L’ONU accusée de manipuler les données humanitaires en faveur du régime de Kinshasa

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Les organisations humanitaires présentes en République démocratique du Congo (RDC) ont accusé l’Organisation des Nations Unies (Onu) de manipuler des données avant les élections du 23 décembre 2018, pour donner une impression trop positive de la situation dans un pays en proie à une crise humanitaire généralisée et conflits armés.

Selon ces organisations, les nouvelles statistiques du Bureau de coordination des Nations Unies aux affaires humanitaires en RDC (OCHA-RDC) qui montrent une forte baisse du nombre de personnes déplacées sont « trompeuses », l’accusant de se plier à la pression du gouvernement congolais avant l’élection présidentielle du 23 décembre 2018. Mais, OCHA dit n’avoir pas manipulé des données, affirmant qu’il était en discussion avec ces organisations sur le sujet.

Le gouvernement congolais a également rejeté cette accusation, affirmant que les agences d’aide humanitaires ont délibérément exagéré les crises pour augmenter leurs financements.

La RDC est un vaste pays qui est frappé sévèrement par l’épidémie d’Ebola et de multiples conflits armés aggravés, non seulement par le refus du président Joseph Kabila de se retirer du pouvoir, à la fin de son mandat en 2016. Mais aussi, par la volonté manifeste du régime de Kinshasa qui multiplie des stratagèmes pour conserver, à tout prix, le pouvoir à l’issue des prochaines élections dont la crédibilité est remise en cause.

L’année dernière, les Nations Unies avaient déclaré qu’au moins 4,5 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays – ont été contraintes de fuir leurs domiciles et sont incapables de rentrer dans leurs milieux d’origine. Mais, dans un communiqué publié le mois dernier, il était estimé que 1,37 million de personnes auraient besoin d’assistance en 2019.

Cela porte également le nombre total de personnes dans le besoin à 12,8 millions, soit une légère diminution par rapport à l’année dernière, bien qu’un système international distinct de suivi de la sécurité alimentaire ait estimé le nombre de personnes souffrant de faim aiguë à 13,1 millions, contre 7,7 millions l’an dernier.

« Les besoins humanitaires globaux ont augmenté en 2018 plutôt que diminué », a déclaré un groupe représentant environ 45 agences humanitaires dans une lettre envoyée à l’ONU dont la presse s’est procuré une copie. « Une telle manipulation cynique de données importantes fausse la réalité de la situation sur le terrain et compromet les efforts des humanitaires et leur capacité de communication sur la gravité de la crise. », a-t-il fait remarqué.

Anglo Congo, correspondant en Australie

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