RDC : la méfiance s’installe à quelques jours d’élections

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Les élections en République démocratique du Congo sont loin d’être transparentes et paisibles. Déjà à quelques jours du scrutin, huit candidats à la présidentielle dont Martin Fayulu accusent la Commission électorale nationale indépendante (Céni) d’organiser des élections chaotiques, en modifiant électroniquement les résultats avant leur publication. Donc, la crédibilité peine de s’installer, car les machines à voter sont au cœur de la contestation électorale.

Le flou savamment entretenu par la Céni sur la transmission électronique des résultats par les machines à voter nourrit toujours la méfiance et la défiance de l’opposition. Les machines à voter sont devenues l’objet de toutes les critiques, du fait qu’elles parlent elles mêmes.

Un récent reportage de TV5 Monde révèle les ambiguïtés autour de la transmission des résultats des élections générales, prévues le 30 décembre prochain et déjà reportées par trois fois. A la fois imprimante de bulletin de vote et outil de comptage, la polémique se concentre sur la transmission électronique des données, alors que le vote électronique est interdit par la loi électorale congolaise.

Il y a quelques mois, le président de la Céni avait soutenu que le seul le comptage manuel ferait foi, toutefois le reportage de TV5 Monde jette le trouble avec l’interview d’un rapporteur adjoint de la Commission qui confirme la transmission électronique des résultats avant que l’entretien ne soit interrompu par un conseil du président de la Céni. A la reprise de l’interview, le rapporteur modifie ses explications et parle de « compilation manuelle des résultats ».

Face à cela, le candidat à la présidentielle pour le compte de la coalition Lamuka, Martin Fayulu, fustige les différentes stratégies montées par la Céni pour organiser une parodie d’élections. « Nous procéderons au dépouillement manuel des bulletins. Puis nous devrons transcrire les résultats comptés manuellement sur des procès verbaux. Ces résultats seront annoncés. Pas ceux des machines », a twitté Martin Fayulu.

Crainte de l’opposition

D’ailleurs, huit candidats à la présidentielle dont Martin Fayulu ont demandé, mardi 25 décembre, aux opérateurs de téléphonie mobile dont Airtel, Vodacom, Africell et Orange de mettre à la disposition du public tous les numéros vendus à la Céni. Ces numéros sont affectés aux puces qui sont incorporées dans les machines à voter pour la transmission des données à la centrale électorale.

Dans une déclaration faite hier à Kinshasa, ces candidats appellent les télécoms à désactiver ces sims « pour se conformer à la loi électorale ». Théodore Ngoy, Marie-José Ifoku,  Martin Fayulu, Jean Mabaya,  Seth Kikuni et Sylvain Masheke étaient présents à la lecture de cette déclaration faite par Théodore Ngoy. Tebabo Soborabo et Jean Maluta étaient représentés. Pour ces candidats, la Céni s’apprête à organiser un vote électronique et les machines à voter ne seront utilisées que pour imprimer les bulletins. « La Céni ainsi que Corneille Nangaa, manifestement déterminés à organiser des élections chaotiques en RDC, porteront toute la responsabilité des conséquences qui découleront de la tenue de telles élections », ont-ils renchéri dans un communiqué.

Quant au coordonnateur du Front Commun pour le Congo (FCC), la plateforme électorale du pouvoir, Néhémie Mwilanya, la nouvelle polémique autour de l’envoi des résultats manuel ou électronique est une diversion de l’opposition qui n’est pas prête à aller au scrutin.

Au demeurant, ce que redoute l’opposition, c’est la possibilité pour les autorités congolaises de modifier électroniquement les résultats avant leur publication.

Hervé Ntumba