Qu’est-ce qui bloque ?

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Le temps presse. Mais en République démocratique du Congo, les jours passent et se ressemblent. Plus de 60 jours depuis la prise de pouvoir du président Félix Tshisekedi, pas de Premier ministre ni de gouvernement. Le chef de l’État se bat et se débat, comme le diable dans un bénitier, pour essayer de marquer son omniprésence là où se fait sentir le besoin d’exécuter son programme des 100 jours. Mais pour combien de temps perdurera ce rythme de travail ?

Alors que le gouvernement est amputé de 3/4 de ses membres, la nomination de la nouvelle équipe se fait toujours attendre. Avec des ministres et autres gestionnaires intérimaires partout – qui n’expédient que les affaires courantes –, on dirait que la vie s’est arrêtée et frappée par une inertie fatale.

Qu’est-ce qui bloque exactement la nomination d’un formateur de gouvernement ? Est-ce l’interprétation des clauses de l’Accord FCC – CACH ? Est-ce que le chef joue-t-il avec le temps afin d’attendre l’installation du bureau définitif de l’Assemblée nationale qui ne sera élu qu’après l’arrêt de la Cour constitutionnelle sur le règlement intérieur ? Car, seul un bureau définitif est habilité d’investir un Premier ministre et son équipe gouvernementale.

Quoi qu’il en soit, les 100 jours du chef de l’État s’égrainent sans que la question de l’équipe gouvernementale chargée d’exercer son programme d’action n’urge. C’est toujours comme ça. Les gouvernants africains perdent trop de temps pour passer à l’essentiel, comme s’ils en avaient une éternité. Et, soudain, lorsqu’ils se rendent compte que le mandat tend déjà à sa fin, on crée des stratagèmes pour glisser, prolonger et s’éterniser indéfiniment.

Que les blocages soient de l’ordre logistique, politique ou juridique, le temps est le grand ennemi à tous. Il avance sans attendre et sans crier gare. À chacun de s’y conformer, sachant que le temps court vite.

Qu’à cela ne tienne, assoiffé de voir les choses avancer vite et tout de suite, le peuple devra encore prendre son mal en patience.