On l’appelait Ya Sophie…

Partager
  • 2
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    2
    Partages

Sous la lumière du commun flambeau, le ciel est clair en cette journée; mais ta dispa- rition inattendue rend tout flou, mon esprit trouble diva- gue en ces instants Sophie Ngasia Mazita de mon cœur.

LP

Sophie Ngasia Mazita, celle que tout le quartier préférait appe- ler « Ya Sophie », a rendu son âme ce lundi 15 avril 2019 à 9h00’. Je parle de mon épouse, cette Mumbala qui a partagé toute une vie avec moi, enfant du Kasaï.

Ce cas d’otite semblait pour- tant bénin. Mais dès le samedi 13 avril, la situation a empiré avec l’hypertension. C’est vrai que l’on me citera ce sermon : « C’est Dieu qui donne et qui reprend… ». Mais pour toi ma chère, je doute que ce soit la volonté divine.

« Ya Sophie », entends-tu ma voix, mes pleurs de solitaire. Ima- gines-tu la profondeur de mon amertume. Te souviens-tu encore de ces moments de bonheur, comme de malheur passés ensem- ble depuis 1976 ?

ADIEU, AMOUR DE MA JEUNESSE

Pourtant, nous avions encore beaucoup de projets pour l’avenir. Mais l’homme propose, et Dieu dis- pose. La loi de la nature vient d’anéantir nos rêves, et la réalité est dure et cruelle : tu es bel et bien partie, toi qui m’appelais af- fectueusement « Dramond », sur- nom de ma jeunesse.

Tes enfants, d’ici et d’ailleurs, n’en reviennent pas. C’est comme s’ils sont frappés par un coup de tonnerre. Tes proches doutent en- core et croient vivre un cauchemar.

La vie est bizarre « Ya So- phie », elle ne cesse de nous ré- server des mauvaises surprises, comme celle qui m’attriste aujourd’hui.

Finis les voyages d’affaires dans le Kwango « Ya Sophie », toi qui viens t’entamer ton long voyage, dans ce monde d’où l’on ne revient plus.

En attendant, le programme des obsèques, « Ya Sophie », je me résigne sur le lieu du deuil ma chère, là où nous avons passé un espace de notre vie, sur la rue Mukoso n° 60, dans la commune de Bumbu, à Kinshasa.