Le temps se gâte

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Le processus électoral vient de connaitre, une fois de plus, l’un des pires moments de son déroulement : un arrêt précoce de la campagne électorale dans la ville de Kinshasa, décidé manu militari par le gouverneur de la ville. Une décision impopulaire et intempestive qui vient gâcher la fête dans la capitale, totalement acquise à l’opposition.

Pourquoi André Kimbuta décide-t-il de priver le peuple d’un droit légalement reconnu ? Le gouverneur de Kinshasa a-t-il reçu des instructions fermes en ce sens ? De qui et de quoi a-t-on peur ?

Bien plus, la raison avancée est trop belle pour être vraie : la campagne électorale est interrompue pour des raisons de sécurité. Soit. Ici, André Kimbuta n’admet-il pas implicitement l’incapacité des agents de la Police nationale congolaise de mieux sécuriser les personnes et leurs biens ? Pourtant, nuits et jours, l’on ne cesse de nous vanter une Police nationale congolaise modèle et professionnelle. Où est donc parti le professionnalisme de la Police si elle se déclare « incapable » de sécuriser ne serait-ce que le retour d’un seul candidat à la présidentielle ? Comment peut-on décider de priver les Congolais d’un droit, simplement parce qu’un candidat ou deux surclassent le candidat du pouvoir ? C’est totalement arbitraire et absurde.

La Police bloque la route au cortège du candidat de Lamuka, Martin Fayulu, à Maluku

Avec ce genre de comportement, le processus électoral, déjà émaillé de beaucoup d’incidents par la volonté du régime, ne peut être apaisé.

Les Congolais doivent être préparés à accepter les résultats des urnes, quel que soit le nom du gagnant. Or, ce que vient de faire Kimbuta est inacceptable, incompréhensible et compromet davantage les chances d’un processus électoral apaisé.

Toutefois, le peuple congolais prend à témoin la communauté internationale. Et, ceux qui décident doivent retenir, une fois pour toutes, que le peuple congolais n’a pas besoin des gouvernants qui dirigent sur base d’humeurs.

Ce qui ferait en sorte que l’alternance au sommet de l’État se fasse sans entraves, étant donné que le peuple congolais mérite mieux. C’est donc maintenant ou jamais.