Election des gouverneurs : le bel exemple du Sud-Kivu aurait pu inspirer Kinshasa et le Haut-Katanga

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La bataille sera rude dans la course à l’élection des gouverneurs dans certaines provinces où les leaders n’ont pas fait preuve de sagesse pour  dégager un compromis sur un ticket commun afin d’éviter des tensions inutiles entre partisans. A Kinshasa et à Lubumbashi, des militants des candidats concurrents se sont affrontés à 48 heures du vote. Ils auraient pu suivre l’exemple des leaders du Sud-Kivu qui se sont mis d’accord sur un ticket-gouverneur et vice-gouverneur soutenu par les deux plateformes politiques majoritaires au sein de l’Assemblée nationale.

Le Potentiel

L’image était belle à voir. Le jeudi 5 avril, huit leaders du Sud-Kivu ont apporté leur soutien au ticket FCC-CACH pour l’élection de gouverneur dans cette province. Dans une déclaration commune, Vital Kamerhe, Néhémie Mwilanya, Marcellin Cishambo, Azarias Ruberwa, François Rubota, Modeste Bahati Lukwebo, Cyprien Nyamusoke et Martin Bituula ont indiqué qu’ils soutenaient « le ticket FCC-CACH au gouvernorat de la province du Sud-Kivu, en l’occurrence Mr Théo Ngwabidje Kasi, candidat gouverneur, et Marc Malago Kashekere, candidat vice-gouverneur ».

Cet arrangement politique trouvé une semaine avant la tenue de l’élection des gouverneurs, prévue ce mercredi 10 avril, est un exemple bien trouvé pour éviter des tensions inutiles entre partisans des candidats concurrents au gouvernorat du Sud-Kivu. 

Dans les provinces où il n’y a pas eu  de compromis sur un candidat  consensuel, la tension ne cesse de monter. A Kinshasa, il y a eu hier lundi 8 avril des affrontements entre partisans des candidats gouverneur à l’Assemblée provinciale au siège de cet organe délibérant. Selon les témoignages, un groupe de partisans a d’abord fait irruption au sein de l’hémicycle pour soutenir leur prétendant avant de rencontrer la résistance des militants d’un candidat du camp adverse.

Un échange de projectiles s’en est suivi. Plusieurs blessés ont été comptés dans la foule. Les militants blessés ont été acheminés à l’hôpital général de référence de Kinshasa (ex-Mama Yemo) situé tout près du siège de l’Assemblée provinciale. Selon Radio Okapi, il était difficile de savoir de quels camps appartiennent les camps qui se sont battus. La tension était telle que la Police nationale congolaise a renforcé la sécurité au siège de l’Assemblée provinciale de Kinshasa.

Ici, 9 candidats se disputent le poste de gouverneur de la ville province de Kinshasa. Ils se sont présentés lundi devant les 48 députés provinciaux, leurs électeurs, pour solliciter leurs suffrages.  Au nombre de ces 9 candidats, 7 sont indépendants, l’un d’eux est issu du Cap pour le changement (CACH) – la plateforme électorale de Félix Tshisekedi – et un autre du Front Commun pour le Congo (FCC) – la plateforme électorale de Joseph Kabila.

Le FCC, majoritaire au sein de cette Assemblée provinciale avec une vingtaine de députés a présenté la candidature de Gentiny Ngombila sur la liste du PPRD. Le CACH, deuxième force au sein de cette Assemblée avec une dizaine d’électeurs, en a présenté celle de Laurent Batumona sur la liste de l’UDPS et alliés.

De même, au Haut-Katanga, les militants de l’UDPS et du PPRD se sont affrontés.  En effet, une vive tension a été observée lundi 8 avril à l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga dont le siège est à Lubumbashi. Les militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel, et ceux du Parti du peuple pour la reconstruction (PPRD), parti de l’ancien président Joseph Kabila, se sont affrontés à coup de projectiles, lors de la campagne électorale des candidats aux postes de gouverneur et vice-gouverneur de la province, rapporte Radio Okapi.

Des effigies des candidats ont été déchirées et brûlées. D’autres militants ont été passés à tabac. Selon les militants de l’UDPS, tout serait parti de la provocation des militants du PPRD, qui soutiennent la candidature de Jacques Kyabula Katwe. Ils les accusent de les avoir provoqués par des injures et d’avoir déchiré le drapeau de leur parti.

Du côté du PPRD, les membres racontent que ce sont les militants de l’UDPS qui ont commencé les premiers à déchirer toutes les affiches des candidats qui ne sont pas de leurs obédiences dont celui du PPRD. Conséquence, la police a fait usage des gaz lacrymogènes pour disperser tous ceux qui manifestaient devant le bâtiment du 30 juin.

Quelques minutes après, ils sont revenus s’affronter à coups de projectiles et de bâtons. A la suite de cette tension, la plénière consacrée à la campagne électorale a démarré avec un retard de plus d’une heure.

Ces affrontements entre partisans pouvaient être évités si les formations politiques en lice avaient bien préparés leurs militants pour un ticket consensuel.