RDC : un scrutin bourré d’irrégularités !

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Après deux ans de retard et trois reports des élections, près de 39 millions d’électeurs étaient invités dimanche 30 décembre 2018, notamment en vue de désigner un successeur à Joseph Kabila, qui ne s’est pas représente. Toutefois, beaucoup de dysfonctionnements sont rapportés dans certaines parties du pays lors du déroulement du scrutin.

Près de 39 millions d’électeurs étaient invités à se prononcer en RDC dimanche 30 décembre, une journée d’élections provinciales, législatives et présidentielle, pour désigner le successeur de Joseph Kabila. Les électeurs étaient nombreux à se mobiliser pour ces élections, qui ont été reportées à trois reprises et qui ont finalement été émaillées d’incidents.

L’ouverture des bureaux de vote a été fixée à 6 heures, mais beaucoup de bureaux n’ont pas réussi à ouvrir à l’heure ; de nombreux dysfonctionnements ont été signalés à travers tout le pays, entrainant des retards et la plupart des bureaux de vote ont fermé à 17 heures, mais dans certains endroits, les opérations de vote ont été prolongées suite à des retards, comme promis par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), pour que toutes les personnes inscrites puissent voter.

En outre, les retards n’ont pas été les seuls problèmes observés. Parfois, les bureaux de vote ont fermé alors qu’il restait des électeurs dans la file d’attente. Ou dans plusieurs bureaux, les électeurs ont eu des difficultés à trouver leur nom sur les listes. Autre problème : les observateurs dépêchés par l’Église catholique ont relevé plus de 500 dysfonctionnements des machines utilisées pour le vote.

Des incidents ont également été recensés par les témoins, c’est-à-dire les représentants des partis censés surveiller les opérations. Certains disent qu’ils n’ont pas pu accéder aux bureaux, c’est le cas à Goma par exemple, dans l’Est. Un peu plus au Nord, à Bunia, des témoins disent qu’ils n’ont pas pu assister au dépouillement des bulletins.

Il sied de noter que les noms qui revenaient le plus sont ceux du candidat de la majorité, Emmanuel Ramazani Shadary, et des deux opposants Félix Tshisekedi et Martin Fayulu.

Satisfaction de la Céni

Le président de la Céni, Corneille Nangaa, a exprimé sa satisfaction après une journée de vote historique en RDC. Pour lui, la grande majorité des bureaux ont ouvert à l’heure malgré quelques problèmes qui ont tous trouvés rapidement réponse. Le président de la Céni rapporte qu’il n’y a aucun mort à Kinshasa, il n’y a pas de chaos. « Les gens ont voté massivement, tout le monde a manipulé la machine à voter facilement. 97,3% des bureaux de vote ont réellement ouvert à temps », a-t-il dit.

Mais la RFI renseigne que dans l’est du pays, les élections ont été émaillées des scènes de violences au Sud-Kivu. À Walungu, un policier a tiré sur les électeurs qui protestaient contre la présence du chef du bureau de vote, qui imposait à tout électeur de voter pour le candidat Ramazani Shadary, du FCC, parti au pouvoir. En colère, les électeurs se sont jetés sur le policier et l’ont à leur tour. Aussitôt, ce bureau de vote a été fermé.  Et Corneille Nangaa a donné une autre version de fait sur la mort de deux personnes dans un centre de vote dans le territoire de Walungu.

Hervé Ntumba