Et si Kabila avait piégé Tshisekedi…

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Joseph Kabila est certes parti, mais il a laissé à son successeur, le président Félix Tshisekedi, une liste de nominations signées entre les 26 et 27 décembre 2018. Ces élévations qui touchent à la fois l’administration publique et le portefeuille de l’Etat passent pour une patate chaude que Félix Tshisekedi devra gérer avec parcimonie pour ne pas tomber dans le piège que lui aurait tendu Joseph Kabila, quelques jours avant son départ du Palais de la Nation.

Par Le Potentiel

L’ère Joseph Kabila est définitivement tournée. Depuis le 24 janvier 2019, les rênes de la République démocratique du Congo ont été confiées à Félix Tshisekedi pour les cinq prochaines années.

Mais, avant de quitter le Palais de la Nation, Joseph Kabila a pris, par ordonnance présidentielle, le soin de sécuriser ses collaborateurs. Certains d’entre eux ont été élevés au rang d’ambassadeur, d’autres promus dans l’administration publique. Le portefeuille de l’Etat n’a pas été épargné. Il s’agit, entre autres, du Centre national d’expertise, d’évaluation, et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC) et de la toute nouvelle Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP). Les nominations concernent le Conseil d’administration et la direction générale de ces entreprises.

D’aucuns relèvent que toutes ces ordonnances présidentielles ont été signées le même jour, soit le 27 décembre 2018, à trois jours des élections du 30 décembre 2018. A la même date, Joseph Kabila a également signé l’ordonnance portant nomination des hauts fonctionnaires de l’Administration publique.

Autrement dit, le 27 décembre 2018 a été la date choisie par le chef de l’Etat pour liquider toutes les affaires en suspens. Malheureusement, le moment choisi n’était pas approprié. Parce que, trois jours après la signature de ces ordonnances – presqu’en mode urgence -, le peuple était appelé aux urnes pour élire un nouveau président de la République. Le 9 janvier 2019, la Céni proclamait enfin Félix Tshisekedi Tshilombo, président de la RDC, avant que ce dernier ne prenne l’effectivité du pouvoir le 24 janvier 2019.

Au regard de cette succession des faits, l’on se pose bien des questions. Quelle a été donc cette urgence qui a poussé le chef de l’Etat sortant à signer toutes ces ordonnances présidentielles ? Quelles en étaient finalement les motivations profondes ? A ces questions, on se perd en conjectures.

A première vue, on peut déduire que Joseph Kabila a voulu sécuriser ses collaborateurs, au moment sonnait déjà le glas de son régime. Il a cependant péché par le contexte et le moment choisis. Apparemment, le scénario n’a pas été bien écrit. Tout comme, le timing choisi, pour rendre enfin publiques toutes ces ordonnances, n’a pas non plus été bien calibré. C’est en réalité après la prise de fonctions de Félix Tshisekedi que ces textes ont enfin été balancés sur la place publique.

Dans l’opinion, il semblerait que toutes ces ordonnances ont été antidatées pour leur donner un semblant de légalité. D’autres, plus sceptiques, soutiennent mordicus qu’en agissant ainsi Joseph Kabila a voulu simplement tendre un piège à son successeur. Pour quelle fin ? Nul ne le sait pour l’instant.

 

Un couteau à double tranchant

A la présidence de la République, le dossier est pris au sérieux, rapporte-t-on. Si aucune décision de grande envergure n’a pas été prise, le cabinet du chef de l’Etat prend cependant la mesure de l’urgence à agir pour remettre les pendules à l’heure.

D’ores et déjà, pour le cas de nomination des membres du Conseil d’administration et de la direction générale du CEEC, le ministre des Mines a, par une correspondance datée du 30 janvier 2019 et adressée aux intéressés, décidé de la « surséance de l’exécution » de nomination. Le ministre des Mines a dit se plier à une « instruction de la haute hiérarchie ». C’est tout dire.

Est-ce à dire que d’autres ordonnances signées dans les mêmes conditions par le président Kabila pourraient subir le sort réservé aux nominations au CEEC ? Difficile à dire. Pour l’instant, la présidence a néanmoins levé l’option de ne pas communiquer sur le dossier.

Mais, des sources internes de la présidence renseignent qu’on y travaille déjà pour une option définitive qui pourrait vaciller entre la suspension de ces ordonnances ou leur annulation pure et simple.

Le dossier est délicat. Au-delà d’une affaire relevant de l’administration normale de l’Etat, il y a autant d’enjeux politiques cachés. Le président Félix Tshisekedi en est bien conscient, clame-t-on dans son entourage. Il est face à un dilemme, se dit-on dans les allées de la présidence de la République.

« En réalité, le chef de l’Etat est entre deux feux. Annuler toutes ces ordonnances ferait tache d’huile et risquerait de froisser celui qui les a signées, à savoir Joseph Kabila. Le moment n’est pas propice. La décision pourrait soulever des interprétations en sens divers. Tout comme confirmer ces ordonnances constituerait une fâcheuse jurisprudence qui pourrait tout aussi ternir son mandat. Il ne faut pas oublier que dans l’administration publique, la nomination des hauts fonctionnaires, en violation de la procédure requise, fait grand bruit. Je pense que ce n’est pas un dossier facile à gérer pour le chef de l’Etat », a fait observer un observateur de la scène politique congolaise.

Pour sa part, Georges Kapiamba, président d’ACAJ, n’y est pas allé de main morte. Concernant les nominations en cascade enregistrées à l’Administration publique, Me Kapiamba est favorable à leur annulation pure et simple.

« Nous avons analysé ces nominations. Nous nous sommes rendu compte que la plupart d’entre elles sont totalement fantaisistes. Et vous allez lire, il n’y a même pas de motivation. Puis, elles ont été réalisées de manière précipitée la veille de l’organisation de trois scrutins. Et aujourd’hui, elles font aussi l’objet de contestations sérieuses de la part même des corporations syndicales de l’Administration publique parce qu’elles n’ont pas respecté les procédures administratives. Il n’y a pas eu ouverture des concours. Ce sont des nominations pour la plupart d’entre elles sur des critères de copinage. Et cela doit être annulé », a-t-il dit, suivant des propos rapportés par RFI.

Il faut dire que le président Félix Tshisekedi a également pris la mesure de la complexité de ce dossier. Pour preuve, juste après la cérémonie de remise et reprise avec Joseph Kabila, la première décision de Vital Kamerhe, nommé quelques heures auparavant directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, a directement visé les membres du gouvernement, des dirigeants des entreprises, établissements et services publics.

Par cette décision, il leur était interdit de procéder aux « recrutements et mises en place du personnel ». Par la même décision, Vital Kamerhe suspendait aussi « des engagements et liquidations des dépenses publiques autres que celles liées aux charges du personnel ».

Des mesures conservatoires qui cachent bien des choses. Car, derrière toutes ces ordonnances du 27 décembre 2018, il y a un piège tendu au président Félix Tshisekedi.

 

3 thoughts on “Et si Kabila avait piégé Tshisekedi…

  1. Arrêtez des vous apprendre a Joseph KABILA, ce qu’il a fait sa dérange les vieux présidents des pays africain, qui n’est veulent pas quittez entre autres Le SASSOU ET LE KAGAME « Biso toza RDC ELEKO YA MAKASI » bozelaki nini guerre! bosuki, vous avez vu comma KABILA vous a enseigner la politique?

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