Haut-Katanga : l’insécurité et la pauvreté sévissent à Lubumbashi

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Une députée nationale tire la sonnette d’alarme sur la montée de l’insécurité et la pauvreté qui ont élu domicile à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga.

Stanislas Ntambwe

Dans un entretien avec Le Potentiel, Pauline Igwabi Mushengezi, députée nationale élue de Lubumbashi, trouve paradoxal le fait que la province du Haut-Katanga regorge de toute une diversité de ressources naturelles et agricoles, alors que les populations locales et de cette région cuprifère croupissent dans une pauvreté extrême.

En effet, le Haut-Katanga est l’une des provinces de la République démocratique du Congo (RDC) dotée d’un potentiel économique et agricole sans pareil. Profitant du mois dédié à la défense des droits de la femme, des femmes de Lubumbashi ont fait, la semaine dernière, un sit-in au gouvernorat du Haut-Katanga pour dénoncer la récurrence de viols et vols à main armée dans cette ville, jadis havre de paix.

Insécurité

Pour Pauline Igwabi Mushengezi, qui se veut « porte-voix » de ces femmes en particulier et de tous ses électeurs, en général, « la situation empire sans que personne ne s’en émeuve ». Elle affirme que, faute de protection, « des femmes sont violées par des bandits devant leurs maris et leurs enfants dans les quartiers Golfe Maisha, Hewa Bora, Bel Air et à Katuba ». L’élu de Lubumbashi constate qu’un « manque d’humanisme » s’est donc installé dans cette ville gagnée par la panique tous les soirs où personne n’est sûr du lendemain.

En marge de la célébration du mois de la femme, Pauline Igwabi joint sa voix à celles des femmes victimes d’atrocités à Lubumbashi. Elle se déclare également agacée par la mauvaise qualité des soins de santé que reçoivent les habitants, le recours à l’automédication et aux herboristes, ce qui conduit à la mort précoce. Elle promet de se battre pour que les mutuelles de santé soient une réalité à Lubumbashi en faveur de moins nantis.

« Tous contre la pauvreté »

Économiste de son état, Pauline Igwabi vient de la Société civile où elle a exercé les fonctions de coordonnatrice de l’Ong « Tous contre la pauvreté » en vue d’encadrer les veuves et les jeunes désœuvrés. Elle a également dirigé, au Sud-Kivu, l’Action pour le développement intégral de la femme (ADIF). Cette Ong a piloté pendant deux ans le projet d’accompagnement psycho-social des femmes victimes de violences.

Dans la perspective de lutter contre la pauvreté à Lubumbashi, Pauline Igwabi s’est inspirée du rapport de la Banque mondiale de 2012 selon lequel 71,3 % de Congolais majoritaires sont des pauvres, alors qu’une minorité vit dans l’opulence.

Selon ce classement, le Congolais vit avec moins d’un dollar américain par jour. En vue de régler ce problème, son organisation accompagne les mamans maraichères en leur octroyant des semences et de l’engrais. Et puis, avec des psychologues, elle a écouté et encadré une centaine de jeunes désœuvrés qui sont devenus des micro- entrepreneurs.

Pauline Igwabi Mushengezi parle d’une suite logique des contacts qu’elle a eus avec des miséreux qu’elle a accompagnés et dont elle veut porter la voix à l’Assemblée nationale. Elle est convaincue de la nécessité de lutter contre la pauvreté dans un climat de paix et de justice pour tous, mais pas avec des aides ou des dons.

« Tant qu’il n’y aura pas de justice, nous allons continuer à soigner les blessures et non les causes », a-t-elle déclaré. De son point de vue, la ville de Lubumbashi présente beaucoup d’opportunités dans la lutte contre la pauvreté. Elle encourage la mécanisation du secteur de chemin de fer et l’agro-industrie. C’est ainsi que sera mis fin à l’importation des denrées de première nécessité comme la farine de maïs.