Réforme de la territoriale : 12 ans après, quel bilan !

Partager
  • 1
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    1
    Partage

Sur les 80 millions d’habitants  que compte la République démocratique  du Congo, pays assimilé à un continent, 70 millions résident en provinces. Et par respect à la devise  de son défunt père : « le peuple d’abord » Félix Tshisekedi doit être rigoureux  sur le choix des personnes devant l’assister  dans l’accomplissement de sa lourde mission.

Conformément au calendrier de la Commission électorale nationale indépendante (CENI),  c’est  au mois de mars prochain que seront élus les  gouverneurs  de provinces  par les  députés provinciaux.  A ce jour, ces derniers (députés provinciaux) sont l’objet  des  sollicitations  de la  part des  candidats  gouverneurs. C’est  de bonne guerre !

Mais, notre  préoccupation est de voir la territoriale être, cette fois-ci, dirigée  par  des personnes intègres, patriotes et rompues  en la matière.

En effet, personne ne nous contredira  lorsque nous pouvons  affirmer  que la territoriale fait piètre figure depuis 2006. Les antivaleurs telles que le népotisme, le clientélisme politique, le tribalisme ont  beaucoup contribué à la mauvaise  gouvernance  qui a caractérisé l’administration provinciale en République  démocratique du Congo.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) à qui revient  la  responsabilité  d’organiser des élections doit  tout faire pour  que le scrutin du mois  Mars  ne  soit pas  entaché  d’irrégularités  comme il en était  le cas  en 2006.

Décentralisation, Rétrocession : des vains mots

Parlant de la territoriale, le nouveau président de la République a également fait un constat malheureux  sur la manière  dont  la décentralisation est mise  en application. Par manque de coordination efficace  de la part  du gouvernement, chaque  province  l’applique selon son entendement. D’où les multiples  conflits  qui  opposent souvent  les assemblées provinciales aux gouverneurs.

En outre, le gouvernement national a souvent  opposé une certaine  résistance  à la rétrocession de 40% que prévoit  la Constitution. Bien qu’évoqué  à toutes les  conférences  des gouverneurs  que présidait  personnellement  l’ancien président de la République, ce problème  est resté  insoluble  jusqu’à ce jour. Cette  situation a aussi contribué à la gestion  au pifomètre  qui caractérise la territoriale.

Avec  le passage  du nombre  des provinces  de 11 à 26, le  désordre  est indescriptible dans la territoriale.

Tout  récemment  encore, à la veille des échéances électorales, on a assisté  à un remue-ménage  dans les provinces. Les antivaleurs  ayant  de nouveau  prévalu, l’ancien président de la République a procédé à des nominations  pratiquement fantaisistes  dans les  districts.

Les bourgmestres, des figurants

Dans le cadre  de la poursuite du processus,  la Commission Electorale Nationale  Indépendante  prévoit  l’élection des  autorités municipales   pour la fin  de cette année, plus  précisément  le 4 décembre 2019. Encore  une situation déplorable. Que  des bévues n’avons-nous  pas  connu  depuis que les actuels bourgmestres des communes  sont en fonction il y a de cela 12 ans. Que  dire  des municipalités  de l’intérieur  du  pays  si celles  de Kinshasa  sont dans un état piteux ? Bon  nombre  d’observateurs estiment que la CENI  doit revoir son calendrier à ce propos  pour  redorer  rapidement le blason terni.

Eu égard  à ce qui précède, le président de la République démocratique  du Congo  a intérêt  à repenser le système  fonctionnel des provinces s’il tient à réussir  son pari de la réforme de la territoriale.

Par Véron K.