Tension pré-électorale : la Symocel tire la sonnette d’alarme

Partager
  • 8
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    8
    Partages

275 observateurs de long terme de la Symocel ont été sur le terrain, déployés dans les vingt-cinq provinces et la ville de Kinshasa, pour observer le déroulement des activités de la période pré-électorale, du 22 novembre au 6 décembre 2018.

 

Par Florent N’Lunda N’Silu

« Le processus électoral se déroule dans une atmosphère de tension du fait d’une mise en œuvre incomplète de l’Accord de la Saint-Sylvestre », a alerté le coordonnateur-chef de mission de la Synergie des missions d’observation citoyenne des élections (Symocel), bishop Abraham Djamba, lors d’un point de presse qu’il a tenu hier mardi 11 décembre au Cercle de Kinshasa, à Gombe.

Le coordonnateur de la Symocel présentait ainsi le rapport d’observation de la période pré-électorale, dans son contexte politique, un des éléments collectés par 275 observateurs de long terme qui sont sur le terrain, déployés sur les vingt-cinq provinces et la ville de Kinshasa.

Parlant du cadre juridique, autre élément collecté, il a relevé qu’il a introduit un nouveau concept, le seuil de représentativité. « Il y a aussi le relèvement des amendes aux infractions à la loi électorale », a-t-il ajouté. Avant d’indiquer, en ce qui concerne le seuil de représentativité, qu’il y a quelques inquiétudes qui se font jour parmi les partis politiques.

« La limitation de la liberté d’exercice des manifestations publiques est la principale faiblesse du cadre juridique », a-t-il pointé.

Le bishop Djamba a ensuite relevé, en rapport avec le calendrier électoral, que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) est en train de fournir un effort pour le faire exécuter. « Mais le grand problème, c’est le déficit de consensus entre la Centrale électorale et les partenaires autour des questions majeures comme la machine à voter et le fichier électoral corrompu», a-t-il fait savoir.

Le bishop Djamba a rappelé que la Céni a, lors de l’enregistrement des électeurs, enrôlé 46 542 289 électeurs. Il y a eu 6 254 902 évacués au nombre desquels se trouvent les doublons et les mineurs. Le fichier nettoyé présente aujourd’hui 40 287 387 électeurs validés. « Ce fichier a été validé par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) », a laissé entendre bishop Abraham Djamba qui a constaté de la part de la Céni une faible communication sur les mesures qu’elle a prises.

S’agissant des candidatures des femmes, il a noté que leur représentation est très faible. Il y a une seule femme à la présidentielle, 11,48 % aux législatives et 11,68 % aux provinciales.

« La Mission d’observation de la Symocel a noté un déficit de communication interne au sein de la Céni », a-t-il déclaré. Avant de renchérir que le processus d’accréditation des observateurs « pose problème ».

La Symocel fait aussi de l’observation des médias, un monitoring des médias. Dans ce contexte, elle a observé comment sont reçus les politiques dans les médias publics et privés. Dans les premiers, la Majorité présidentielle profite des institutions publiques et dans les seconds, c’est beaucoup plus l’Opposition qui a un temps important d’antennes.

De manière ramassée, cela a fait dire au bishop Djamba, face à ce constat, que le jour des scrutins « est un jour de fête nationale, un jour historique ». Aussi a-t-il recommandé au gouvernement de sécuriser le territoire national, les personnes et leurs biens pendant la période élective et post-élective.

Pour la Céni, a-t-il poursuivi, elle devra mettre en œuvre les recommandations de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie) et de la Fondation britannique « Westminster Fondation for democracy » en vue de la fiabilisation du fichier électoral et de la machine à voter. Il a aussi insisté pour que la Centrale électorale facilite l’accès aux observateurs électoraux aux bureaux de vote et au moment de la compilation des résultats. Tandis qu’aux partis politiques, il a insisté sur la formation et le déploiement de leurs témoins et le respect du code de bonne conduite.

Le chargé de la communication de la Symocel, Luc Lutala, qui a succédé au coordonnateur de cette structure, a présenté le rapport sur la première quinzaine de la campagne électorale des élections présidentielle, législatives et provinciales en RDC.

Dix provinces font l’objet de cette campagne qui s’est déroulée du 22 novembre au 6 décembre 2018.

Le chargé de communication a relevé des faits saillants de la campagne électorale. A ce sujet, il a déclaré que celle-ci a été marquée par la mobilisation de la population, l’utilisation des ressources de l’Etat par les candidats, la participation des femmes et des jeunes aux manifestations publiques, l’usage des propos haineux, le recours aux intimidations ou au harcèlement pendant les meetings organisés lors de la campagne.

Il s’est par ailleurs dit satisfait que lors de la cérémonie de lancement de la campagne électorale au Palais du peuple, le 21 novembre 2018, la Céni a rappelé les principes relatifs à la campagne électorale, à savoir l’égalité de production entre candidats en ce qui concerne la diffusion de leurs activités, écrits, déclarations ainsi que la publication de leurs programmes dans les médias publics; le principe de la neutralité de l’administration publique pour faire bénéficier à tous les compétiteurs les mêmes droits et avantages et le principe de la légalité et la loyauté des procédés de campagne.

Vingt mille observateurs de court terme seront déployés par la Symocel le 23 décembre 2018, rappelle-t-on.