Congo-Brazzaville : « Face aux délits économiques, quels qu’ils soient, il n’y aura ni menus fretins, ni gros poissons », dixit le président Denis Sassou Nguesso

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Dans son message sur l’état de la nation devant le parlement réuni en congrès le 29 décembre dernier, le président de la République Denis Sassou Nguesso a réitéré sa volonté de lutter contre les antivaleurs. Il a également fait le point de la vie socio-économique et politique du pays sur les douze mois écoulés, tout en projetant l’avenir.

« Je mesure l’impatience du peuple qui attend que des têtes tombent, comme si la présomption d’innocence n’était qu’un écran de fumée induit par notre seul système judiciaire.

Je comprends l’inquiétude du peuple devant l’exigence de transparence et d’objectivité.

Je rassure qu’il n’y aura ni boucliers de protection pour les uns, ni rampes de sanction pour les autres

Face aux délits économiques, quels qu’ils soient, il n’y a ni menus fretins, ni gros poissons. Tout passera dans la nasse du droit et de la justice. Seule prévaudra la loi.

Qu’il plaise aussi de rappeler qu’il s’agit d’un processus souvent contradictoire, capable de déboucher sur des privations de liberté ou des dessaisissements divers », a déclaré sans détours le président congolais Denis Sassou Nguesso face aux députés et sénateurs venus écouter.

Le chef de l’Etat s’appuie sur la mise en place d’une armada d’institutions judiciaires susceptibles de dissuader et réprimer les fraudeurs et autres auteurs d’actes inciviques. Il s’agit du renouvellement de la Cour constitutionnelle et de la Commission nationale des droits de l’homme « pour plus de dynamisme dans l’exécution de leurs missions » et la Haute cour de justice dont les membres viennent de prendre leurs fonctions.

Denis Sassou Nguesso a rappelé le rôle de cette juridiction, chargée de la répression des délits commis par les dirigeants et les hauts  dignitaires de la République.  

Le premier magistrat congolais a terminé le volet institutions judiciaires par la Haute autorité de lutte contre la corruption en cours de création. « Désormais, à tous les échelons de l’Etat, chaque acteur est exposé à la rigueur de la loi », a-t-il dit.

A côté de ses juridictions, le président de la République s’est félicité de la mise en place de toutes les institutions prévues par la Constitution du 25 octobre 2015, à savoir : le Conseil national du dialogue ; le Conseil consultatif des sages et des notabilités traditionnelles ; le Conseil consultatif de la société civile et des organisations non gouvernementales ; le Conseil consultatif des personnes vivant avec  handicap ; le Conseil consultatif de la Jeunesse ; le Conseil consultatif des Femmes.

Sur le plan politique, en dehors de la désignation du chef de file de l’opposition en la personne de Pascal Tsaty Mabiala, Sassou Nguesso soutient avec force que l’expression démocratique se déploie en toute liberté et souligne-t-il, « nul n’y est inquiété et ne le sera pour ses opinions ».   

Il s’est également félicité des fruits de l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités du 23 décembre 2017 à Kinkala, grâce auquel les populations regagnent progressivement leurs villages dans le département du Pool et qui a permis  le ramassage de plus de 8.000 armes et munitions de guerre. Reste à ce sujet, la réintégration des ex-combattants.

Sassou Nguesso ne pouvait pas passer sous silence les mains les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) dont il apprécie la bonne tenue. Il a également abordé la reprise du trafic sur le Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) après deux ans d’interruption. La gestion forestière, le traitement progressif des érosions, l’industrialisation en marche avec aujourd’hui 5 cimenteries fonctionnelles au Congo ramenant le prix du sac de ciment à 3000 FCA au lieu de 12.000 il y a dix ans. Il a en outre abordé la poursuite de l’électrification des communautés rurales.

Sur le volet social, Sassou Nguesso a salué les bienfaits du projet Lisungui qui va se poursuivre en 2019 ainsi que la mise en œuvre, « même par pallier », du régime de l’Assurance maladie.

Plusieurs autres volets ont été épinglés par le chef de l’Etat dont le versement des salaires des fonctionnaires qui n’a connu aucune entrave en 2018 et la modernisation de l’école avec à la clé, l’ouverture de l’université Sassou Nguesso de Kintelé en 2019.

Même si la plus part des secteurs ont été abordés par le chef de l’Etat, néanmoins des non-dits ont été observés dans son speech qui a duré près de 50 minutes. On peut citer entre autres, les difficultés de paiements des bourses des étudiants, des pensions des retraités et des travailleurs évoluant dans des établissements à budget de transfert tels que les mairies, l’université et le Centre hospitalier et universitaire (CHU).

Edmond Bertier BATEBI (Correspondant à Brazzaville)