Non à l’état d’urgence

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Le président de la Commission électorale nationale indépendante, Corneille Nangaa, a annoncé, jeudi 20 décembre, le report des scrutins combinés du 23 décembre. Ceux-ci, selon lui, auront leu le 30 décembre 2018, soit dans une semaine de la date initiale.

C’est la troisième fois que ces consultations sont reportées. Ainsi pour certains, l’annonce de jeudi n’était qu’un canular connu d’avance. Car les raisons techniques avancées ne se justifient pas. Aucune image des machines et kits brûlés n’a jamais été montrée. Même pas à la télévision nationale.

On s’explique également mal comment les machines à voter et autres matériels se trouvaient encore, à neuf jours des élections, dans cet entrepôt au lieu d’être dispatchés dans les bureaux de vote comme c’est le cas des bureaux de l’intérieur du pays ? Quant aux bulletins de vote et les procès verbaux, ils devraient venir, non pas de l’Afrique du Sud, mais du pays d’où ces machines ont été fabriquées pour de raison de compatibilité et devaient même être acheminés bien avant les machines.

Ils n’ont donc pas tort, ceux qui pensent que les tergiversations de la Céni, les entraves des campagnes électorales des opposants participent d’une même et seule stratégie : « amener la population à se soulever pour que cela, une fois de plus, soit imputé à l’opposition qui, comme on a coutume de l’accuser, ne veut pas aller aux élections ».

On misait sur l’étincelle allumée par les étudiants de l’Université de Kinshasa (Unikin) et de l’Institut supérieur des techniques appliqués (Ista) qui n’a pas fait long feu. C’était sans compter avec la grande masse de la population qui n’avait d’yeux que sur les préparatifs des scrutins. Il faut donc une autre stratégie pour amener les gens dans la rue. Nul doute qu’un prochain report des élections au-delà du 30 décembre provoquerait l’ire, pas seulement des Kinois, mais aussi de l’ensemble du peuple congolais qui tient au changement du régime.

Mais un tel soulèvement pourrait amener le pouvoir en place à décréter « un état d’urgence », dans l’objectif de mettre fin aux élection et ainsi prolonger le mandat de Joseph Kabila. Un tel scénario est à éviter, car il conduirait au versement inutile de beaucoup de sang des Congolais. Ce qui serait un crime contre l’humanité pour lequel certaines autorités du pays souffrent déjà, avant de se retrouver à la Cour Pénale Internationale, où elles finiront leurs jours. Ce n’est pas souhaitable !