Bibliothèque Karibuni, à Gombe : des scientifiques réfléchissent sur la vie postdoctorale

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En plus d’échange d’expérience sur différentes questions en rapport avec la vie postdoctorale, cette rencontre a permis aux jeunes chercheurs et doctorants de trouver certaines réponses aux questions qui surgissent dans leur vie scientifique.

Par Bienvenu Ipan

La soutenance d’une thèse doctorale est considérée, d’un côté, comme l’aboutissement d’un long processus de recherches scientifiques entreprises dans le but d’apporter une réponse à un questionnement scientifique précis ; de l’autre côté, comme le début d’une nouvelle vie professionnelle ou scientifique. Cinq ans après la soutenance de sa thèse doctorale soutenue à l’Université de Deusto, à Bilbao, en Espagne, le professeur Kaimwa Maneno Bruno a décidé de s’arrêter pour évaluer son parcours, sa vie scientifique, afin de prendre un nouvel élan. C’est dans ce contexte qu’il a organisé, le samedi 15 décembre à la Bibliothèque Karibuni, située à Gombe, une journée de réflexion qui a réuni des scientifiques venus de différentes institutions supérieures de Kinshasa.

Au cours de cette rencontre, les intervenants ont tenté de répondre à plusieurs questions, à savoir «Les cinq premières années qui suivent la soutenance d’une thèse doctorale sont-elles décisives pour le reste de la vie scientifique ? Quelles opportunités et difficultés rencontrent habituellement les scientifiques congolais au courant de cinq premières années qui suivent la soutenance de la thèse ? Quelle attitude adoptée dans la vie postdoctorale ?»

Une thèse doctorale n’est pas une fin

Partant de son expérience, le professeur Kaimwa Maneno Bruno de l’INBTP soutient qu’une thèse doctorale n’est pas une fin. Après la soutenance, recommande-t-il, il faut savoir dépasser cette étape et publier des articles et ouvrages, voire travailler dans des centres recherche, participer à des colloques, conférences internationales.

Au départ, il a défendu sa thèse intitulée «L’enjeu de la décentralisation en RDC. Organisation et gestion des entités de base : « secteur » et « chefferie »». Il a ensuite remis en question cette thèse en développant «La théorie de la démocratie concertée en RDC». Docteur en Études internationales et intellectuelles de l’Université de Deusto, à Bilbao, en Espagne, il a aussi menée une recherche sur l’inter culturalité en RDC. Fort de cette expérience, il a prodigué quelques conseils pratiques aux chercheurs : «Quand on veut travailler, on doit, dès le départ, se faire une idée de l’idéologie de son directeur ; il faut chercher un directeur dont l’idéologie se marrie avec la vôtre ; avoir un calendrier de travail ; un sens élevé de responsabilité ; faire un bon choix du directeur ; être attentif quand on prépare son travail doctoral ; …».

Pour sa part, le professeur Mwikilu Antoine de l’INA, s’est penché sur le rôle d’une thèse doctorale en RDC. Il a, en guise de conseil pratique, insisté sur le respect du timing imparti à un doctorant pour finir son travail.

De son côté, le professeur Mamboleo Elie de Maricopa Community College, Phoenix, USA, s’est appesanti sur la définition d’une thèse doctorale. Il a, au cours du débat, indiqué qu’un travail doctoral n’a pas une formule figée mais il y a des programmes à compléter selon les pays pour faire valider son travail. Il a, par ailleurs, fait savoir que les chercheurs indépendants ont eux-aussi le droit de soutenir leurs thèses.