Tout pour énerver

Partager
  • 1
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    1
    Partage

A deux jours des élections présidentielle, législatives et provinciales de 2018, le président de la Commission électorale nationale indépendante, comme un potentat régnant en maître, a pris jeudi une décision grave supprimant plus de 1000 bureaux de vote dans la capitale Kinshasa. Motif avancé, il n’a toujours pas trouvé suffisamment de machines à voter pour ouvrir l’ensemble des bureaux de vote prévus à Kinshasa.

La Rédaction

Pour l’opposition qui dénonce cette décision. Pour l’opposition, il s’agit là d’une nouvelle stratégie erronée pour empêcher ses partisans de voter. Elle s’inscrit dans la ligne de l’incendié volontaire de l’entrepôt de la Céni à Kinshasa, de l’interdiction aux électeurs de Beni, de Butembo et de Yumbi acquis à l’opposition de participer à l’élection présidentielle. On ne petit, du reste, pas s’étonner de la fermeture des bureaux de voté à Kinshasa, capitale de la contestation et du rejet du régime en place, sachant son poids dans ces élections : plus de quatre millions d’électeurs, soit 11 pour cent de l’ensemble du pays.

Mais en réduisant le nombre de bureaux de vote de près de 14 %, soit 1 092 bureaux, pour autant, la Céni a-t-elle résolu tous les problèmes pour organiser ce dimanche 30 décembre des scrutins apaisés ? Des files d’attente passe de 600 à 700 électeurs par bureau de vote. Et donc plus d’heures que prévues. Reste que 100 électeurs de plus par bureau de vote, c’est forcément des files d’attente plus grandes et le risque que certains électeurs ne se découragent et ne rentrent chez eux.

Autre problème : les électeurs sauront-ils où aller voter avec cette réorganisation tardive ? Enfin, si les votants passent de 600 à 700 par bureaux de vote, il faut réimprimer les listes d’électeurs. Autant de nouvelles contraintes que la Céni pourrait brandir, afin de repousser les élections. Jamais en RDC les élections n’ont été autant bousculées que celles de 2018, sous le règne de Corneille Nanga qui fait tout pour énerver et les électeurs, les acteurs politiques et leurs partisans. Faute d’annuler purement et simplement les scrutins. Au profit du maître ?