Éviter les affrontements

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Depuis le 22 novembre, la campagne électorale pour les scrutins cumulés du 23 décembre a démarré. Les grosses pointures du paysage politique congolais sont à pied d’œuvre. Le sud-est, l’est et l’ouest de la RDC ont été les premiers coins à écouter les promesses de campagne des uns et des autres : gratuité de l’enseignement, lutte contre la corruption, augmentation des salaires des fonctionnaires, éradication de l’insécurité, particulièrement à l’est où sévissent les groupes armés étrangers, réhabilitation et construction des routes et des ponts. Tout y passe. Mais, les promesses de campagne n’ont de valeur que pour ceux qui les écoutent, disait un jour un politicien français. Ce qui pousse tous les candidats à inviter les électeurs à « voter utile ».

La Rédaction

A ce slogan s’ajoutent ceux « d’élections libres, crédibles, transparentes et équitables ». Or, sur le champ de bataille, de nombreux écueils apparaissent. La sécurité des candidats à la présidentielle n’est pas assurée de la même manière. Si le candidat de la Majorité a bénéficié en premier des dizaines de policiers, que d’aucuns présentant comme des militaires habillés en policiers, mais aussi de nombreux véhicules de l’Etat, que l’on qualifient de ses propres protection et biens dont il disposait en tant que ministre de l’Intérieur, alors que la loi interdit à tout candidat d’user des biens de l’Etat, d’autres candidats ont dû verser de larmes pour obtenir la moindre protection.

Sur ce même chapitre d’utilisation de biens et personnel de l’Etat, le candidat de la Majorité est escorté, dans chaque ville où il passe, par des militaires et policiers non commis à sa protection par la loi. Il a la voie ouverte et est reçu par les notables locaux qui, pourtant, ne réservent pas le même traitement aux autres candidats. Ceux de l’opposition.

Mais là où le bat blesse, c’est l’obstruction faite aux candidats de l’opposition dans leur déplacement. Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bembe écartés de la compétition de façon cavalière, Martin Fayulu a eu du mal à faire venir au pays ses aéronefs devant assurer sa mobilité durant la campagne. De Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, d’où ils ont commencé leur campagne, Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi se sont vu refuser l’autorisation de se rendre à Walikale et Masisi, dans cette province, pourtant deux coins chauds où se pratique la fraude de coltan, de cassiterite et de l’or, mais aussi des coins de passage privilégiés d’éléments étrangers susceptibles d’influencer le résultat de vote.

Ce genre d’interdiction des candidats à se déplacer là où ils souhaitent apporter leurs messages, risque de générer un sentiment de discrimination et amener les militants des candidats lésés à se barricader et barrer la route aux candidats qui ne sont pas de leur obédience. Loin d’avoir des élections apaisées voulues par tous, le risque d’élections troubles s’agrandirait et peut conduire aux affrontements si on n’y prend pas garde.

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