Félix Tshisekedi fait ses premiers pas dans la sous-région

Partager
  • 1
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    1
    Partage

C’est par l’Angola que le chef de l’Etat Félix Tshisekedi a entamé sa première sortie officielle de la RDC.  Le choix de Luanda est dicté par des impératifs à la fois politiques, économiques et sécuritaires. « Nous souhaitons collaborer dans tous les projets et domaines », a indiqué Félix Tshisekedi, dans la conférence de presse qu’il a co-animée avec son homologue angolais, João Lourenço. Nairobi est la deuxième étape de sa tournée, à l’invitation du président kenyan Uhuru Kenyatta.  Félix Tshisekedi boucle, jeudi, sa tournée dans la région par Brazzaville.

Par Le Potentiel

Première sortie officielle hors des frontières de la République démocratique du Congo, hier mardi, du chef de l’Etat Félix Tshisekedi. C’est par Luanda, capitale de l’Angola, que Félix Tshisekedi fait ses premiers pas de chef de l’Etat dans la région. Un choix judicieux motivé par plusieurs raisons, aussi bien politiques, économiques que sécuritaires.

En effet, l’Angola, première puissance économique et militaire de la région, partage plus de 2.000 kilomètres de frontières avec la RDC. Pour Félix Tshisekedi, il y avait donc une bonne raison de commencer par Luanda, avant de s’étendre dans d’autres pays. Un autre élément non négociable est cette ressemblance avec son homologue Joao Lourenço, arrivé au pouvoir au terme d’une alternance démocratique négociée  avec son prédécesseur, José Eduardo Dos Santos. C’est dire qu’en Angola, Félix Tshisekedi est allé également s’enquérir de l’expérience de son homologue à ses débuts de présidence, après le long règne de Dos Santos.

Alors que la RDC continue à faire face à une vague de Congolais refoulés d’Angola, le président Félix Tshisekedi a préféré jouer la carte de l’apaisement. Il a reconnu, lors d’une conférence de presse conjointe avec le président João Lourenço, la légitimité du combat pour la protection de sa richesse engagé par l’Angola face à l’exploitation des étrangers en situation irrégulière. Toutefois, le président congolais a souhaité « davantage de collaboration avec le service des migrations et des étrangers (EMS) de l’Angola afin que les expulsions se déroulent au diapason des autorités de la RDC ».

Si le président Félix Tshisekedi n’a passé que quelques heures à Luanda, avant de continuer sa route sur Nairobi, au Kenya, il a annoncé pour le premier trimestre de cette année la tenue à Kinshasa de la prochaine session de la Commission mixte Angola-RDC. Initialement prévue en février 2018, la réunion de la commission mixte entre les deux pays n’a pas pu se tenir, compte tenu de la tension pré-électorale qui avait prévalu en RDC.

La main tendue de Félix Tshisekedi

« Le soutien de l’État angolais est fondamental pour la stabilité de la RDC », a laissé entendre le président Félix Tshisekedi, repris par Angop, agence de presse officielle d’Angola.

A Luanda, le chef de l’Etat a par ailleurs exprimé le souhait de collaborer pleinement avec l’Angola dans un partenariat mutuellement avantageux. « Nous souhaitons collaborer dans tous les projets et domaines », a déclaré Félix Tshisekedi.

La page de l’élection présidentielle étant définitivement tournée, « personne n’ayant prouvé le contraire », selon lui, des résultats publiés par la Céni et validés par la Cour  Constitutionnelle, Félix Tshisekedi a une fois de plus lancé un appel à l’unité des Congolais. Il s’est dès lors engagé, tout au long de son mandat, « dassurer le processus de réconciliation nationale, de lutter contre le tribalisme et de promouvoir l’unité ».

Certes, sa première sortie officielle dans la région ne se limite qu’à trois pays, à savoir l’Angola, le Kenya et le Congo/Brazzaville. Prochainement, Félix Tshisekedi entend rencontrer également les chefs d’États de pays voisins de l’Est de la RDC. Objectif : « éliminer les conflits et contribuer à la paix dans la région des Grands Lacs ».

D’ores et déjà, à Luanda, le président angolais a fixé ses deux priorités dans les rapports qu’il entend entretenir avec le régime en place en RDC. Il s’agit de la sécurité et de la coopération économique. Autant dire qu’après la période de flottement dans les rapports entre les deux voisins, l’heure est maintenant à l’harmonisation. Ce à quoi s’attèle le président Félix Tshisekedi.