RDC : une « nouvelle crise » en gestation après le report du scrutin dans certaines villes

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La RDC risque de s’enliser dans une « nouvelle » crise politique. Cela est dû à l’exclusion des circonscriptions électorales de Beni, Butembo, Beni-ville et Yumbi des élections de dimanche 30 décembre 2018. Toutefois, l’opposition juge ce report injustifiable, en accusant la Céni de monter une stratégie machiavélique en vue d’éterniser l’actuel régime au pouvoir. D’où, la méfiance qui s’est installée à telle enseigne qu’elle engendre déjà une grave crise politique, avant et après les élections.

Les voix se sont levées par les forces vives de la Nation et l’opposition politique de la RDC suite à la décision de la Céni sur le report des élections dans les villes de Beni-ville et Butembo et dans les territoires de Beni et Yumbi pour des « raisons sécuritaires et sanitaires », selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco), l’opposition politique et autres forces vives de la Nation fustigent la « mauvaise foi » de la Céni d’organiser des élections « exclusives et chaotiques » en RDC. Face à ce report, la coalition « Lamuka » entend donner, ce jeudi 27 décembre, sa position officielle sur le report des élections à Yumbi, Butembo et Beni dans une conférence de presse qui était pourtant prévu  la veille. Pierre Lumbi, directeur de campagne de Martin Fayulu, a expliqué ce report par « la gravité » de l’annonce faite par la Céni.

« Le report du vote à Beni, Butembo et Yumbi est injustifiable. Cette nouvelle manœuvre montre que le régime veut s’éterniser pour continuer le pillage ! Naanga et la Céni ont prouvé leur mauvaise foi et leur incompétence. Les Congolais doivent se prendre en main et chasser ce régime », a tweeté Moise Katumbi.

De son côté, Eve Bazaiba considère que « c’est une provocation inacceptable ». « Il est connu que Beni, Butembo et Yumbi sont majoritairement acquis à l’opposition ! Donc ce report, pour le cas de ces villes, est une stratégie machiavélique de la Ceni et de la Kabilie de voler la victoire du peuple. Cela ne passera pas », a-t-elle ajouté.

De son côté, Freddy Matungulu, candidat à la présidentielle, considère que l’exclusion de Beni, Butembo, Yumbi vide l’élection de tout sens et amène le vers l’implosion. Pour cela, « Nous devons gérer ce danger avec sagesse et responsabilité, sans Kabila ! », a-t-il déclaré.

Pendant ce temps, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a réitéré ce mercredi 26 décembre 2018 sa position de participer aux élections présidentielle, législatives nationales et provinciales du 30 décembre même après l’annonce par la Céni de reporter en mars 2019 les scrutins à Beni, Butembo (Nord-Kivu) et Yumbi (Mai-Ndombe).

Paul Tshilumbu, porte-parole du principal parti de l’opposition l’a déclaré à l’issue d’une réunion avec la Céni. « Jusque-là nous irons aux élections. Nous n’allons pas boycotter les élections », a-t-il dit. Pour lui, il revient à la de justifier ce report qui est intervenu à quelque jours du scrutin.

Pour rappel, la Centrale électorale a annoncé mercredi, le report des élections dans les villes de Beni et Butembo et dans les territoires de Beni et Yumbi pour des raisons sécuritaires et sanitaires pour les trois premières circonscriptions et à cause des incidents meurtriers, pillage des entrepôts et installations de son antenne dans la cité de Yumbi pour la dernière circonscription.

Il sied de noter que le candidat Fayulu était le premier à s’exprimer, bien avant que la décision ne soit annoncée. « Je mets en garde la Commission électorale nationale indépendante contre toute tentative d’annuler les élections à Beni ville, Beni territoire et Butembo. Le prétexte d’Ebola est fallacieux car il y a eu bien eu campagne dans ces contrées. C’est une énième stratégie pour détourner la vérité des urnes » s’est exprimé sur son compte tweeter.

Hervé Ntumba