre, exploiter le maximum de cet entrepôt, prévoir également la ventilation et envisager un moyen de transport pour évacuation et commercialisation des produits. Avant de quitter ce site, le directeur pays du Fida a invité les agriculteurs à utiliser de moins en moins les pesticides – une manière de privilégier une agriculture purement bio.

Le site de Ndembo à Kimpese, dans le territoire de Songololo, a été le quatrième site inspecté par la mission.

D’une superficie de 188 hectares, dont 100 hectares aménageables pour l’irrigation, le site encadre 12 coopératives, 4 champs écoles-paysans (CEP) installés, 1.400 membres, dont 10 % des femmes. Après échanges avec les responsables de ce site, le Fida a levé l’option de construire un barrage en digue qui permettra d’aménager deux canaux d’irrigation afin d’exploiter les 100 hectares de ce bas fond en toute saison. Un entrepôt pour le stockage d’oignon devrait y être également érigé.

C’est par les installations frigorifiques de l’ONG CRAFOD que la mission a bouclé son séjour dans le Kongo central. Sur place, la délégation a pu évaluer la possibilité de réhabiliter la chambre froide positive en panne, qui est censée servir autant à Papakin qu’aux bénéficiaires des activités de cette ONG qui, par ailleurs, se trouve en partenariat avec le Papakin.

Sans doute, après le Kongo central, le directeur pays du Fida devrait, à côté de la coordination nationale du Papakin, conduire une mission similaire dans les provinces environnantes de la ville de Kinshasa. Le plus important, c’est qu’avec l’appui du Fida, Papakin cherche désormais plus de visibilité à son action, en se mettant réellement à la disposition des petits paysans et producteurs agricoles.