J.C. Katende: « Sur notre chemin pour l’alternance, nous avons obtenu quelque chose… c’est la présence de Félix Tshisekedi à la tête du pays »

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Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho), Jean Claude Katende, considère que « les élections étaient la voie idéale pour atteindre cette alternance effective ». C’est dans ces termes qu’il s’est exprimé dans l’une de ses pages d’opinion libre, publiée lundi 29 avril 2019. Il est convaincu que l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir, à l’issue de la présidentielle de décembre 2018, rencontre les attentes du peuple congolais qui voulait en finir avec le système du régime de Kabila.

Stanislas Ntambwe

En bon « gardien du temple », Me Jean-Claude Katende veille et scrute objectivement tous les discours politiciens tendant à intoxiquer la population. Il est monté au créneau, une fois de plus, pour recadrer les politiciens en panne de positionnement qui, dans leurs discours haineux, tentent de manipuler l’opinion au service du mal pour réveiller le démon de la division et pousser au soulèvement, sinon à l’insurrection.

C’est le cas notamment, du candidat malheureux à la présidentielle de décembre 2018, Martin Fayulu Madidi qui refuse d’être réaliste et clairvoyant. Mais, continue à réclamer la « vérité des urnes » et demande, par la même occasion, au président de la République de démissionner sans préciser par quel mécanisme.

« C’est le peuple congolais qui détient le pouvoir »

A cet effet, la logique voudrait que Fayulu commence par demander à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) d’annuler l’élection de Félix Tshisekedi. Puis, s’il obtient gain de cause, le « danseur politique » devrait demander ensuite à la Cour constitutionnelle de faire la même chose. Enfin, Martin Fayulu devra chercher comment organiser une autre élection présidentielle. Seul un irréaliste peut rêver d’une telle chose.

L’ambiguïté du discours du candidat de Lamuka suscite des interrogations sur les réels mobiles de sa démarche. C’est pourquoi, les acteurs de la société civile avisés recadrent souvent les « faux prophètes » qui professent des hérésies dans l’objectif d’égarer le troupeau.

L’un d’eux, Me Jean-Claude Katende recadre: « c’est le peuple congolais qui détient le pouvoir réel sur le Congo ». Il relève que la majorité de congolais voulait une alternance effective au vu de la gestion calamiteuse de l’ancien régime les 18 dernières années. « Le Congo était presqu’un bien personnel de Joseph Kabila, de sa famille et de ses amis », se souvient le président de l’Asadho. Avant d’indiquer que, « les congolais voulaient tout sauf monsieur Joseph Kabila et son système. Les congolaises et congolais sont morts pour ça. Il y en a qui ont fait la prison injustement pour avoir réclamé le départ de Kabila et la fin de son système ».

Pour cet acteur de la société civile, « les élections étaient la voie idéale pour atteindre cette alternance effective. Les congolais y croyaient et voulaient écrire une autre page de l’histoire du Congo grâce aux élections ». « Bonnes ou mauvaises, avance-t-il, les élections ont eu lieu et les résultats satisfaisants ou pas, vrais ou faux sont connus de tous ».

« Il est le Président du Congo, il sera là pendant les 5 prochaines années »

Le président de l’Asadho ne veut pas voir les acquis de leur combat être banalisés et foulés aux pieds par ceux qui sont assoiffés du pouvoir et veulent à tout prix, semer les troubles au pays pour des intérêts mesquins. Me Katende rappelle que « sur notre chemin pour l’alternance, nous avons obtenu quelque chose. Grand ou petit, bon ou mauvais, acceptable ou inacceptable, mais c’est déjà quelque chose : la présence de monsieur Félix Tshisekedi à la tête du pays ».

« Que nous l’aimions ou pas. Que nous le reconnaissions ou pas, c’est lui qui est là. C’est lui qui sera là pendant les 5 prochaines années. Il est le Président du Congo. De ceux qui l’aiment et de ceux qui ne l’aiment pas. De ceux qui le reconnaissent et de ceux qui ne le reconnaissent pas. Nous sommes appelés à avancer avec lui. Je sais que plusieurs personnes ne seront pas d’accord avec moi, mais la réalité est là devant nous. Et elle est têtue », a tranché objectivement Jean-Claude Katende.

« Comment devons-nous avancer ?, s’interroge-t-il. Et de répondre,
« Nous devons reconnaitre que nous pouvons mieux faire avec le Président Félix Tshisekedi qu’avec Joseph Kabila qui était fermé aux cris de tous les congolais ». Il ajoute que « nous devons aussi nous réaliser que, quel que soit le scenario, Félix Tshisekedi ou Martin Fayulu, nous allions toujours nous accommoder avec la majorité parlementaire de Kabilistes soit par une coalition ou par une cohabitation ».

Jean-Claude Katende est convaincu que la présence de beaucoup de Kabiliste au parlement, c’est la faute de tous: Opposition, confessions religieuses, société civile et citoyens. Nous avons été trop regardants vis-à-vis de l’élection présidentielle que des législatives nationales et provinciales. Nous avions laissé la voie libre à Kabila et à ses amis de tout faire pour garder un certain pouvoir ». « En fait, ils n’ont rien parce que le réel pouvoir appartient au peuple que nous sommes », a-t-il relativisé.

Le Pouvoir appartient au peuple

En 2015, malgré la majorité parlementaire de Kabila au parlement, le peuple avait fait arrêter le vote d’une loi. « C’est ça, le réel pouvoir du peuple », a rappelé ce défenseur chevronné des droits de l’homme. De son point de vue, le réel pouvoir n’est pas au Parlement « Kabiliste » mais dans nos quartiers, communes et provinces. Les cas de l’Algérie et du Soudan nous montrent de quel côté se trouve le réel pouvoir, chez « les parlementaires citoyens ».

« Nous devons aussi nous réaliser que la société avance quand il y a aussi des voix discordantes. Tout le monde n’est pas obligé d’émettre dans la même direction. Il y aura des gens qui vont soutenir le Président Félix à 100%, d’autre à 80%, à 20 %, à 5 % et d’autres pas. Tout ceci doit être considéré comme une force et non comme une faiblesse. Tout le monde ne peut pas dire OUI, tout le monde ne peut pas dire NON. Les nations deviennent fortes grâce à la confrontation des idées », conseille le « gardien du temple ».

D’après Jean-Claude Katende, la force du Président Félix résidera dans sa capacité de faire jouer à chacun son rôle en tant que citoyen ou groupe. « Il ne doit exclure personne. Il doit être attentif aux cris des uns et des autres. Le Président de la République devra apporter plus d’attention vers ceux qui vont le critiquer de manière constructive que vers ceux qui l’applaudiront pour tout et pour rien. Il y en aura beaucoup certainement », a-t-fait remarquer.

Non â la complaisance!

Qui pouvait penser que les kabilistes accepteraient de composer avec l’UDPS un jour et vice versa. Nous y sommes aujourd’hui… les hommes changent pour plusieurs raisons, bonnes ou mauvaises. Nous devons tous lutter pour que cette composition soit profitable aux congolais. Pas aux individus comme cela a toujours été le cas dans notre pays », a-t-il conclu.

Par ailleurs, le président de l’Asadho estime que nous devons garder les yeux ouverts, attirer l’attention de tous sur ce qui sera bien et aussi sur ce qui sera mal, sans complaisance ».

« Cette petite victoire de l’alternance ne nous sera bénéfique que si nous restons éveillés pour surveiller faits et gestes de ceux qui sont au pouvoir.
Le peuple congolais a le pouvoir réel. Il demeure aussi le vrai gendarme du présent et de l’avenir du Congo. Personne ne doit l’oublier », a fait observer Jean-Claude Katende.