RDC : le double jeu de l’Église catholique après la victoire de Félix Tshisekedi à la présidentielle

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Malgré le transfert pacifique du pouvoir après l’élection présidentielle du 30 décembre dernier en République démocratique du Congo, l’Église catholique continue de contester l’arrêt de la Cour constitutionnelle proclamant ainsi la victoire de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême. Pour ladite « Église », c’était Martin Fayulu qui avait remporté la victoire à la présidentielle, mais elle accepte de composer avec l’actuel président de la République pour la gestion du pays. D’où, il s’agit alors d’un double jeu de l’« Église » pendant la période postélectorale.

L’Église catholique accepte de composer avec l’actuel pouvoir malgré sa lutte pour la vérité des urnes. Intervenant sur les antennes de RFI, l’archevêque métropolitain de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo insiste sur la notion de vérité des urnes, mais estime qu’il faut penser à l’avenir. « Il est clair que Fayulu a gagné, mais il y a un président qui est là, nous devons composer avec lui », a-t-il affirmé.

Dans cet ordre d’idées, il a accusé la Commission électorale nationale indépendante et la Cour constitutionnelle d’avoir tripoté les résultats des élections. « Il est clair que Monsieur Fayulu avait obtenu beaucoup de pourcentage, au-delà de 60. C’était un fait qui était établi. Comme il ne revenait pas à nous de proclamer les résultats, les instances compétentes on fait ce qu’elles ont fait. Cela n’enlève en rien la vérité des urnes, même si la notion de vérité des urnes dérange certaines personnes. La vérité est têtue », a-t-il déclaré sur RFI.

« La réalité aujourd’hui, c’est qu’il y a quelqu’un qui est aux affaires et nous devons composer avec lui. Nous avons donné des messages en disant, même si les élections se sont passées de cette manière-là, ils peuvent transformer le mal en bien et se mettre au service du peuple. Nous avons recommandé aux nouveaux animateurs de rompre avec les vieilles pratiques qui ne mettaient pas le peuple au centre de leur action », a-t-il renchéri.

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco) avait noté qu’une grande partie du peuple « a ressenti une profonde frustration » face à la situation de « déni de vérité », étant donné que « les résultats de l’élection présidentielle tels que publiés par la Céni ne correspondent pas aux données collectées » par sa mission d’observation électorale à partir des bureaux de vote et de dépouillement, rappelle-t-on.

Dans une interview, Mgr Fridolin Ambongo a salué positivement l’engagement de l’actuel chef de l’État. « Je dois dire la vérité, les premiers du Président Tshisekedi vont dans la bonne direction. Les mesures qu’il a prises vont dans la bonne direction », a-t-il constaté.

Rôle de l’épiscopat

Par ailleurs, il a expliqué le vrai rôle de l’épiscopat dans une société. « Le rôle du prophète, c’est de dire la vérité, même si tout le monde n’est pas disposé à entendre la vérité. Mais nous ne sommes pas des prophètes tournés vers le passé. Nous sommes tournés vers l’avenir, malgré ce qui s’est passé », a-t-il martelé. Pour rappel, Mgr Mosengwo avait non à la victoire de Félix Tshisekedi. C’état depuis Bruxelles, en Belgique où il avait donné son point de vue sur les élections de la République démocratique du Congo. Alors, cette déclaration a sonné comme une provocation dans les oreilles des partisans du nouveau pouvoir encore contesté par une bonne opinion congolaise.

Donc, il s’agit d’un double jeu que joue l’Église catholique pendant la période postélectorale.

Hervé Ntumba

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