Après l’incendie de Kinsuka, l’Hôtel de ville mis en cause

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Depuis quelques années, on constate la prolifération des stations-services en RDC. Surtout dans la capitale congolaise. Leur proximité avec les écoles et les habitations expose la population à un danger. Pour preuve, la station-service Okapi qui a pris feu au croisement des avenues de l’École et CPA dans la commune de Ngaliema, à quelques encablures de l’ex-Briqueterie de Kinshasa (Brikin). Un laisser-aller, mieux un désordre organisé, est constaté dans les autorisations octroyées aux personnes physiques et morales exploitant les stations-services. À Kinshasa, l’Hôtel de ville est pointé d’un doigt accusateur.

Qu’en est-il du respect de l’environnement, du souci d’assurer la sécurité du public et de protéger le petit commerce ? En effet, une autorisation préalable d’exploitation est obligatoire, quelle que soit la surface de vente de la station (création ou extension), lorsqu’elle est annexée à un magasin de commerce de détail ou à un ensemble commercial de plus de 300 m² de surface de vente totale.

Des contraintes techniques

Une série de distances minimales sont à respecter entre la paroi des pompes et leur environnement. Les réservoirs doivent répondre à des normes strictes (canalisations comprises), de même que l’installation électrique et les moyens de lutte contre l’incendie prescrits. L’aire de distribution doit être étanche et permettre le drainage, la collecte et le traitement à part des hydrocarbures répandus. Des produits fixant ou absorbant et une pelle doivent être visibles et à disposition pour les neutraliser.

Les pompes doivent être ancrées et perchées sur un îlot ou au moins être protégées contre les heurts des véhicules par un butoir de roues. Sur chacune d’elles doivent figurer les pictogrammes et consignes de sécurité : ‘‘ne pas fumer’’, ‘‘arrêter le moteur’’. les distances minimales d’éloignement des appareils de distribution avec les autres magasins et les habitations sont doublées ; les dispositifs d’extinction d’incendie doivent être automatiques et doublés d’une commande manuelle située en dehors de l’aire de distribution, à proximité du dispositif de coupure générale d’électricité. C’est dire que les stations-services sont construites conformément à la réglementation en la matière.

Un bâtiment en diagonale de la station service prend feu

Pour revenir à l’incendie de la station Okapi, si on n’a pas déploré la perte en vies humaines, les dégâts matériels ont été importants, avec notamment une maison à un étage où tout a été calciné. Cette station et la parcelle contiguë ont un mur mitoyen qui les sépare. Heureusement que le feu n’a pas atteint l’habitation voisine mais une autre située à quelque trente mètres en diagonale avec la station.

Un court-circuit électrique au niveau du camion-citerne de l’entreprise Sep-Congo, venu ravitailler la station-service,  serait à la base de cet incendie. Lorsque le conducteur du véhicule a constaté le camion en feu, il a cherché à éloigner le véhicule de la station. Les flammes et la fumée ayant envahi la cabine, il ne pouvait aller plus loin. Il s’est résolu d’abandonner le véhicule pour sauver sa peau. D’ailleurs, il s’en est sorti avec des brûlures sur les bras.

Lorsque la citerne a explosé, les flammes ont commencé par lécher les tôles du bâtiment à un étage en face abritant des maisons de commerce et une habitation, avant de consumer celles-ci et leurs contenus.

Il y a lieu de rappeler que si l’Hôtel de ville est mis en cause, c’est parce qu’il délivre des autorisations d’installer des stations-services sans respect des normes requises. La station construite sur Saïo dans la commune de Kasa-Vubu, autorisée par l’autorité urbaine, avait d’abord été détruite sur décision de Matata Ponyo, alors Premier ministre.