Congo-Brazzaville : Parents et force publique foulent aux pieds les instructions de la ministre de la jeunesse pendant la Noël

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Véritable mondanité, la célébration de la fête de Noël à Brazzaville a été vécue dans une euphorie déplorable, mettant en danger la vie des plus jeunes, sous la conduite aveugle des parents et ce, au vu et au su des forces de l’ordre. 

La nuit du 24 décembre a été consacrée à la participation des centaines de milliers de Brazzavillois à des messes de naissance de Jésus-Christ, où parents et enfants ont assisté dans un esprit, somme toute, de soumission aux principes divins. Seulement, le contraire a été vite observé le 25 décembre dans la soirée. Des bars dancings, night-club et autres lieux de jouissance, impropres et malsains aux jeunes, ont été pris d’assaut par des mineurs accompagnés de leurs parents. Certains ont été servis aux boissons alcoolisés et exhibé des danses extravagantes.

Dans les grandes artères de la capitale, à bord de taxis, les enfants se sont livrés à un véritable rallye, au risque de leur vie. Et ce, à la barbe des agents de force de l’ordre visiblement débordés et laxistes et de ceux du ministère de la jeunesse et de l’éducation civique, eux-mêmes en fête. Et pourtant la veille de la fête, dans un discours solennel, Ermella Doukaga, la jeune ministre de la jeunesse, invitait parents et jeunes au « devoir de responsabilité et à la prudence » car, disait-elle, la fête ne devrait pas être l’occasion de se livrer « à des entreprises répréhensibles comme l’observation des exhibitions obscènes, la consommation abusive des alcools et des drogues, les rixes, le vol, les viols… ». Elle invitait également les enfants à la mesure et les parents à la vigilance.

La ministre de la jeunesse encourageait en outre, dans son message laconique, la force publique « à faire davantage preuve de professionnalisme dans l’encadrement et la protection de la population en cette période particulière, les rassurants de sa présence dans un esprit de respect des droits  et de la dignité de la personne humaine dans l’intransigeance et l’impartialité qu’exige la loi ».Des lois comme celles n° 60 – 18 du 16 janvier 1960 tenant à protéger la moralité de la jeunesse congolaise et n° 04 – 2010 du 14 juin 2010 portant protection de l’enfant en République du Congo. Les dispositions de ces lois et d’autres décrets sont bafouées par les parents, les gérants des lieux de jouissance qui ont été longuement sensibilisés à propos ainsi que les agents de la force publique qui n’ont rien fait du tout.

A toutes les parties prenantes précitées de prendre des mesures qui s’imposent afin d’épargner les jeunes à la fête de nouvel an.

(Edmond Bertier BATEBI, correspondant à Brazzaville)