Elections reportées au 30 décembre : le dépouillement se fera au comptage manuel

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Glissement dans le calendrier électoral. C’est finalement le 30 décembre prochain que les 40 millions d’électeurs enrôlés par la Céni seront appelés aux urnes pour la présidentielle, les législatives nationales et provinciales. Des impératifs techniques, notamment ceux liés à l’incendie de son entrepôt de Kinshasa et au retard dans la livraison des bulletins de vote, justifient ce report.

Devant la presse, son président, Corneille Nangaa, a donné toutes les assurances nécessaires quant au respect de ce nouveau délai. Le plus important est que le 30 décembre prochain, c’est par le comptage manuel que se fera le dépouillement, a indiqué Nangaa. Dans les rangs de Lamuka, coalition qui soutien Martin Fayulu, on applaudit, tout en restant prudent. Pour autant que, depuis 2016, la CENI n’est pas à son premier report.

Il n’y aura plus de scrutins le 23 décembre 2018, comme prévu dans le calendrier électoral rendu public le 5 novembre 2017 par la CENI. Contrairement à toutes les assurances de son président, Corneille Nangaa, la Céni a fini par capituler en se pliant devant des évidences.

Pourtant, après l’incendie de son entrepôt de Kinshasa où plus de 8.000 machines à voter et d’autres kits électoraux sont partis en fumée, Nangaa était confiant de gagner son pari du 23 décembre. Hélas ! Jeudi devant la presse, la réalité du terrain l’a finalement dissuadé.

C’est finalement le 30 dé- cembre 2018, soit une semaine après la date prévue, que la CENI s’est dit prête à convoquer plus de 40 millions d’enrôlés pour l’élection du président de la République, de 500 députés nationaux et 715 députés provinciaux. Ce qui n’était donc que rumeur il y a quelques heures s’est donc avéré vrai.

Devant la presse, réunie au siège de la CENI sur la boulevard du 30 juin, Nangaa a dit avoir consulté préalablement toutes « les parties prenantes » au processus (institutions du pays, représentants de confessions religieuses, les candidats présidents de la République …).

Pourtant, plus rassurant sur la poursuite sans désemparer du processus électoral à la suite de l’incendie de l’entrepôt central de la CENI à Kinshasa, M. Nangaa s’est vite rebiffé, en invoquant des problèmes de logistique consécutifs à cet incendie. Kinshasa ne pouvait donc pas connaitre seul le décalage. C’est l’hypothèse qui a prévalu, explique Corneille Nangaa, à la suite des consultations entreprises avec les institutions de la République, les parties prenantes, les candidats président de la République et la Communauté internationale. Nangaa, qui perçoit lui-même la gravité de sa décision au regard de ses propres assurances antérieures, a appelé le peuple congolais au calme et surtout à « éviter le quiproquo dans la perception de sa communication ».

Entretemps, rien ne change suivant le reste du calendrier électoral. C’est-à-dire, la campagne électorale prend fin bel et bien ce vendredi 21 décembre, a précisé le président de la CENI.

LES RÉSULTATS AU COMPTAGE MANUEL

Certes, toutes les parties au processus ont finalement optées pour le recours à la machine à voter aux scrutins du 30 décembre prochain, mais le plus important, c’est qu’au dépouillement, la CENI a d’ores et déjà rassuré de prendre en compte le comptage manuel. Jeudi, devant la presse, Nangaa a donné toutes les garanties nécessaires quant à ce.

« Aussitôt le vote terminé, les bureaux de vote se transforment en bureaux de dépouillement pour transmettre les résultats aux Centres locaux de compilation des résultats. C’est sur base des résultats consolidés au niveau du Centre national de compilation que la Céni annoncera les premières tendances pour l’élection présidentielle », a indiqué Corneille Nangaa, répondant à une question de la presse.

Quoi qu’il en soit, la coalition LAMUKA peut se féliciter d’avoir réussi à amener la Céni à privilégier le comptage manuel dans le dépouillement des résultats. Ce qui constitue une étape importante pour des élections crédibles et transparentes à la nouvelle échéance du 30 décembre 2018.

Dans un communiqué publié le mercredi 19 décembre, soit la veille de l’annonce du report des élections par la Céni, la coalition Lamuka avait déjà prédit ce scenario. LAMUKA s’était voulu plutôt tranchant, en estimant que « plus de deux ans après l’expiration des délais constitutionnels, aucun report n’est justifiable ». Et de poursuivre en ces termes : « En effet, la CENI et le gouvernement illégitime de Monsieur Kabila ont amplement eu le temps de préparer de bonnes élections, crédibles et apaisées. Ce qu’ils n’ont pas fait. Aussi bien Mr Corneille Naanga que M. Joseph Kabila, ont encore récemment menti publiquement, en affirmant que les élections du 23 décembre 2018 seraient parfaites (…). Pour la Coalition LAMUKA, ils seront tenus entièrement responsables de la manière dont le processus électoral se déroulera ».

Quoi qu’il en soit, la coalition LAMUKA peut se féliciter d’avoir réussi à amener la Céni à privilégier le comptage manuel dans le dépouillement des résultats. Ce qui constitue une étape importante pour des élections crédibles et transparentes à la nouvelle échéance du 30 décembre 2018.

3 thoughts on “Elections reportées au 30 décembre : le dépouillement se fera au comptage manuel

  1. Justement, le « dépouillement manuel » dans ce scrutin n’est pas le fruit des « efforts » de LAMUKA comme le rédacteur veut le faire croire. A aucun moment M. Nangaa n’a changé de discours sur le dépouillement depuis la création de LAMUKA. Cette polémique, sur le dépouillement donc, vient du fait que les formateurs à la CENI auraient parlé de la transmission électronique des résultats (ref émission de la TV5) tandis que M. Nangaa dit que les résultats se baseront sur le dépouillement manuel dans les bureaux de vote. Encore une fois, en cas du chaos, M. Nangaa et son patron (M. Kabila) en porteront l’entière responsabilité! Ca doit être clair là dessus!

  2. Moi je me demande ce qui sera fait pour enquêter sur l’incendie du dépôt de la CENI à Kinshasa.
    Je me demande aussi comment les électeurs votent? Chez moi on regarde le programme bien plus que la personnalité du candidat (même si çà compte).
    Je suis finalement frappé par la verticalité des régimes présidentiels comme en France ou en RDC: le pouvoir est trop loin du peuple.
    Il faudrait procéder à uen réforme et faire élire vos maires et des adjoints au maire au suffrage universel direct: ils pourraient contrôler la police, lutter contre la corruption, veiller à la construction net le maintien des infrastructures publiques etc… enfin s’il y a de l’argent

  3. bien mais ne donnez pas par ippocrisie le mérite à Lamuka car la Céni a toujours dit que le comptage sera manuel.

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