La Licoco exhorte les décideurs congolais à s’impliquer dans la lutte contre la corruption

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La lutte contre la corruption figure parmi les priorités des nouvelles autorités de la République démocratique du Congo. Avec la publication de l’Indice de perception de la corruption (IPC) par Transparency international (TI), la Ligue congolaise de lutte contre la corruption pense que l’Etat doit s’activer pour lutter efficacement contre la corruption.

 Par Olivier Kaforo

Dans un communiqué rendu public le 28 janvier à Kinshasa en marge de la publication de l’Indice de perception de la corruption (IPC), la Ligue congolaise de lutte contre la corruption (Licoco) s’indigne des proportions inquiétantes que ne cesse de prendre la corruption en République démocratique du Congo (RDC). Pour cette organisation de la Société civile, agir contre la corruption en RDC est synonyme de briser le cycle d’apathie du régime Kabila.

Transparency International (TI) vient de publier, ce 29 janvier, son rapport sur l’Indice de perception de la Corruption (IPC) pour l’année 2018. En scrutant le rapport de TI, il s’observe que « la plupart des pays en Afrique Subsaharienne ont régressé avec un score global de 32% ». Ce qui impacte énormément les efforts des Etats africains dans la promotion de la démocratie sur le continent.

Quant à la République démocratique du Congo, elle obtient un score de 21%, se classant ainsi au 161ème rang sur les 180 pays que prend en compte le rapport de Transparency international. Ce qui veut dire en d’autres termes, selon le communiqué signé par le secrétaire exécutif de la Licoco, Ernest Mpararo, que « la RDC figure parmi les 20 pays les plus corrompus de la planète ».

« Le score obtenu (21%) par la RDC reflète réellement le niveau de la corruption dans le pays. Le niveau de corruption en RDC a poussé les électeurs à voter contre le régime Kabila dont on accusait de n’avoir pas fourni beaucoup d’efforts pour éradiquer les pratiques de corruption dans le pays », indique le communiqué.

Selon l’analyse faite par la Licoco sur le rapport de l’Indice de perception de la corruption publié par Transparency international, il se révèle également que « la corruption se pratique plus dans les pays autocratiques que dans les pays démocratiques ».

Démocratie en danger

Sur les vingt pays les plus corrompus en Afrique Subsaharienne, l’on retrouve des Etats autocratiques dont le Tchad, le Congo Brazzaville, l’Angola, le Burundi et autres. Ceci permet d’affirmer que les pratiques de la corruption impactent négativement le processus démocratique dans plusieurs pays africains et plus particulièrement les pays dont les valeurs démocratiques sont faibles.

« En analysant le processus démocratique de la RDC, plusieurs cas de corruption ont été dénoncés par plusieurs candidats, donnant ainsi raison aux analystes qui font un lien entre le processus démocratique d’un pays et le niveau de corruption qui s’y déroule », indique la Licoco.

En outre, la Ligue congolaise de lutte contre la corruption estime que les nouvelles autorités élues aux termes des élections du 30 décembre 2018 doivent prendre au sérieux les résultats du rapport d’Indice de perception de la corruption et fournir beaucoup d’efforts pour renverser la tendance.

« Le combat contre la corruption devra être une priorité du nouveau chef de l’Etat de la RDC, car elle prive les citoyens l’accès aux services sociaux de base de qualité, accentue la pauvreté, mine le processus démocratique et favorise les conflits. D’où, la riposte doit être à la proportion de la corruption endémique qui sévit en RDC », indique le communiqué.

La Licoco rappelle à travers son communiqué, que lors de son discours d’investiture, le président de la République a réitéré sa promesse de campagne aux Congolais, affirmant qu’il allait lutter efficacement contre la corruption et les antivaleurs, notamment l’impunité, la mauvaise gouvernance, le tribalisme etc.

Avec le score obtenu par la RDC dans le rapport de l’Indice de perception de la corruption, la Licoco pense qu’il est urgent pour le chef de l’Etat de mettre en application son engagement de campagne.

Le président de la République avait promis de mobiliser plus de 80 milliard des dollars US du budget pour financer son programme quinquennal. La LICOCO estime que cette promesse ne peut être tenue qu’à la seule condition de mettre en place des profondes réformes systémiques de lutte contre la corruption RDC.

Au procureur général près la Cour de Cassation, la Licoco lui demande d’ouvrir un dossier judiciaire sur des informations publiées par les médias nationaux et étrangers sur les députés provinciaux qui exigeraient des sommes d’argent aux candidats sénateurs en échange avec leurs voix en tant qu’électeurs. Cette organisation estime que « de telles pratiques de monnayage des voix doivent être sanctionnées fermement pour moraliser la vie politique en RDC ».