Avec les morts qui émaillent la campagne électorale, le doute plane sur l’acceptation des résultas

Partager
  • 1
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    1
    Partage

À deux jours de la fin officielle de la campagne électorale, l’heure est presqu’au bilan d’une période marquée par de vives tensions, suivies par endroit de mort d’hommes. L’après 23 décembre paraît imprévisible. D’ores et déjà, certains candidats à la présidentielle, dont Félix Tshisekedi de CACH, ont commencé à préparer l’opinion pour contrecarrer une probable tricherie. Décidément, le doute plane sur l’acceptation des résultats des scrutins du 23 décembre.

Par Le Potentiel

Dernier virage pour les élections du 23 décembre. Plus que quatre jours avant le jour j. La campagne électorale touche déjà à sa fin. Occasion de faire le bilan d’une période qui a révélé de graves frictions qui existent désormais dans la société congolaise. En tout cas, c’est mal parti.

D’un côté, il y a le camp du changement – majorité plurielle– incarné par l’Opposition, et de l’autre, le camp de la continuité qui se reconnait dans le Front commun pour le Congo (FCC), Emmanuel Ramazani Shadary.

À certains endroits de la RDC, la campagne électorale s’est transformée en un choc frontal entre les deux camps, avec mort d’hommes. Sans compter l’incendie de l’entrepôt de la Céni à Kinshasa et l’attaque à Beni d’un autre dépôt de la Centrale électorale.

Si le président de la Céni, Corneille Nangaa, continue à manifester son stoïcisme, dans certains milieux, aussi bien diplomatiques que nationaux, le doute fait bon ménage avec l’inquiétude du lendemain.

Ce vendredi 21 décembre, les trois candidats en lice à la présidentielle bouclent à Kinshasa leur campagne électorale. Par une série de meetings. Il y a là aussi des tensions en l’air.

Déjà 10 morts sur le terrain de campagne

Pour le moment, l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) a dressé un monitoring qui fait état de 10 morts depuis le lancement de la campagne électorale le 22 novembre 2018 sur l’ensemble de la RDC. ACAJ avance aussi un bilan de 152 cas d’atteintes aux droits de l’Homme pendant cette période.

« L’ACAJ a enregistré, à ce jour, 152 cas des violations des droits de l’Homme suivants : 50 d’atteinte à l’intégrité physique, 35 à la liberté de manifestation et réunion publique, 30 à la liberté de mouvement, 27 à la propriété privée et 10 à la vie (morts) dont 3 à Kalemie, 3 à Lubumbashi, 3 à Tshikapa et un à Mbuji-Mayi », indique l’ACAJ dans un communiqué signé par son président, Me Georges Kapiamba.

Au climat tendu de la campagne s’ajoute aussi l’incertitude sur l’acceptation des résultats des prochains scrutins, principalement la présidentielle. En perte de vitesse sur le terrain électoral, le candidat du FCC est au cœur d’une large polémique ; il vient d’essuyer un autre revers à Tshikapa, dans la province du Kasaï.

Dans l’opinion, l’on craint que la Céni, supposée très proche du pouvoir en place, soit amenée à déclarer Ramazani Shadary vainqueur de la présidentielle contre le vrai résultat des urnes. Certains candidats à la présidentielle, comme Félix Tshisekedi de la coalition CACH, ont déjà commencé à préparer l’opinion à la contestation. Bien avant même la proclamation des résultats de la présidentielle, l’Opposition pressent une vaste tricherie dont le candidat FCC serait le grand bénéficiaire.

Face à ses militants, réunis au terrain Biwewe de Matadi, dans le Kongo Central, Félix Tshisekedi leur a demandé de ne pas accepter les résultats qui présenteraient Emmanuel Ramazani Shadary vainqueur. « Le jour de la proclamation des résultats, si le candidat de la continuité (Ndlr : Ramazani Shadary) est déclaré vainqueur, n’acceptez pas ces résultats. Cela voudrait dire qu’ils ont une fois de plus volé les voix du peuple ».

Félix Tshisekedi a également lancé une sévère mise en garde à la Céni. « La Céni, il ne faut même pas oser tromper le peuple. Ce jour-là, nous ne serons pas là pour blaguer. Le 23 décembre, méchant, méchant ». Bien avant lui, c’est Vital Kamerhe, à l’étape de Mbuji-Mayi, qui avait lancé un appel similaire.

S’il est en tout cas établi que les élections vont se tenir le 23 décembre prochain, il est peu probable que les résultats finals fassent l’unanimité dans l’opinion publique. Il suffirait d’une moindre étincelle pour que tout le processus chavire. Autour de l’acceptation des résultats, le doute est bien réel.