Encadrement des enfants en rupture familiale et des « Kuluna » : pour une stratégie bien peaufinée

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Prônant le changement comme l’indique sa plate-forme électorale « CACH », le nouveau président de la République, Félix Tshisekedi, attache une importance particulière à la jeunesse montante. C’est dans cette optique qu’il faut comprendre sa préoccupation d’en avoir fait un point à l’ordre du jour de sa première réunion du Conseil national  de sécurité.

Par Véron Kongo

Pendant 4 heures, soit de 17 à 21 heures, le chef  de l’État a, le mardi 19 février 2019, tenu sa première réunion du Conseil national de sécurité, une structure qui regroupe la communauté des renseignements militaires et civils.

Parmi les  sept  points  inscrits  à l’ordre du jour,  il y en a eu un qui concernait l’encadrement des enfants en rupture familiale, appelés communément ‘‘enfants de la rue’’ et des ‘‘Kuluna’’ (bandits de grand chemin). Au lieu de recourir à la force avec le risque de blesser ou de tuer ces jeunes gens, le Conseil national de sécurité a décidé de procéder à l’identification volontaire de cette catégorie de jeunes désœuvrés, à leur cantonnement et leur orientation selon leurs  aptitudes vers l’Institut national de préparation professionnelle (INPP), ou le Service national (SN) pour apprendre un métier. Pendant leur formation, ils seront pris en charge par le gouvernement pour être, par la suite, orientés vers les différentes brigades de construction, routières, de cantonnement manuel, de pêche, d’élevage, de la conservation de la nature, etc.

Bien peaufiner les stratégies 

Tout en appréciant la manière dont le chef de l’État se  préoccupe de l’avenir de la jeunesse montante, il y a cependant lieu de lui rappeler l’un des préalables sur lesquels il devra s’appuyer pour réaliser son projet d’encadrement des jeunes désœuvrés. Pour son rappel, il s’agit d’une certaine moralité  qui doit, à tout prix, caractériser cette catégorie de jeunes  avant leur orientation vers les structures du genre INPP et autres. 

Si le phénomène « Kuluna » a pris des proportions inquiétantes ces dernières années, celui relatif aux enfants en rupture familiale date de longtemps. À une certaine époque, les ces garnements, devenus aujourd’hui agressifs, n’étaient pas  tellement nuisibles à la société. Les parents ayant démissionné devant leurs responsabilités, faute de moyens financiers adéquats, ces enfants étaient alors pris en charge par le gouvernement. Formés au préalable, ces enfants s’adaptaient  facilement à l’apprentissage de différents métiers leur assurés dans des centres d’encadrement sous la supervision des assistants sociaux. D’où le souhait de voir être réhabilités les centres tels que EGEE, Zomfi dans la province du Kongo central et Benseke-Futi dans la commune de Mont-Ngafula à Kinshasa.

Loin de nous l’idée de douter de l’expertise de l’INPP qui a d’ailleurs pour mission d’assurer une formation qualifiante et de renforcer les capacités des agents œuvrant tant dans les entreprises publiques que privées. L’apport que cet établissement public bénéficie particulièrement de la coopération japonaise en dit long. Eu égard à cela, les   personnes sous son encadrement ne pouvaient qu’être utiles à la Nation.

Représentant personnel du Bureau du chef de l’État  sortant en charge  de  violences  sexuelles  et recrutement des  enfants soldats, Mme Jeanine Mabunda a d’ailleurs recouru à l’expertise de l’INPP pour la formation des femmes victimes de violences sexuelles et leur réinsertion dans la société.

Le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, a également toqué à la porte de l’INPP. Malheureusement, son projet d’encadrement des « enfants de la rue » n’a pas abouti  faute de stratégies bien peaufinées au préalable par ses services.

En outre, sous son règne, Laurent-Désiré Kabila avait créé le Service national chargé d’encadrer la jeunesse désœuvrée. À Kaniama-Kasese dans la province de l’ex-Katanga où évolue ce service qui continue à émarger du Budget de l’État, les jeunes désœuvrés sont versés dans l’agriculture sous la direction d’un officier supérieur des FARDC.

Maintenant que le Conseil national de sécurité a pensé à cette structure, nous osons croire qu’il s’inspirera de la manière  dont s’en était pris son initiateur, Laurent-Désiré  Kabila, de son vivant.