Jeudi 24 janvier : Félix Tshisekedi, le grand jour

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Après la confirmation de sa victoire par la Cour Constitutionnelle comme nouveau président élu à l’issue des scrutins du 30 décembre 2018, Félix Tshisekedi prête serment ce jeudi 24 janvier 2019 devant la même Cour. Il deviendra ainsi le 5ème président de la RDC. C’est le grand jour pour celui qui fût il y a encore quelques jours le président de l’Udps. Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi rentre dans une nouvelle dimension. C’est toute la RDC et le monde entier qui ont les yeux rivés sur lui pour faire oublier les 18 ans de l’ère Kabila.

Par Le Potentiel

L’alternance démocratique tant attendue est enfin là. Président élu de la République démocratique du Congo, c’est ce jeudi 24 janvier que Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo prête serment devant la Cour constitutionnelle. Contrairement au programme annoncé antérieurement, c’est au Palais de la nation qu’aura lieu la cérémonie de prestation de serment et de passation de pouvoir entre Joseph Kabila, président sortant, et Félix Tshisekedi, président élu de la RDC, au terme la présidentielle du 30 décembre 2018. Le moment est solennel.

En effet, après Joseph Kasa-Vubu, Mobutu Sese Seko, Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila, c’est Félix Tshisekedi qui endosse dès ce jeudi l’étoffe du 5ème président de la RDC. Pour celui qui se prépare à prendre le flambeau de la RDC, c’est l’heure de la consécration. Une passation de pouvoir qui devrait se passer sans heurts. Ce qui était encore invraisemblable il y a quelques jours. En effet, tous les analystes prédisaient une hécatombe au terme des élections du 30 décembre 2018. Contre toute attente, tout s’est passé dans la sérénité.

Proclamé vainqueur de la présidentielle du 30 décembre 2018 par la Céni, Félix Tshisekedi a été finalement confirmé président élu par un arrêt irrévocable de la Cour constitutionnelle.

A première vue, Félix Tshisekedi devrait établir ses bureaux au Palais de la nation où Joseph Kabila, son prédécesseur, avait mis ses pénates depuis sa prise des fonctions en 2001. Quant à sa résidence officielle, il n’est pas évident que le nouveau président remplace le chef de l’Etat sortant dans sa résidence de GLM de la commune de la Gombe, étant entendu que cette résidence ferait partie du patrimoine privé de Joseph Kabila. Des sources rapportent que le nouveau président de la République pourrait éventuellement loger dans l’actuelle résidence officielle du Premier ministre dans la commune de Kintambo. Occupé auparavant par le Premier ministre Bruno Tshibala, ce dernier l’a laissé vacant bien avant les élections du 30 décembre 2018.

Quant à la cérémonie de ce jeudi, le protocole d’Etat n’a annoncé aucun discours du chef de l’Etat sortant. Seul le président élu devrait faire une allocution, juste après sa prestation de serment. On attend voir Félix Tshisekedi annoncer des mesures phares de son mandat, comme l’augmentation des salaires des militaires, policiers et fonctionnaires de l’Etat ainsi que la grâce présidentielle en faveur de certains détenus politiques et d’autres condamnés à l’exil forcé.

 

La montagne de défis

L’on reconnait cependant que Félix Tshisekedi doit faire face à plusieurs défis. Dans un premier temps, il doit s’entourer d’une majorité parlementaire confortable pour ne pas gêner la mise en œuvre de son programme. Sur ce registre, le nouveau président de la République pourrait être contraint à collaborer avec le Front commun pour le Congo (FCC) qui jouit, sur papier – en attendant les avis de l’informateur – d’une forte majorité dans la nouvelle Assemblée nationale. La stature du prochain Premier sera déterminante. Ça sera le premier test pour Félix Tshisekedi.

Se laissera-t-il guider par le FCC ou bien tentera-t-il un coup de force politique en essayant de recomposer la majorité à l’Assemblée nationale ? Des questions auxquelles le nouveau président de la République devra répondre dès sa prise des fonctions.

Au-delà du choix du prochain Premier ministre, Félix Tshisekedi a également un rendez-vous avec sa base, c’est-à-dire ces militants indéfectibles de son parti, l’Udps, communément appelés « combattants ». On se rappelle que, c’est en se soumettant à cette base, que Félix Tshisekedi a dû se détourner en novembre 2018, de l’accord signé à Genève avec une frange de l’opposition. Sous pression de sa base, Félix Tshisekedi a été contraint de retirer sa signature, ouvrant la voie à la création de CACH, la coalition qui l’a amené au pouvoir. Cette base de l’Udps, très exigeante, ne l’attend qu’au tournant. Le nouveau président de la République a le devoir de la rassurer dès le départ pour ne pas créer de fortes tensions au sein du parti.

 

Le jour de gloire

Dans tous les cas, dès ce jeudi 24 janvier, Félix Tshisekedi prendra une autre dimension. Il n’est plus président de l’Udps, mais plutôt président de la République démocratique du Congo. Les « combattants » de l’Udps devraient aussi s’y habituer. Mais, convaincre les militants de l’Udps en les amenant à prendre en compte la nouvelle dimension de Félix Tshisekedi ne sera pas chose facile. On doit inévitablement s’attendre à des frictions à Limete, quartier général de l’Udps. C’est dire que les jours à venir pourraient être agités au sein de l’Udps.

Quoi qu’il en soit, Félix Tshisekedi a pris une autre dimension. Il succède à Joseph Kabila, garantissant l’alternance démocratique en RDC. C’est un rêve qui devient enfin une réalité. Et pour le nouveau président de la République, le 24 janvier restera un grand jour pour lui. Joseph Kabila a eu le sien, le 26 janvier 2001, jour de prestation de son premier serment en tant que président de la République, Félix Tshisekedi en a aussi un, le 24 janvier 2019.